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Verney-Carron : l’excellence au bout du canon

• 9 octobre 2020 • Emilie Massard
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Success story à la Stéphanoise

L’armurier stéphanois souffle cette année ses 200 bougies. L’occasion de revenir sur une histoire familiale liée à l’un des fleurons de l’industrie stéphanoise. Elle est perpétuée aujourd’hui par Guillaume et Jean Verney-Carron, représentants de la sixième génération.

Sept artisans-armuriers travaillent sur la fabrication d’armes sur-mesure

Nous sommes en 1820, l’âge d’or de l’armurerie à Saint-Étienne. Claude Verney remporte le prix de sculpture sur bois de fusil au concours d’Armurerie de Saint-Étienne, avec une représentation de Diane chasseresse en pleine nature. Claude est issu d’une famille qui travaille dans l’armurerie depuis 1650. Sa femme, Antoinette Carron, est fille d’une famille d’armuriers. Il n’en fallait pas plus pour que ces deux amoureux de la nature et de la sculpture ouvrent leur propre atelier à Saint-Étienne. La nature restera l’un des fils rouges des valeurs portées par Verney-Carron jusqu’à aujourd’hui.

La fierté des descendants de Claude Verney et Antoinette Carron est aussi d’avoir su maintenir des savoir-faire disparus par ailleurs. « La transmission est un élément très important, souligne Jean Verney-Carron, président du directoire. Nous avons toujours accueilli des apprentis. Nous en avons encore aujourd’hui une petite dizaine, dont deux en école d’armurerie. » Saint-Étienne abrite en effet la seule école d’armurerie en France, dans les murs du lycée Benoît-Fourneyron. Verney-Carron revendique en effet un ancrage local et sociétal fort. Un partenariat gagnant-gagnant : « Aujourd’hui, Saint-Étienne peut se revendiquer capitale du design grâce aux industries qui ont fait son histoire, dont l’armurerie», ajoute Guillaume Verney-Carron, directeur général.

« Aujourd’hui, Saint-Étienne peut se revendiquer capitale du design grâce aux industries qui ont fait son histoire, dont l’armurerie »

Jean Verney-Carron
Guillaume et Jean Verney-Carron représentent la sixième génération à la tête de lentreprise

Une fabrication sur-mesure

Verney-Carron est spécialisée dans la vente d’armes pour la chasse, qui représente 60% de son activité. « Si auparavant la chasse était réservée aux nobles, la pratique s’est démocratisée après la révolution et les Français restent attachés à cette tradition » souligne Guillaume Verney-Carron. On compte aujourd’hui un million de chasseurs pratiquants en France. « 2,9 milliards d’euros sont dépensés chaque année par la chasse pour maintenir la biovidersité, tient à préciser Guillaume Verney-Carron. Et les chasseurs sont les premiers jardiniers de France ! ».

« Les chasseurs sont les premiers jardiniers de France ! »

Guillaume Verney-Carron

Depuis les années 1990, l’entreprise s’est diversifiée dans la sécurité et les armes de défense non-létales, comme le fameux Flashball®, conçu dans les ateliers stéphanois. Elle produit des armes destinées aux forces armées, mais aussi au tir sportif, discipline en pleine croissance.

Si l’armurerie fabrique des armes en série, elle dispose toujours d’un atelier de fabrication d’armes sur-mesure par sept artisans-armuriers. « Nous co-construisons l’arme avec nos clients qui viennent se faire plaisir, c’est l’arme d’une vie pour certains » indique Guillaume Verney-Carron. Pour réaliser ces armes sur-mesure, Verney-Carron fait appel à de nombreux savoir-faire spécifiques. « Ils sont détenus par des artisans qui, historiquement, ont toujours travaillé de chez eux, comme les monteurs à bois, les quadrilleurs, etc. Nous sommes les précurseurs du télétravail ! »

Reproduction de la crosse sculptée par Claude Verney en 1820, point de départ de l’affaire familiale

« L’arme est un objet qui fait appel aux sens »

Au sein des ateliers, pas de travail à la chaîne, la polyvalence est de mise. Et la maîtrise de savoir-faire historiques n’empêche pas l’innovation. L’entreprise travaille avec les acteurs locaux pour intégrer de nouvelles technologies dans les process, même si certaines techniques ancestrales restent difficiles à faire évoluer. « Rien ne remplace l’œil et la dextérité de l’homme » affirme Guillaume. Dans cette entreprise familiale, on fournit encore des pièces pour des armes vendues il y a 40 ou 50 ans.

« Cette année, l’absence de salons nous pèsent énormément. Nous avons en effet besoin d’aller au-devant des clients. L’arme est un objet qui fait appel aux sens, qu’il faut toucher, prendre en main. Le redémarrage est difficile, notamment pour la chaîne de sous-traitance. Mais nous avons survécu à trois guerres et deux chocs pétroliers, nous espérons bien résister à une pandémie ! »

Si le bicentenaire n’a pas pu être fêté comme il se doit en 2020, les actions fortes ne manquent pas pour marquer l’événement. À commencer par une exposition dédiée aux armes au Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne, visible jusqu’au 3 janvier 2021. Dans le cadre de son soutien à la Fête du Livre de Saint-Étienne, Verney-Carron et son histoire ont également inspiré l’écriture d’un roman, Crosse Mortelle, à son autrice Marie Devois.


Verney-Carron en chiffres :

  • 6 générations
  • 77 collaborateurs
  • 1 site de fabrication
  • 9 000 armes vendues chaque année
  • 10 millions d’euros de chiffre d’affaires
Verney-Carron maintient des savoir-faire qui n’existent plus ailleurs
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