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« Territoire zéro chômeur de longue durée » : Saint-Etienne veut être de la seconde vague

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L’idée, dans les tuyaux depuis longtemps, a été votée lundi en conseil municipal. La Ville de Saint-Etienne va, en effet, candidater à la phase II de « Territoire zéro chômeur de longue durée » (TZCLD). Elle élargit à 50 territoires cette expérience lancée par l’Etat qui la finance en grande partie. Il s’agira d’orchestrer la création d’une l’Entreprise à but d’emploi (EBE). Mais la concurrence, à l’échelle du pays, est rude : 159 autres territoires seraient intéressés, 59 ayant déjà commencé à déposer des dossiers…  

La Maison de l’emploi à Saint-Etienne. ©Véro Martin/If Media

Le dossier est à déposer avant le 1er novembre. Après quoi, l’Etat aura 85 jours pour répondre. Cela fait deux ans que la Ville de Saint-Etienne travaille sur sa candidature à ce dispositif voté en 2016 par le Parlement. Il a profité jusque-là à dix territoires en France depuis 2017 lors de sa première phase d’expérimentation. Selon un premier bilan jugé positif, 1 000 chômeurs de longue durée – « Territoires zéro chômeur longue durée » (TZCLD)  s’adresse aux demandeurs d’emplois de plus d’un an – ont trouvé un emploi pérenne.

Ce ne sera sans doute pas facile d’être des 50 nouveaux territoires de la seconde phase de TZCLD votée par le législateur, un peu plus tard que prévu, c’est-à-dire en décembre 2020. En effet, 159 autres territoires seraient intéressés et 59 avaient déjà commencé à déposer un dossier en début de semaine. Le principe de TZCLD ? La municipalité crée une Entreprise à but d’emploi (EBE) qui propose des postes à des chômeurs longue durée habitant le territoire depuis au moins six mois. Une activité au sein d’entreprises solidaires, sur des postes de service où sont identifiées des besoins non pourvus : aide aux personnes âgées, maraîchage, entretien d’espaces verts, de véhicules, conciergerie…

Plus de 300 chômeurs pourraient en bénéficier

Cette solution innovante correspondra à des emplois pérennes, de qualité, sécurisés.

Nadia Semache, adjointe municipale chargée de l’emploi et de l’insertion

« Bien sûr, nous veillerons à proposer des activités qui ne concurrenceront pas le privé, précise Nadia Semache, adjointe municipale chargée de l’emploi et de l’insertion. Cette solution innovante correspondra à des emplois pérennes, de qualité, sécurisés, en CDI. C’est une question de niveau de vie, mais aussi de bien-être et de lien social, d’estime de soi. » Et même « un droit », estime-t-elle remarquant que celui-ci est d’ailleurs dans le préambule de la Constitution. Si la candidature stéphanoise est retenue, la Ville espère démarrer dès 2022 en investissant 500 000 euros et le recrutement d’un chargé de mission. Elle espère en faire bénéficier plus de 300 volontaires à terme pour une durée .

L’Etat subventionne à hauteur de 17 000 euros par an chaque salaire de recrue. Le Département ajoutera à ce financement 2 800 euros. Et la Région sera chargée des formations nécessaires. Le dispositif mobilise en effet un grand nombre de partenaires. Dont Pôle Emploi, naturellement pour coordonner le recrutement, en lien aussi avec les structures d’insertion (comme la Mission locale) et les milieux associatifs (ATD Quart-Monde, Vivre ensemble à Montreynaud, Face, Emmaüs). Une démarche déjà largement initiée puisque selon nos confrères de L’Essor, 843 personnes avaient été déjà identifiées des quartiers politique de la ville de Saint-Etienne en février 2020. Ce sont en effet les quartiers de Montreynaud et Sud-Est qui sont concernés.

En réalité, deux candidatures distinctes pour deux quartiers

Nous avons perdu du temps depuis 2017 et devons donc être en retard par rapport à d’autres candidatures.

Pierrick Courbon, élu d’opposition PS du groupe Saint-Etienne Demain

Lundi, au conseil municipal, l’élu d’opposition PS du groupe Saint-Etienne Demain n’a pas manqué de faire remarquer son soutien à l’initiative tout en soulignant que l’idée avait été mise sur la table dès 2017 justement par l’opposition sans trouver alors d’échos dans la majorité selon lui. « Nous avons perdu du temps. Et donc devons être en retard par rapport à d’autres candidats vis-à-vis du ministère du Travail seul décideur. Quel périmètre exact est inclus sur Saint-Etienne avec ce dispositif ? L’ensemble de la ville ou des périmètres de 5 000 à 10 000 habitants, comme Montreynaud d’où vient d’ailleurs l’idée ? »

« Il s’agit, en fait, de deux candidatures distinctes pour deux territoires : à Montreynaud et les quartiers Sud-Est, rue Colette et une partie de la Marandinière plus exactement, précise Nadia Semache. Des périmètres que nous travaillons depuis 2 ans. Nous avons pris le temps de rencontrer, consulter pour être prêts et le sommes. Nous remplissons le cahier des charges : un dossier prêt et mâture sera retenue. Si 59 territoires ont commencé à être déposées, 11 sont réellement finalisés. La Ville de Saint-Etienne n’est pas en retard. Nous avons bon espoir. »

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