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dimanche 26 mars 2023
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Brèves

Sur France Inter, Gaël Perdriau qualifie les accusations contre lui de « machination »

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Gaël Perdriau. Photographie de Vero Martin / Hans Lucas.

Nos confrères de France Inter sont parvenus à s’entretenir directement avec le maire de Saint-Etienne sous le feu des accusations de l’enquête de Médiapart et de la plainte de Gilles Artigues dans le cadre de l’affaire de chantage à la vidéo intime. Un entretien réalisé dans les bureaux de son avocat à Paris relayé localement par France Bleu Saint-Etienne. Pour rappel, et comme, nous le supposons, l’ensemble des médias locaux évidemment, notre rédaction a tenté en vain et à plusieurs reprises d’obtenir un entretien avec Gaël Perdriau puis son avocat après être parvenu cependant à échanger avec ce dernier le 31 août. Mais il n’a pas répondu à notre nouvelle sollicitation à la suite de la parution, mardi, par Mediapart des fameux enregistrements sonores.

« En manque d’éléments tangibles, il a fallu en fabriquer »

Dans son entretien avec France Inter, il nie fermement être le commanditaire d’une vidéo visant à faire chanter Gilles Artigues : « Je suis un homme honnête, loyal et, qui plus est, sans aucun motif de rentrer dans ce genre de compromissions. C’est une manipulation. C’est une terrible machination qui vise à me salir, moi ma famille, à salir aussi Saint-Étienne et à détruire qui je suis politiquement. » Sur sa connaissance de la vidéo, à laquelle il fait manifestement référence dans l’enregistrement de sa conversation avec Gilles Rossary-Lenglet, diffusé par Mediapart, Gaël Perdriau évoque des rumeurs qui couraient, comme bien d’autres, y compris sur lui et note que « l’enregistrement qu’a utilisé Mediapart, qui montre que j’ai connaissance de cette vidéo, date du 22 avril 2022, soit effectivement quelques jours ou quelques semaines après que Gilles Rossary-Lenglet m’ait révélée son existence. » 

Il ajoute : « Ce que Médiapart avance comme élément de preuve date d’un mois et demi après le contact avec le journaliste de Médiapart et donc, en manque de preuves, d’éléments tangibles, il a fallu en fabriquer ». Quant au fait que Gilles Artigues lui en avait parlé dès fin 2016, il souligne que son 1er adjoint lui a évoqué « cette rumeur sans la développer, sans m’expliquer qu’il y avait des éléments précis et tangibles qui pouvaient transformer cette rumeur en réalité. À aucun moment, par écrit ou oralement, il m’a fait part d’un désarroi ou d’une demande de soutien ou d’aide ». Plus loin : « Ça a duré 10 secondes » ; « Il me dit : « Tu as entendu parler de cette rumeur, de cette vidéo ? C’est vraiment dégueulasse ». » Gaël Perdriau aurait alors interprété la confidence comme une rumeur parmi d’autres et serait passé à autre chose. Pas de question en revanche, sur le fait qu’il n’est pas dénoncé le fait délictueux confié et donc avoué par Gilles Rossary-Lenglet « quelques jours » ou « semaines » avant leur échange du 22 avril.

Un lien avec son conflit au sein des LR ?

Le maire de Saint-Etienne fait, enfin, un lien avec son engagement national au sein de son parti, Les Républicains, confiant au passage qu’il a refusé un poste de ministre de la part d’Emmanuel Macron en 2017. A la question « Qui vous veut du mal ? » Il rappelle que son opposition à la ligne droitière prise par la direction de son parti (ce qui lui a valu la perte d’une vice-présidence) dans le cadre de l’élection présidentielle et sa volonté d’en devenir président cet été pour le réorienter sur une « ligne sociale et humaniste ». Refusant d’aller jusqu’à des accusations nettes, Gaël Perdriau explique continuer à « chercher pour l’instant. Parce qu’encore une fois, c’est pour moi une terrible machination, une machine à me détruire, à me salir. Et je veux effectivement comprendre d’abord ce qui s’est passé, le déroulement. Aujourd’hui je n’ai pas plus d’éléments que vous pour démonter cette machine… »

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    1 commentaire

    Mr. Perdriau savait, c’est évident : et au vu des enregistrements audio, il s’en amusait même. En outre, cela explique bien des comportements étranges de Mr. Artigues : désistement, etc.

    Reste effectivement à prouver que c’est bien lui le commanditaire, ce qui sera peut-être plus compliqué ; mais répondre à la question « À qui profite le crime ? » devrait au moins aider à savoir où chercher.

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