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jeudi 30 juin 2022
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Raphaël Gilquin : « La campagne de NPA est là pour susciter la révolte »

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Dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle, If Saint-Étienne vous propose une série d’interviews politiques des représentants locaux des douze candidats afin d’évoquer avec eux les échéances à venir. Elles seront publiées progressivement jusqu’au vendredi 8 avril 2022.

Raphaël Gilquin, militant NPA du Rhône a répondu à nos questions en l’absence de relais suffisant dans la Loire.

C’est une exception dans cette série où la parole est systématiquement donnée à des représentants ligériens des candidats. Or, le principal animateur de NPA (Nouveau parti anticapitaliste) dans la Loire est décédé il y a peu et ses « quelques militants sont très dispersés », explique le parti. C’est donc le Lyonnais Raphaël Gilquin qui nous a répondu. Cet étudiant de 24 ans, en train de passer le Capes et l’Agrégation de philosophie à Lyon III, participe à des manifestations « depuis la terminale avec la loi travail en 2016. Puis j’ai adhéré à NPA fin 2019 avec la mobilisation contre la réforme des retraites. J’ai pris conscience que le regroupement était le meilleur outil de lutte. Et avec NPA, on n’est pas dans une chapelle, un entre soi qui tend au sectaire mais dans un regroupement de luttes dans toutes leurs diversités ».  


Quel bilan tirez-vous du quinquennat d’Emmanuel Macron ?

Il y aurait beaucoup à dire. Nous n’en attendions rien de bon, nous ne sommes pas déçus ! Retenons que l’extrême droite est aux portes du pouvoir. La montée de la tentation fasciste, des idées racistes, réactionnaires, cela appartient au bilan d’un quinquennat qui témoigne d’une crise d’hégémonie inacceptable. Le pouvoir s’accommode mal de la démocratie. L’ordre politique ne parvient pas à obtenir le consentement et n’hésite plus dans l’autoritarisme, la coercition physique. On le voit avec la répression syndicale, les violences policières, la brutalisation des migrants. Parallèlement, il y a la concentration médiatique, des réformes brutales à la violence assez dingue pour favoriser le capitalisme aux dépens du travail par tous les moyens. Les riches sont toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres comme le montre le rapport de l’Oxfam : cinq personnes possèdent en France l’équivalent de ce qu’ont les 40 % les plus précaires et 7 millions ont recours à l’aide alimentaire. C’est symptomatique d’une société où l’inégalité s’est creusée.  

Pour NPA, ce n’est pas l’affaire d’un homme. Poutou président, cela ne signifie pas grand-chose.

Raphaël Gilquin, militant NPA

Selon vous, quelle est la mesure phare de votre candidat Philippe Poutou ?

Pour NPA, ce n’est pas l’affaire d’un homme. Poutou président, cela ne signifie pas grand-chose. Les mesures annoncées donnent des perspectives aux luttes à venir au regard de ce qui nous attend pour la suite : une aggravation de cette tendance réactionnaire, antisociale, anti écologiste. Alors, il y a certes un programme économique et social anticapitaliste, féministe, antiraciste, anti impérialiste. L’idée d’un Smic à 1 800 € nets, du partage du travail (une semaine de 4 jours à 28 h), d’interdire les licenciements, d’une retraite à 60 ans maximum, de la gratuité des transports en commun, de la libre circulation, de la régularisation des sans-papiers… Tout cela ne se fera pas par l’œuvre d’un homme de pouvoir, une élection, mais par un changement de société décidé à la base qui implique expropriations, réquisitions et une socialisation des moyens de production, des banques, des logements vides. Notre campagne est là pour susciter la révolte. Ça n’a rien d’un idéalisme naïf : le « quoi qu’il en coûte » a montré que de l’argent, il y en a. On ne peut pas dire que c’est impossible quand la répartition des profits des entreprises va à 40 % dans des dividendes d’actionnaires, quand on a supprimé l’ISF, réduit la TVA pour les grands groupes, magouillé sur des exonérations de cotisations sociales ou pour faire que les fortunes immobilières paient moins…

Quel ancrage local avez-vous au niveau du nombre d’adhérents, de militants ? Et de quelle manière menez-vous la campagne localement ?

De ce que je sais, la Loire compte une petite dizaine de militants, très dispersés à l’heure actuelle comme nous vous l’avons expliqué. Par rapport à la présidentielle, une grande partie de notre énergie de militants a d’abord été consacrée à la recherche des 500 signatures. Après, notre mobilisation continue à être celle de participations à différentes luttes légitimes, à des tractages, des collages, des réunions publiques. Nous menons « campagne » si on veut, dans cette continuité.

Aurez-vous des candidats aux législatives dans le Loire ?

Je ne peux pas répondre à cette question. Ce n’est pas relatif à des consignes ou quoi que ce soit – tout se décide démocratiquement chez nous –, c’est simplement que je l’ignore. Ce qui est certain, c’est que nos ennemis sont d’abord l’extrême droite et la droite, LR et En Marche, à laquelle on peut associer le PS, au moins pour son état-major. Dans cette idée, une progression de LFI ou d’autres formations de gauche même réformistes à la présidentielle ou aux législatives irait dans le bon sens. Notre militantisme, nos prises de paroles, notre radicalisme aident à tirer les débats vers la gauche, et c’est utile.     

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