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dimanche 23 juin 2024
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Cidrerie du Pilat : la pomme bientôt dans le verre

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Pourquoi la Normandie et la Bretagne auraient le monopole de la production de cidre alors qu’il y a des pommes ici ? C’est en partant de ce constat que trois entrepreneurs stéphanois lancent la Cidrerie du Pilat, avec à la clé un cidre local, naturel, dont les premières bouteilles seront disponibles à la fin de l’année.

« Faire du cidre, c’est très proche de la viniculture, beaucoup plus que de faire de la bière et on s’est découvert une passion pour ça », explique Hugo Soubeyrand. A la tête des boutiques Elijah, il s’est associé avec ses deux amis d’enfance, Cédric Barlet, qui travaillait auparavant dans l’industrie auparavant, et Samuel Guitton, qui possède une société d’échafaudages, depuis le mois de février. Ensemble, ils ont fondé la Cidrerie du Pilat. « C’est une idée que j’ai eue en 2017 et me disait simplement ‘tiens, on a plein de pommes dans le Pilat, mais on ne fait pas de cidre, pourquoi cela n’appartient qu’aux Bretons et aux Normands ?’, se souvient Hugo Soubeyrand. J’en ai parlé avec mes amis, mais avec mon affaire, je n’avais pas le temps de développer cette idée ». Quelques années plus tard, son ami Cédric Barlet songe à une reconversion et s’est souvenu de cette idée…

Made in Pilat

« Il a repensé à cette histoire et en a parlé avec Samuel. Puis ils m’ont contacté et m’ont dit qu’ils ne se lanceraient pas sans moi. Donc, l’été dernier, on a commencé à y travailler et il a été décidé que ce serait Cédric le gérant et maître de chai en quelques sortes, et nous, nous l’accompagnons ». Cédric Barlet suit donc une formation d’apprentissage cidricole en Normandie, et se renseigne afin de savoir si nos pommes de montagne sont aptes à faire du cidre. « Il est fait avec plus de 200 variétés, donc c’est tout à fait possible. Bien sûr, le goût sera différent selon les variétés utilisées et le terroir ». C’est ainsi que les entrepreneurs ont pris contact avec les producteurs de la coopérative des Balcons du Pilat, pour réaliser une vingtaine d’essais qui ont été concluants.

Hugo Soubeyrand, Samuel Guitton et Cédric Barlet ont lancé la Cidrerie du Pilat au mois de février.

Jeu de pommes

Le projet est soutenu par le Parc Naturel Régional du Pilat, qui leur a suggéré le lancement d’une campagne de financement participatif sur la plateforme Miimosa. « Nous avons monté un plan de financement et les banques vont financer les cuves, le matériel. Mais la matière première reste la pomme et nous voulions que cette campagne serve à leur achat, explique l’entrepreneur. On parle de 20 à 30 tonnes, et d’une somme qui sera versée aux arboriculteurs du Pilat ». Lancée il y a une dizaine de jours, la campagne a déjà atteint son premier palier de 8 500 euros. Le second, fixé à 15 000 euros, sera utilisé pour acheter des vinaigriers pour produire du vinaigre de cidre, ainsi que des bouteilles, des étiqueteuses et embouteilleuses.

Extra brut

Dans leur local stéphanois, les travaux d’aménagement sont en cours pour accueillir les cuves. « J’avais de la place dans mon local donc pour le moment c’est suffisant pour trois ou quatre cuves pour le moment, d’autant que l’idée est de commencer avec 7 000 litres ». A terme, les entrepreneurs peuvent espérer produire deux cuvées par an puisque le Pilat compte des variétés de pomme aussi précoces que tardives. Leur cidre sera une spécialité extra brut, très peu sucré, et sans gaz ajouté. « Le goût ressemble plus à une bière blanche ou un vin pétillant, cela surprend beaucoup ».

60 000 euros d’investissement

Pour sa première cuvée, la Cidrerie du Pilat souhaite privilégier la distribution via les Amap, les marchés, dans un souci de rentabilité et de volumes. « Nous avons déjà été contactés par des épiceries, des cavistes ou même des restaurateurs, mais pour le moment on temporise, l’idée ce n’est pas de ne plus avoir de bouteilles à vendre au bout de deux mois. On attend d’abord de voir l’accueil qu’aura notre produit chez les consommateurs ». Car il sera un peu plus cher. Pour une bouteille, il faudra compter entre 8 et 12 euros. Grâce à leur structure, ils espèrent aussi, à terme, convaincre certains arboriculteurs du Pilat de passer en bio, en leur garantissant de se fournir chez eux, la pomme restant le fruit le plus traité en France. Au total, les trois entrepreneurs ont investi 60 000 euros pour se lancer.

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