Saint-Étienne
jeudi 1 décembre 2022
00:50
Soutenez IF

FNE Loire a de nouvelles vues sur l’Ecopôle du Forez

0
613 vues

Vendredi, le site de FNE Loire a inauguré sur son nouvel observatoire, l’Iris et une nouvelle longue vue panoramique de pointe : la ST Vista. De quoi renforcer la vocation à la fois scientifique et touristique de l’Ecopôle du Forez rouvert depuis un an mais qui, face à la perte de financements, a dû rendre l’entrée payante à partir de 16 ans.

L’intérieur de l’Iris avec ici la nouvelle longue vue Vista conçue par Swarovski Optik . © L. Baboud/Swarovski Optik

Et dire que ce milieu découle d’ex-gravières. De nos jours, au cœur du Forez, ses 570 ha permettent au fleuve Loire de s’étendre naturellement lors des épisodes de crue, protégeant les communes en aval comme Feurs. C’est aussi et surtout un refuge unique dans le département pour la biodiversité depuis sa création par la Frapna Loire (devenue FNE Loire) en 1993 : à l’Ecopôle, se croisent 665 espèces de plantes (dont 19 sont protégées) et, de nos jours, plus de 270 d’oiseaux contre une soixantaine à ses débuts. Etape migratoire bienvenue pour ces dernières, l’Ecopôle les protège de l’humanité et a, en outre, permis le retour, dans cette zone du fleuve, du castor (réintroduit) ou d’oiseaux – comme le sterne pierregarin – absents depuis des décennies. Ce ne sont que des exemples. A sa vocation scientifique et de préservation s’ajoute celle pédagogique avec pas moins d’1,5 million de visiteurs comptabilisés depuis son ouverture.

Une dimension qui a failli être engloutie par la perte des subventions régionales à la suite de l’arrivée de la majorité présidée par Laurent Wauquiez fin 2015. A cela s’est ajoutée la perte de celle de l’Agence de l’eau Loire Bretagne en raison d’une logique d’orientation de ses subsides sur les seuls investissements et non le fonctionnement… Déjà en balance en raison de ces pertes financières, la possibilité donnée à M. Tout le monde de visiter les lieux a pris un coup supplémentaire avec la longue fermeture due au Covid. Mais l’appel à l’aide de FNE Loire a été entendu. L’association a récolté 70 000 €, 20 000 de plus que ses objectifs. Le site a enfin rouvert au public il y a un an maintenant. Mais il n’est plus gratuit, du moins à partir de 16 ans…

De nouveaux équipements inaugurés

L’Iris est monté sur flotteurs pour s’adapter aux crues de la Loire. © Sylvia Pol/FNE Loire

« Nous avons décidé de demander une contribution solidaire de 7 € par adulte. Il y a des tarifs réduits, et cela reste gratuit pour les moins de 16 ans », explique Isabelle Hanicotte, l’une des trois personnes à co-présider FNE Loire depuis le départ de l’emblématique Raymond Faure, désormais président d’honneur. Mais parallèlement à la création de ce tarif, l’offre aux visiteurs s’est enrichie. A l’accompagnement pédagogique scientifique, s’ajoute désormais une dimension ludique via la présence d’un comédien : « Le professeur Porte-Nawak pourra faire découvrir la nature sauvage à sa façon en attendant l’atelier nature ». Le principal sentier de parcours utilisable par les humains – 5 km sur un total de 10 – a, lui, été réhabilité et effectue désormais une boucle complète.

Enfin, de nouveaux équipements d’observation viennent d’être inaugurés. Aux côtés du bâtiment La Ruche, le centre névralgique de l’Ecopôle, c’est déjà la Nef montée sur pilotis pouvant accueillir une cinquantaine de personnes et permettant une observation assez lointaine des mouvements migratoires des oiseaux. Les parcours totalisent un peu moins d’une dizaine de petits postes d’observations. Vendredi, FNE Loire a officiellement inauguré un équipement intermédiaire quelque peu spécial de 15 m2, accueillant huit postes d’observation et monté en bord de Loire sur flotteurs avec un ponton pour fonctionner malgré les caprices du fleuve. « Il a été baptisé l’Iris après consultation de la trentaine de salariés de FNE Loire (tous ne travaillent pas à l’Ecopôle) », précise Isabelle Hanicotte.

L’Iris, un œil pour les pros et le grand public

L’intérieur de l’Iris. © L. Baboud/Swarovski Optik

A l’origine, il s’agit d’une idée de Raymond Faure, en lien avec Jean-François Noblet photographe naturaliste : les équipements de son association nord-iséroise Pic-Vert, historiquement proche de FNE Loire, ont inspiré l’ancien président. Mais « nous avons souhaité que l’Iris ait une architecture cohérente avec l’existant. Aussi, nous avons fait appel à Yves Perret, créateur des bâtiments de l’Ecopôle », explique Isabelle Hanicotte. Un investissement – pour un montant que FNE Loire ne souhaite pas communiquer – rendu possible par les partenaires de l’association : en première ligne l’exploitant de gravières Cemex et derrière aussi, les carrières Thomas, ASSE Cœur Vert, la Société des sciences naturelles Loire Forez ainsi que des particuliers.  

L’atout particulier de l’Iris ? « C’est une petite capsule qui permet d’observer, sans être vu, au ras de l’eau, beaucoup plus près la faune. Et pas seulement les oiseaux mais aussi les batraciens, reptiles et insectes. Il a une excellente orientation pour ça et des prises de vue », décrit Isabelle Hanicotte dont l’association espère louer les lieux à des professionnels à la demi-journée ou à la journée pour quelques dizaines d’euros, des photographes notamment. FNE Loire travaille aussi sur une formule grand public de location à l’heure (peut-être 5 €) ou plus si affinités avec la tranquillité apaisante de l’Iris qui dispose même d’une estrade en cas d’envie de sieste pressante. L’Iris sera donc à réserver pour ne pas être déçu.

La Vista, longue vue présentée comme « inédite » en France

La ST Vista de Swarovski Optik. © C. Vacheon/FNE Loire

Une nouvelle offre qui n’est pas la seule à l’Ecopôle puisqu’il vient de s’équiper aussi, d’une nouvelle longue vue (40 cm) panoramique qu’elle annonce « d’exception » : la ST Vista fournie en exclusivité en France par le fabricant autrichien Swarovski Optik. L’objet vaut plus de 10 000 €. FNE Loire n’a pas encore tranché pour une utilisation au sein de la Nef ou au sein de l’Iris. « Elle apporte vraiment beaucoup en grossissement et est parfaite vis-à-vis de la luminosité, en particulier en fin de journée, ajoute Isabelle Hanicotte. Nous avons aussi acquis quatre nouvelles jumelles de pointe. » De quoi aider l’Ecopôle à séduire les visiteurs malgré la création de la tarification.

« Rappelons qu’en venant ici, on bénéficie d’un lieu de balade à l’ombre, au frais d’une forêt alluviale, insiste Isabelle Hanicotte. Et chaque période du printemps à l’automne amène des naissances et des vagues migratoires d’oiseaux se succédant. »

Horaires de haute saison de l’Ecopôle situé à Chambéon (jusqu’au au 6 novembre 2022) : tous les mercredis et les week-ends de 13 h 30 à 18 h 30 (accès accueil jusqu’à 17 h 30). Et durant les vacances scolaires : tous les jours de 13 h 30 à 18 h 30 (accès accueil jusqu’à 17 h 30). Balade accompagnée avec un animateur naturaliste vers 15 h. Animation-atelier enfants vers 16 h 45.

Partagez
Signaler une erreur

    Signaler une erreur
    J'accepte de transmettre les informations personnelles saisies ci-dessus afin que mon signalement soit traité par IF MEDIA.

    Laisser un commentaire
    Sur Android
    Sur iOS
    S'inscrire à la Newsletter