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dimanche 19 mai 2024
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Brèves

Armement : à Firminy, Aubert & Duval aussi est à nouveau canon

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Photo extraite d’un communiqué d’Aubert & Duval proposant la reconversion du personnel militaire.

Décidément, la souveraineté militaire française se joue en grande partie dans la Loire… Il était temps d’en (re) prendre conscience. Si la fabrication de certains équipements de pointe n’a jamais été abandonnée, se développant même au regard du contexte international à l’exemple de Thales Angénieux (sans même parler du site majeur de Nexter à Roanne), dommage que le pays l’ait si longtemps oublié, jetant négligemment aux orties depuis les années 80 au nom d’une sacro-sainte rentabilité, si désuète quant à son armement à l’heure de le Guerre en Ukraine, tant de savoir-faire aux mains de l’Etat. Ses salariés avec…

Les milliers de licenciés des entreprises publiques de la Manufacture d’armes de Saint-Etienne ou du Giat à Saint-Chamond, sans même évoquer ces autres bataillons de salariés ligériens envoyés à Pôle Emploi en témoignent encore. A l’image de la CGT retraités GIAT-MAS, dépités de voir l’Etat désormais regarder d’un très bon œil la relance de la fabrication de fusils d’assaut français par Verney-Carron… Il y a 20 ans ces Manuchards qui ont tant sué pour fournir à la France ses Famas, au-delà d’hurler leur désespoir, voyaient cet argument – leur argument – balayé, si ce n’est moqué, par des salves d’arrogance jacobine…

Le reportage du Monde rappelle l’indispensable

Aujourd’hui, tout le monde se réjouit que des « survivants » du Sud Loire, tous du privé, soient encore là pour relancer l’industrie de guerre du bassin stéphanois, « hélas » indispensable à la sécurité des démocraties et donc à la paix. Dans le long reportage publié mercredi 21 décembre par Le Monde, il n’est cette fois-ci pas question de Saint-Etienne, la pseudo « ville des taudis », ceux d’Armeville, disait alors le journal. Si le quotidien national ne peut pas s’empêcher de parler de Zola, il explique (mais ne révèle pas, merci Europe 1) que les tubes des fameux canons Caesar produits par Nexter dont 18 exemplaires ont été offerts par la France à l’Ukraine, sont fabriqués par l’entreprise Aubert & Duval à Firminy grâce à son savoir-faire unique dans l’alliage d’aciers. Une visite sur place qui a réclamé trois semaines de négociations et d’accepter une longue liste de consignes limitant la prise d’informations afin d’éviter toute fuite sensible.

Les performances du canon français Caesar sont régulièrement relayées dans le cadre de la médiatisation du conflit en Ukraine. Elles apportent quelques certitudes à ce site si souvent menacé, si souvent éprouvé, qui devrait voir, grâce à d’autres bonnes nouvelles, les rangs régulièrement décimés au sens propre comme figuré de ses salariés – environ 170 de nos jours – à nouveau s’étoffer. Mais qu’en serait-il si certains ne s’étaient pas battus pour sauver le site ? Ce que remarque un ancien syndiqué de la maison aux journalistes du Monde : « Sans nous, vous ne seriez pas là pour voir des canons Caesar ». Étaient-ils là pour voir les Manuchards ?  

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