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Inauguration de Steel, c’était le grand jour

• 16 septembre 2020 • redaction
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Le nouveau centre commercial stéphanois a ouvert ses portes cet après-midi. Retour sur l’inauguration de Steel et sur la contre inauguration organisée en centre-ville.

Il est désormais ouvert. Le centre commercial Steel accueille ses premiers visiteurs cet après-midi. Avec une offre commerciale répartie sur 52 000 m² de surface de vente, le nouveau pôle commercial de l’est stéphanois a été inauguré ce mercredi matin avec notamment la présence de Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne et président de Saint-Étienne Métropole et Maurice Bansay, PDG d’Apsys, promoteur du projet. Tous deux ont vanté les mérites du projet devant la presse avant de participer à la cérémonie inaugurale.

Objectifs annoncés et critiques renvoyées

Prenant d’abord la parole, Gaël Perdriau s’est dit « très heureux car avec plus de 200 millions d’euros mobilisés pour restructurer intégralement la principale entrée de ville de Saint-Etienne, Steel constitue le plus important investissement privé dans la Loire depuis plusieurs décennies. » L’édile stéphanois a annoncé que « l’objectif principal de Steel est de capter les 500 millions d’euros, estimés par la CCI, qui sont dépensés chaque année en dehors du département, et qui constituent autant d’opportunités en moins pour la création d’emplois. » Pour Gaël Perdriau, Steel correspond à « une qualité d’offre de services et de commerces entraînant une attractivité sur laquelle il faut travailler. » Il a également coupé court aux critiques du projet en expliquant que « le projet Steel, annoncé dès 2014, n’a pas empêché l’ouverture de 511 commerces supplémentaires par rapport à 2013, soit une augmentation de 14,5%, alors que le nombre de commerces avait diminué de 9% entre 2008 et 2013. » L’élu a aussi rappelé que Steel est créateur d’emplois. « À la clé ce sont 800 emplois créés et 300 autres pour les besoins du chantier, a-t-il détaillé. Le recrutement organisé en partenariat avec Pôle Emploi à l’échelle locale, représente pour 90% des emplois concernés des postes en CDI. »

Gaël Perdriau face aux médias © NB / IF Média

L’objectif principal de Steel est de capter les 500 millions d’euros, estimés par la CCI, qui sont dépensés chaque année en dehors du département

Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne

Même son de cloche du côté de Maurice Bansay, expliquant que Steel subit un « procès scandaleux et un débat stérile sur l’opposition entre Steel et le centre-ville. » Avant de poursuivre : « l’idée n’est pas de concurrencer les commerces du centre-ville mais de ramener les consommateurs. Je crois en la vertu du développement économique qui entraîne le développement économique. » Le PDG d’Apsys a également mis en avant le fait que son groupe avait signé une convention avec l’association de commerçants Sainté Shopping. Il a aussi appuyé sur la présence d’« enseignes de grande qualité » à Steel dont « plus de 50 % n’étaient pas présentes sur le territoire stéphanois » et qui, pour certaines telles que Flying Tiger Copenhagen, ont même décidé d’implanter également une boutique en centre-ville. Maurice Bansay a également explicité le côté « responsable » du projet avec « 25% du site végétalisé » et « 72% du montant des travaux attribués à des entreprises locales. »

D’autre part, le dirigeant a rappelé son étonnement face au moratoire lancé par le gouvernement à propos des centres commerciaux, expliquant que c’est « un paradoxe avec Steel qui est un exemple de requalification d’une entrée de ville avec une valeur ajoutée urbaine, architecturale, commerciale et paysagère ».

Une contre inauguration en centre-ville

« Ils ont leur Steel ? Ayons du style : choisissons le centre-ville » : c’est avec cette accroche qu’un collectif a essayé de mobiliser les Stéphanois par le bouche-à-oreille, des tracts et les réseaux sociaux ce même mercredi. Alors que la visite architecturale du centre commercial se poursuivait, un peu moins d’une centaine de personnes dont quelques commerçants étaient de la manifestation autorisée par la préfecture, place Jean-Jaurès de 11 h à 12 h 30 devant le kiosque décoré de pancartes colorées se disant « Hostile à Steel ».

À l’origine de cette mobilisation, une habitante du centre-ville, Émilie Nora qui a créé une page Facebook en avril : « Soutien aux petits commerçants » compte désormais 1 500 abonnés. Et ils sont de plus en plus nombreux, assure-t-elle : « Depuis la rentrée, des dizaines de personnes nous rejoignent chaque jour. Steel a déjà fait des dégâts en provoquant des déménagements et en fera d’autres. Notre idée, c’est aussi d’aider le petit commerce qui pourra se signaler via notre page Facebook. » Émilie Nora envisage un regroupement associatif afin de mener d’autres actions.

Les élus de l’opposition municipale n’ont pas manqué de se greffer à la manifestation. Parmi eux, Olivier Longeon (EELV) et bien sûr, Pierrick Courbon (PS), leader de Saint-Étienne Demain, adversaire du maire au second tour des Municipales. « En venant ici, nous souhaitons montrer notre soutien au petit commerce, explique-t-il. Tous les stéphanois ne se réjouissent pas de voir arriver ce mastodonte qui ne correspond pas au mode de consommation que nous souhaitons. À l’heure du moratoire sur les centres commerciaux, c’est obsolète, un projet des années 1990, pas du Saint-Étienne de 2030. »

La manifestation contre l’inauguration de Steel, place Jean-Jaurès à Saint-Étienne © IF Média

Cela fonctionnera par effet de nouveauté, au moins jusqu’à Noël, mais après…

Pierrick Courbon, élu d’opposition à la Ville de Saint-Étienne

L’argument d’une attractivité globale de la ville dopée par Steel ne convainc bien sûr toujours pas Pierrick Courbon : « Je rappelle les chiffres donnés par Frank Gintrand, dans son ouvrage, Le jour où les zones commerciales auront dévoré nos villes : pour un emploi – et quel emploi – qu’ils créent, ces retail parks en suppriment deux à trois en centre-ville. Des enseignes ont déjà déménagé du centre pour y aller, comme H&M, Maisons du monde. Le prêt-à-porter devait y être marginal, sa part y est significative, Steel était censé ne proposer que de grandes surfaces mais on trouve beaucoup de 200 ou 300 m² sans oublier tous ses restaurants. »

C’est donc une offre commerciale de centre-ville qui y a été placée, selon l’élu, « avec son parking gratuit, du loisir : les habitants de la périphérie n’auront plus de raison de venir dans le centre. Ses commerçants en souffriront très vite. Quant à Steel, cela fonctionnera par effet de nouveauté, au moins jusqu’à Noël mais après… »

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