Saint-Étienne
jeudi 29 septembre 2022
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Prothèses de hanche : le CHU de Saint-Etienne, chef de file d’une « étude prometteuse » contre l’infection chronique

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L’étude nationale Sinbiose-H a commencé en février. Et, d’ores et déjà 10 patients ont été inclus au CHU de Saint Etienne. Les CHU de Clermont-Ferrand, Bordeaux, Dijon et Amiens démarrent, eux, leurs inclusions. Suivront 15 autres centres en fin d’année. Au total, 220 patients seront inclus dans deux groupes distincts (l’un témoin) et suivis pendant 2 ans pour évaluer le succès sur l’infection et les résultats fonctionnels d’un revêtement hydrogel chargé en antibiotiques. Mais c’est bien le CHU de Saint-Etienne qui est le promoteur de cette étude. Ses services de Chirurgie orthopédique-traumatologie dirigé par le Dr Bertrand Boyer, investigateur de l’étude, Maladie infectieuses et tropicales (Dr Céline Cazorla) et Microbiologie (Dr Anne Carricajo) sont associés dans une unité pluridisciplinaire labellisée « Centre de référence des infections ostéo-articulaires complexes » (CRIOAc) pour la Loire, la Haute-Loire et l’Ardèche.

Le CRIOAc constitue un centre de recours pour toutes les infections se développant sur des prothèses articulaires. « Lorsqu’un patient souffre d’une infection sur une prothèse, il est primordial de la retirer afin de stopper l’infection. Or, cette intervention est complexe, souvent longue avec potentiellement des complications, notamment lorsqu’il s’agit de la hanche », explique le CHU de Saint-Etienne. Si l’infection sur prothèse totale de hanche est rare (moins de 1 %, 1 500 prothèses concernées par an en France), elle n’en demeure pas moins grave et nécessite une prise en charge chirurgicale et une longue période d’antibiotiques pour guérir l’infection. Les CRIOAc sont les centres habilités à traiter ces infections chroniques. Quand l’infection est présente depuis plus de 4 semaines après l’opération ou 3 semaines depuis le début des signes de l’infection, il faut retirer la prothèse, les germes produisant sur les implants une couche résistante appelée biofilm.

Une nouvelle stratégie pour réduire les risques

Du fait de certaines caractéristiques de l’infection, il n’est pas possible lors de la chirurgie de remplacer immédiatement la prothèse infectée par une nouvelle prothèse (changement en « un-temps », soit une opération). Il est alors recommandé d’attendre 6 semaines d’antibiotiques, après l’ablation de la prothèse, pour en remettre une nouvelle lors d’une seconde opération (chirurgie en « deux-temps »).  La chirurgie en un seul temps réduit le risque de ces complications avec une hospitalisation plus courte. Mais son succès dépend fortement de l’efficacité seule des antibiotiques et il existe des contre-indications nombreuses : présence de tissus endommagés, germe non connu ou résistant, système immunitaire déficient notamment.

La plupart de ces contre-indications est liée au biofilm formé. Or, un revêtement hydrogel chargé en antibiotiques (Defensive Antiadhesive Coating®, Novagenit SRL), a montré son efficacité dans la prévention de la formation du biofilm, tout en autorisant un relargage antibiotique prolongé. L’ajout de cet inhibiteur de biofilm à une chirurgie en un temps pourrait être une stratégie prometteuse pour permettre d’élargir la chirurgie en un temps. L’étude consiste donc à évaluer le traitement en un temps avec inhibiteur de biofilm associé aux antibiotiques versus le traitement en deux temps, pour des patients avec contre-indication.

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