Saint-Étienne
jeudi 29 septembre 2022
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Sa note d’électricité explose de 342 % : l’appel au secours de Sacma Furania

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Au 30 septembre, cette PME stéphanoise qui emploie 35 personnes, spécialisée dans la fabrication de mobiliers en sous-traitance, verra sa facture d’électricité annuelle passer de 60 000 à… 205 000 €, soit + 342 % ! Cas courant mais cas d’école qui illustre une situation alarmante sur les charges énergétiques pour de nombreuses entreprises. Plus qu’inquiet, le dirigeant de Sacma Furania en appelle aux collectivités…

Une dizaine de machines, forcément très consommatrices en électricité, compose le parc de Sacma Furania. ©Sacma Furania

Du jus, Sacma Furania n’en a pas manqué pour passer le Covid. Puis, certes « non sans mal », pour digérer, dans la foulée, les problèmes d’approvisionnement de matières premières, fortement accentués par à la guerre en Ukraine. Le tout accompagné, depuis des mois maintenant, par une inflation galopante. Mais à ce sujet, le prochain obstacle qui se présente sur sa route risque cette fois d’être infranchissable. « Nous sommes des industriels avec un parc d’une dizaines de machines à la pointe de la technologie et sommes donc très consommateurs d’énergie et surtout d’électricité à hauteur de 60 000 € sur le dernier exercice 2021/22. Une note qui avait déjà grimper de 11 000 € par rapport au précédent. Notre contrat arrivant à son terme le 30 septembre, nous bataillons sur son renouvellement depuis avril dernier », explique Laurent Charrel, dirigeant et propriétaire de Sacma Furania.

Son grand-père est à l’origine de cette PME créée en 1963, aujourd’hui installée dans la zone d’activités de Malacussy. Spécialisée dans la fabrication de mobiliers en série ou à l’unité à destination des professionnels (architectes, agenceurs, cuisinistes, menuisiers …), avec un chiffre d’affaires à 70 % tourné vers la sous-traitance, elle emploie 35 personnes. En 1981, Sacma avait été scindée en trois entreprises différentes aux activités connexes mais bien distinctes : Sacma Furania donc (alors reprise par Alain Charrel, le père de Laurent), Sacma cuisines et Sacma agencements, dont pour l’anecdote, Roland Romeyer, le président de l’ASSE, deviendra le dirigeant et unique propriétaire. Entré à Sacma Furania en 2004, Laurent Charrel, lui, en a pris les rênes en 2015. Cinq mois donc qu’il tente de négocier avec différents fournisseur d’électricité. La meilleure proposition obtenue est celle d’EDF avec un engagement sur 3 ans à 205 000 € annuels, soit + 342 % !

Fondée en 1963, la PME emploie 35 personnes dans ses 4 500 m2 de la ZA de Malacussy à Saint-Etienne. ©Sacma Furania

Impossible à répercuter sur les prix

Je n’ai pas le choix : je vais devoir emprunter pour payer mes factures d’électricité.

Laurent Charrel, PDG de Sacma Furiana

« Après avoir beaucoup insisté auprès de notre fournisseur actuel, Total Energies, qui ne voulait d’abord pas répondre en raison de l’instabilité des marchés, celui-ci a fini par proposer un contrat à 340 000 € par an puis, en discutant, à 295 000 € ! On est même passé par les services de courtiers, en vain. Il va donc falloir dire oui à EDF…Or, en 2021/22, notre chiffre d’affaires s’est élevé à 3,2 M€… On résistait bien, nous n’avions pas eu besoin de PGE durant le Covid et n’avons licencié personne. Nous  retrouvions d’ailleurs un volume d’activités équivalent à l’avant épidémie mais, cependant, pour des résultats nets encore bas : un peu plus de 30 000 €. Je n’ai donc pas le choix : je vais devoir emprunter pour payer mes factures d’électricité », raconte, dépité, Laurent Charrel que nous avons contacté après sa sollicitation par mail. Le montant des achats de matière première, en hausse de 40 % sur les 15 derniers mois avait déjà donné lieu à des répercussions sur ses prix de 15 à 20 % selon les produits. Mais désormais, Sacama Furiana ne peut pas aller plus loin vis-à-vis de sa clientèle.

Et le chef d’entreprise se sent bien seul face à la situation et ne sait plus vers qui se trouver. Il dit avoir appelé à l’aide la CCI, la CPME, différents réseaux, adressant même, cette semaine, un courriel direct au président de la Région Aura Laurent Wauquiez. « Je ne comprends pas que l’Etat ne prenne pas la situation en main car je ne suis évidemment pas seul dans cette situation qui met en danger énormément de PME comme la mienne. Au regard de ce qui se passe, continuer à corréler le prix du gaz à celui de l’électricité, alors que l’on devrait payer cette dernière dix fois moins chère en France avec notre production, est incompréhensible. Cet accord européen n’a plus de sens, il en va de la sauvegarde de notre économie. » Quant à la possibilité de produire son électricité via des panneaux photovoltaïques installés sur le toit de son bâtiment de 4 500 m², l’entrepreneur dit l’avoir étudié. Trop cher. Et, là aussi, « je m’aperçois qu’il n’existe aucune aide pour cela ».

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