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Les Coursiers Stéphanois, la tête dans le guidon

• Julie Tadduni
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Ils ont fêté leur un an au mois d’avril, et les projets de développement ne manquent pas pour les Coursiers Stéphanois. Anciens livreurs, Antoine Vernin et Anthony Sagot se veulent une alternative à l’ubérisation pour les coursiers, afin que ces derniers puissent vivre correctement de leur activité.

Coursiers stéphanois
Antoine Vernin et Anthony Sagot. © JT

« J’ai été livreur pendant quatre ans chez Uber Eats et Anthony l’a été pendant cinq ans chez Deliveroo, explique Antoine Vernin. Du coup, on sait parfaitement ce qu’il ne faut pas faire. » Lassés par des conditions de travail que l’on ne présente plus, Anthony Sagot et Antoine Vernin lançaient Les Coursiers Stéphanois il y a un peu plus d’un an, pendant le premier confinement. Leur concept ? Livrer absolument tout ce qui est possible, en moins d’une heure, pour essayer de désencombrer Saint-Étienne des véhicules. Et depuis février, ils se sont même attaquer à la nourriture à emporter.

Exit l’ubérisation

« Cela peut paraitre évident, mais livrer des plats cela passe par le respect des normes d’hygiène, séparer les produits chauds et froids, nettoyer et désinfecter son sac, raconte Antoine Vernin. Tous ne font pas cela. C’est une question de respect du client pourtant et c’est l’image du restaurant que nous transportons. » Si aujourd’hui l’association compte trois personnes et cinq coursiers, elle souhaite sous deux ans se muer en Scop (Société coopérative et participative) et salarier la totalité de ses livreurs. « Nous avons certains livreurs auto-entrepreneurs, mais nous les payons à l’heure, pas à la tâche », précise Antoine Vernin. En effet, ce n’est pas le cas des géants du secteur. « Parfois on croise des coursiers qui travaillent pour ces plateformes et qui n’ont toujours pas gagné 20 euros après quatre heures de travail, regrette Anthony Sagot. Ils tournent en permanence. Celui qui ne gagne que 3 euros pour une course ne fait pas toujours un service 3 étoiles. »

Nous, on veut vraiment en vivre, et on veut que nos livreurs aient un contrat de travail, c’est important.

Antoine Vernin

Une alternative locale

« Les gens sont contents de nous voir avec nos vélos cargo, cela se passe très bien avec les clients et avec les restaurants aussi, indique Anthony Sagot. Ils apprécient d’avoir une alternative à ces plateformes qui sont plus chères et ils aiment le côté local. » Et ses deux passionnés de vélo n’envisagent pas cette activité comme un complément de revenus. « Nous, on veut vraiment en vivre, et on veut que nos livreurs aient un contrat de travail, c’est important, précise Antoine Vernin. Dans vingt ans bien sûr, je ne me vois plus sur un vélo, c’est pour ça que c’est important de leur expliquer que c’est autant leur projet que le nôtre. » Soucieux de bien faire, Les Coursiers Stéphanois collaborent avec de nombreuses associations stéphanoises, notamment Ocivélo.

Coursiers stéphanois
La remorque permet de transporter de plus grosses pièces. © JT

L’indispensable maillot à pois

Seul bémol pour Les Coursiers Stéphanois, le dénivelé ! « Lorsqu’on doit livrer avec la remorque et qu’il faut trainer 130 kilos en côte, chaque pourcentage de dénivelé compte, affirme Antoine Vernin. Mais avec le temps on prend l’habitude des côtes, cela ne nous pose plus de problèmes. En revanche, il y a encore trop peu d’infrastructures pour les vélos. Il ne faut pas penser qu’une simple peinture au sol va arrêter une voiture. Avec nos cargos heureusement, les comportements sont différents, on prend plus de place, donc les gens font plus attention. » Prochaine étape pour Les Coursiers Stéphanois : l’installation de leur association dans des locaux dès le mois d’août, rue des Frères Chappe.

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