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lundi 15 août 2022
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La Tôlerie Forézienne se porte bien du haut de ses 100 ans

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Depuis son rachat en 1994 par le groupe Poujoulat, leader européen des systèmes d’évacuation de fumée, la Tôlerie Forézienne (TF) a quadruplé ses effectifs. Sa diversification réussie autour du mobilier urbain n’est pas la seule activité à conduire une croissance qui ne se dément pas sur le site de Bonson. TF vient de fêter ses 100 ans et, merci, se porte très bien.

Jusqu’à 2 000 t d’acier, d’inox ou d’aluminium sont chaque année modelées avec soin derrière ses murs. © Tôlerie Forézienne

Qu’il est loin le garage d’Usson-en-Forez. Celui qui abritait une petite fabrique de tuyaux et coudes de chauffage lancée par un certain Alexandre Dupin en 1922. Transférée à Bonson six ans plus tard, la Tôlerie Forézienne (TF) va y connaître une phase de croissance importante à partir des années 1960, déposant même un brevet en 1985 et développant une diversification en tôlerie fine et production de pièces de sous-ensemble salutaires. Mais en intégrer l’actuel leader européen des systèmes d’évacuation de fumée, le groupe Poujoulat, en 1994, a conduit dans une nouvelle ère. Dans les 12 000 m2 du site agrandi à trois reprises depuis (la dernière fois en 2011), s’activent de nos jours pas loin de 130 personnes, environ quatre fois plus qu’il y a 28 ans. Alors que le chiffre d’affaires a, lui, été multiplié par sept.

Le professionnalisme des lieux, on le ressent ici jusque dans l’accueil, la cérémonie et les visites organisées ce vendredi 25 juin pour célébrer le centenaire. Fournisseurs, clients, designers partenaires, élus et salariés : près de 280 personnes devaient écouter les discours. Beaucoup d’entre eux avaient auparavant sillonné les ateliers pour observer, entre deux étincelles, le savoir-faire des ouvriers parmi lesquels se croisent de nombreuses femmes pour une usine métallurgique : « Environ 25 % des effectifs, précise sa direction. Une grande fierté. » Quand ce ne sont pas les mains qui agissent, des machines de pointe prennent le relais. On reste comme hypnotisés devant cette plieuse numérisée : isolée de toute présence humaine derrière une vitre, elle vient inlassablement scanner des consignes puis saisir les pièces en fonction avant de les modifier.

Le site de Bonson, 12 000 m2, rue de l’Industrie pourrait s’agrandir d’ici quelques années. ©Tôlerie Forézienne

La Tôlerie Forézienne travaille à 60 % pour Poujolat

« Nous avons investi 2 M€ dans notre parc machines ces 18 derniers mois et allons remettre la même somme dans les 18 mois qui viennent. Cela permet en particulier la robotisation de certaines taches trop répétitives de nos jours pour les membres de la production », commente devant l’une d’elles Frédéric Coirier. Le dirigeant du groupe Poujoulat, qui appartient à sa famille, est venu en personne à Bonson pour le centenaire du site. Il n’avait que 20 ans quand Poujoulat a fait l’acquisition de la Tôlerie Forézienne dont le développement est intimement lié à celui du groupe. 60 % de l’activité de TF consiste à alimenter en tuyaux conduits et supports, façonnage esthétique compris, de cheminées la maison mère. Celle-ci est une ETI en pleine extension de 1 700 salariés pesant 300 M€ de chiffre d’affaires (CA) : + 23 % en un an avec l’ambition, encore, de doubler l’activité d’ici 2025.

Sur les deux dernières années, une trentaine de personnes nous ont rejoints. 

Joël Lemoine, directeur général de la Tôlerie Forézienne
Joël Lemoine. © Tôlerie Forézienne

Il faut dire qu’il n’y a pas trop d’eau dans le gaz en ce moment autour du développement du bois énergie ou encore des conduites de cheminées performantes pour habitats individuels et collectifs (400 000 références avec pour clients finaux les professionnels ou distributeurs), ses deux principaux marchés avec les cheminées industrielles. Basé à Niort, le groupe qui compte 20 filiales comme TF et 11 usines, travaille dans 30 pays dont huit où il produit, même si 80 % des effectifs sont en France. Rien qu’à Bonson, jusqu’à 2 000 t d’acier, d’inox ou d’aluminium sont chaque année soudées, modelées, découpées, poinçonnées, pliées et façonnées avec soin. Même le Covid n’aura finalement, pas esquinté cette activité : « Sur les deux dernières années, nous avons continué à recruter : une trentaine de personnes nous ont rejoints », compte le directeur général, Joël Lemoine.

Mobilier urbain : une diversification qui pèse 20 %

A la tête de la Tôlerie Forézienne depuis 2013, il ajoute que 4 postes sont encore à pourvoir actuellement. Comme dans toute la métallurgie, malgré la modernisation du métier et des rémunérations bien plus encourageantes qu’autrefois, ce n’est toujours pas évident recruter. « On a su passer le Covid en compensant immédiatement, explique encore Joël Lemoine. Dès le 1er avril 2020, l’usine a redémarré. Car nous avons été dans les dix premières entreprises de France à fournir des distributeurs de gel en métal. » Il faut dire que TF fait aussi dans le mobilier urbain depuis 2007 avec sa marque TF Urban aux 50 références permanentes (40 % des ventes dans ce domaine) mais qui conçoit, également, sur commande. A tous ceux qui s’interrogent sur le véritable apport du design à l’économie ligérienne, la Tôlerie Forézienne peut être brandie comme une icône avec son non moins iconique Circular Bench.

Le Circular bench, produit iconique de la marque TF Urban. © Tôlerie Forézienne

« On s’est rendu compte que l’on pouvait éditer nos produits, ne pas rester sous-traitants. Nous avons notre propre bureau d’études (TF Lab, Ndlr) avec depuis peu, à nouveau un designer interne, à plein temps pour TF Urban. Mais depuis 2007, nous avons collaboré avec environ une soixantaine de designers et d’artistes, explique Joël Lemoine devant les plans d’une borne de recharge pour voiture électrique et le dessin d’un brumisateur géant destiné à l’espace public, commandes en cours pour des clients. Nous sommes positionnés sur le moyen-haut de gamme. Il a fallu un peu de temps pour intégrer ce métier même si la personnalisation des produits est dans notre ADN (jusque dans les couleurs puisque le site compte son propre atelier de peinture). On est resté longtemps autour des 2 % du CA dans ce domaine avant de décoller à partir de 2014 et d’atteindre les 20 % désormais. »

La barre des 20 M€ de CA dans le viseur pour 2025

Les 20 % restants sont assurés par la sous-traitance industrielle : des éléments pour des produits d’électroménager par exemple. 60, 20 et 20 : la répartition du chiffre d’affaires entre les trois activités (cheminées de Poujolat, sous-traitance industrielle, mobilier) est stable depuis plusieurs années. Celui-ci totalise 12,5 M€ en 2021/22. Et les perspectives sont bonnes. Et ce n’est pas le contrat d’exclusivité en conseils techniques (et plus si affinité) signé par TF Urban capable d’associer dans ses produits la technologie connectée (bois et céramique), le métal et d’autres matières (céramique, bois), avec Cité services dans le cadre de la démarche Design actif qui va le démentir. Alors même que ses produits, tous confondus, se retrouvent déjà dans 150 villes en France et dans 10 pays à l’étranger.

Finitions bois ou large gamme de peinture grâce à ses ateliers spécifiques : la maîtrise de TF va au-delà de son cœur de métier. © Tôlerie Forézienne

Alors certes, la flambée du prix des matières premières répercutée sur les prix n’y est pas non plus étrangère. Il n’empêche que TF table sur une hausse de son chiffre de 2,5 M€ sur l’exercice 2022/23 et espère atteindre les 20 M€ d’ici 2025. Ce qui implique le recrutement d’environ une cinquantaine de salariés supplémentaires. Induisant, probablement, une énième extension des locaux d’ici trois à quatre ans. La Tôlerie Forézienne dispose de la large réserve foncière qu’il faut sur place. Et elle n’est plus à une évolution prête.

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