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samedi 25 mai 2024
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Xavier Magat (Face Loire) : « Avec une démarche RSE, l’entreprise va gagner en valeur »

Le club d’entreprises Face Loire (Fondation Agir Contre l’Exclusion dans la Loire) regroupe une centaine d’entreprises engagées contre toutes les formes d’exclusion. Parmi les missions portées par cette structure, se trouve l’accompagnement des entreprises dans leur stratégie et pratique de la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) comme engagement social et sociétal, favorisant l’inclusion. Nous avons échangé avec son directeur Xavier Magat afin d’en savoir davantage sur ce dispositif mais également sur ce que la mise en œuvre d’une démarche RSE peut apporter à une société.

Xavier Magat, directeur du club d’entreprises Face Loire © DR

Quelles sont les missions de Face Loire ?

La raison d’être de Face Loire* est de faciliter l’implication des entreprises de la Loire autour d’actions à vocation sociale. Nous sommes 17 collaborateurs dont neuf permanents. Je parle de collaborateurs car nous avons aussi bien des salariés dits classiques sous CDI ou CDD que des contrats avec des dispositifs d’emplois aidés par exemple. C’est aussi notre rôle d’association qui prône l’inclusion de montrer l’exemple. Nous ne le faisons pas pour le faire, mais bien parce que nous avons des actions qui justifient ces emplois. Concernant nos activités, on retrouve trois grands pôles. Tout d’abord, l’emploi et l’employabilité avec un travail auprès de publics éloignés de l’emploi, discriminés ou dans des situations délicates. Ensuite, l’orientation et l’attractivité des métiers via la mise en place de relations entre l’école et l’entreprise. Enfin, l’entreprise engagée et responsable. Ce dernier axe nous distingue des autres clubs d’entreprises dits « business » car nous œuvrons sur l’engagement sociétale de l’entreprise, c’est dans notre ADN. Nous essayons de drainer les entreprises qui ont envie de s’engager sur nos thématiques. Notre objectif est de constituer l’outil des TPE et PME pour la mise en œuvre de leur RSE. Depuis 2022, notre nouveau président David Baldini, dirigeant de Temporis, veut impulser une dynamique encore plus forte auprès de ces dernières pour favoriser leur engagement en matière de RSE.

« On ne se lance pas dans une démarche RSE pour se donner une belle image. C’est tout d’abord pour donner du sens à son entreprise. »

Que va apporter à une entreprise le fait de se lancer dans une démarche RSE ?

L’entreprise va gagner en valeur. On ne se lance pas dans une telle démarche pour se donner une belle image. C’est tout d’abord pour donner du sens à son entreprise. La RSE est au service du business, on ne fait pas de la RSE pour faire de la RSE. La RSE prend aussi beaucoup d’importance lorsque l’on parle de marque employeurs et de l’attractivité globale d’une structure.

Désormais une grande partie des candidats se renseignent sur une entreprise avant de postuler ?

Oui, et ce n’est pas seulement mon avis, mais c’est le retour de tous les employeurs d’une manière générale. Quand une personne va se présenter en entretien, elle va demander les conditions de travail ou le salaire, mais elle cherche aussi à savoir quelles sont les valeurs de l’entreprise, dans quoi elle va s’engager et ce qu’elle apporte à son territoire. Dans la RSE, la partie QVT, Qualité de vie au travail, est très importante. La marque entreprise se développe aussi sur ce champ-là.

C’est un changement qui existe depuis plusieurs années ou cela s’est réellement accéléré depuis peu ?

Cela existait avant la crise sanitaire cependant il faut bien avouer que cette période Covid a fait que les collaborateurs se posent davantage de questions sur le sens de leur travail, ce que cela leur apportait. Aujourd’hui, la variable salaire n’est plus suffisante pour attirer des candidats. On parle de télétravail, de semaines de quatre jours, d’organisation différente touchant surtout la qualité de vie au travail. Mais il est important de préciser que ce ne sont pas les seuls critères et que ces notions peuvent être très différentes selon le secteur dans lequel évolue un collaborateur. Toujours est-il que l’on va vers une société dans laquelle on zappe dès qu’on ne se retrouve plus dans les valeurs de l’entreprise pour laquelle on travaille. La société a bien évolué dans le rapport au travail. On rencontre tellement de gens qui se sentent mal dans leur job, que je trouve que c’est une bonne chose de vouloir redonner du sens au travail. Ce dernier n’est pas seulement fait pour gagner de l’argent, mais également pour s’épanouir et se développer personnellement.

La RSE prend aussi beaucoup d’importance lorsque l’on parle de marque employeurs et de l’attractivité globale d’une structure.

Pour un chef d’entreprise, la RSE permet donc d’avancer sur cette question de sens au travail pour ses collaborateurs ?

Oui, entamer une démarche RSE, avec tous les champs que cela couvre, permet de se poser et de prendre un peu de hauteur.

Existe-t-il une obligation pour les entreprises de se lancer dans la RSE ?

Il y a une législation contraignant les grandes entreprises de publier leur rapport RSE. Mais il se passe deux phénomènes parallèlement. Tout d’abord, les lois européennes sont en train de faire baisser les seuils de taille d’entreprise devant s’engager dans une telle démarche. Ensuite, les grands groupes, soumis à l’obligation de travailler leur RSE, imposent à leurs sous-traitants d’avoir également des engagements sur celle-ci. On va progressivement vers une intégration quasi incontournable de la RSE même pour des PME, si ces dernières veulent continuer à travailler pour de grands groupes. Enfin, via les nouvelles lois européennes, tout le système bancaire va désormais devoir analyser la santé d’une entreprise non plus seulement par son bilan financier mais aussi par son bilan RSE.

Comment une PME ligérienne ayant la volonté de se lancer dans une démarche RSE peut-elle se faire accompagner par Face Loire ?

Nous sommes trois clubs d’entreprises de la Loire à vocation sociale, Face Loire, le Crépi Loire et Forez Entreprendre, à avoir acté un partenariat avec la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) de la Loire sur cette thématique. Concernant Face Loire, notre suivi se fait en trois étapes. Tout d’abord, l’établissement d’un diagnostic accompagné qui permet de faire une photo à l’instant T des engagements de la structure dans les domaines liés à la RSE. Nous nous basons sur la norme ISO 26000, mais nous adaptons notre approche via un questionnaire dédié aux TPE et PME. Nous rencontrons les dirigeants de l’entreprise une première fois pendant deux heures, nous effectuons ensuite une restitution d’une heure. Enfin, nous y retournons pour établir un plan d’actions permettant à la société d’avoir des bases solides pour avancer sereinement. L’objectif de cette démarche est de mettre le pied dans la RSE et de prendre conscience de son intérêt pour l’entreprise.

Aujourd’hui, la variable salaire n’est plus suffisante pour attirer des candidats.

Combien d’entreprises accompagnez-vous chaque année ?

Nous avons mis en place ce programme depuis trois ans et nous accompagnons chaque année une trentaine de sociétés ligériennes, de tous secteurs et de toutes tailles. Une structure qui serait intéressée peut entrer en contact directement avec nous, et il n’est pas obligatoire d’être adhérent à Face Loire pour bénéficier de ce soutien. Par contre, ce que l’on souhaite, c’est que les entreprises qui ont fait appel à nous acceptent d’intégrer Paqte42, notre dispositif d’inclusion et d’insertion professionnelles.

*Le Club Face Loire a été créé par la Fondation Agir Contre l’Exclusion, elle-même créée en 1993 par Antoine Guichard avec l’idée de monter des programmes dans le domaine de l’emploi à l’origine, destinés aux publics fragiles ou en situation de pauvreté.

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