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De Roanne à Lima, le coton péruvien tisse des liens

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Le coton péruvien s’exporte dans la Loire. La boutique d’habillement en ligne Pitumarka propose une approche différente de l’industrie du textile.

Jean Guillaume Thyere avec un T-shirt de la marque Pitumarka.

« L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde et je me suis dit que si je peux proposer des vêtements qui soient bien conçus et respectueux de l’environnement comme des êtres humains, c’est déjà ça de pris ». C’est le constat avec lequel est parti Jean-Guillaume Thyere pour lancer sa marque de vêtements Pitumarka dans une démarche de commerce équitable et soucieux de l’environnement. « Le choix du Pérou n’est pas anodin, car c’est l’un des rares endroits où l’on trouve du coton Pima, l’un des meilleurs cotons au monde. C’était un moyen de lier l’amour que j’ai pour ce pays et le projet que je voulais mener », explique-t-il. Les tenues conservent les teintes naturelles du textile auquel aucun colorant n’est ajouté.

Un impact positif

Si les tenus sont actuellement transportés grâce au fret aérien et maritime, l’entrepreneur réfléchi à une solution plus écologique pour faire acheminer ses marchandises. « J’ai identifié une solution en 2020 qui était de faire passer les cartons par des avions passagers dont les soutes ne sont pas remplies. Le logisticien avec qui je travaille repère un avion qui va partir avec de l’espace vide dans sa soute et intercale mes marchandises dedans. C’est une sorte de covoiturage d’avion en somme. » Une solution qui n’a pour l’instant pas pu être mise en place en raison de la crise sanitaire et de l’interruption des vols touristiques.

La Fast-Fashion va concevoir 100 milliards de vêtements par an dont 30 % ne sont jamais portés.

Le Roannais d’origine Franco-Péruvienne vient se placer aux antipodes des méthodes habituelles de l’industrie du textile qu’il juge néfastes. « La fast-fashion », comme il l’appelle, « va concevoir 100 milliards de vêtements par an. C’est beaucoup trop, leur business-modèle est basé sur la surproduction. Ça entraine un énorme gâchis, car on utilise énormément de ressources pour rien et 30 % de ces vêtements ne sont jamais portés, ils finissent au fond d’un placard, ou incinérés. » Pour éviter l’écueil de la surproduction, « chez Pitumarka, on ne fait pas de soldes, pas de déstockages ni aucune autre méthode d’incitation à l’achat. »

Coton Pima (blanc) et coton de la jungle péruvienne (Brun).

Un prix juste

Cette production parfois déraisonnée a des conséquences désastreuses sur l’environnement, mais aussi sur les populations. « Les prestataires de grandes marques vont utiliser de la main-d’œuvre pas chère comme c’est le cas en Inde, au Bangladesh ou en Éthiopie », déplore-t-il. 

En partenariat avec des fournisseurs certifiés FairTrade et GOTS (Global Organic Textile Standard), et des ateliers de confection qu’il est allé visiter, le gérant de Pitumarka assure une rémunération juste aux tisseurs qui produisent ses vêtements.

« Plus d’un tiers du prix de vente part directement pour payer les personnes qui ont participé à la production. » Sur des produits dont le prix varie entre 45 € le t-shirt et 110 € le sweatshirt cela représente une belle somme dans un pays où le salaire moyen est de 300 € par mois. Pitumaka réalise entre 2 000 et 4 000 € de chiffre d’affaires mensuel dont 2 % sont reversés à la communauté d’Amaru pour les aider à subvenir à leurs besoins.

Des agriculteurs en train de peser leur coton Pima
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