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« 2020 arrive en 2e position en ce qui concerne les volumes de transactions immobilières »

• Nicolas Bros
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Maître Alain Courtet, président de la Chambre des notaires de la Loire © IF Saint-Etienne

Après avoir échangé avec Jean-Pierre Berger, adjoint à l’urbanisme et au logement de Saint-Etienne, nous avons sollicité Maître Alain Courtet, président de la Chambre des notaires de la Loire, afin de faire le point avec lui sur la situation du marché immobilier ligérien et stéphanois. Au programme : bilan de l’année 2020, perspectives pour 2021 et profils des acquéreurs de biens.

Maître Alain Courtet, président de la Chambre des notaires de la Loire © IF Saint-Etienne

Comment s’est porté le marché immobilier ligérien en 2020 ? Est-ce que la crise sanitaire a eu un impact significatif sur ce dernier ?

Si on parle des biens anciens, appartements ou maison, nous sommes en 2020, comme en 2019, sur une orientation à la hausse. C’est-à-dire que dans Loire, nous sommes à +30 % pour les appartements et à Saint-Étienne presque + 8 %. Cela nous a permis d’atteindre la barre symbolique des 1 000 €/m² en prix médian à Saint-Étienne. Roanne se situe à environ 925 €/m² mais les courbes se suivent. Au niveau des maisons, nous sommes également sur une orientation à la hausse de 4 % sur l’année dans la Loire. Au niveau des volumes, on est à seulement à -1,7 % pour les appartements anciens, et +1,1 % pour les maisons anciennes. Pour ces dernières données, il est important de préciser que l’on se base sur les chiffres d’une année 2019 record en nombre de transactions. Cela signifie que 2020 arrive en 2e position en ce qui concerne volumes de transactions sur une année. Pourquoi ? Parce que d’abord, l’année 2020 avait commencé très fort, sur la lancée de 2019. Certes le 1er confinement a occasionné une baisse brutale des volumes et des transactions, mais il y a eu un très fort rebond au sortir de cette période. On peut dire que finalement, il y a rattrapage des baisses connues lors du premier confinement et 2020 a été une très belle année.

Le 1er confinement a occasionné une baisse brutale des volumes et des transactions, mais il y a eu un très fort rebond au sortir de cette période.

Maître Alain Courtet, président de la Chambre des notaires de la Loire

Le fait que le confinement aurait incité davantage de particuliers à acheter une maison ne s’est finalement pas tant fait ressentir que ça en 2020 ?

Dans la Loire, c’est moins flagrant que dans d’autres départements. Néanmoins, cela apparaît un peu au niveau des prix avec une courbe en croissance ces derniers mois sur les maisons anciennes. Cela montre un « effet confinement » même s’il est moins marqué qu’ailleurs. Cela peut provenir du fait que le prix des appartements est plus faible, avec un accès à de grandes superficies à Saint-Etienne ou Roanne par exemple à moindre coût. Cela peut rendre des épisodes de confinement moins douloureux, si je peux dire.

Est-ce que ce sont davantage les grands appartements qui ont trouvé de nouveaux acquéreurs en 2020 ?

On est resté sur des données assez semblables à d’habitude. En termes de demandes, les petites surfaces restent très prisées, surtout par les investisseurs. Il y a une pénurie sur ces petits appartements où la demande locative est forte.

Avez-vous des données à propos de l’origine géographique des nouveaux acquéreurs de biens dans la Loire et notamment à Saint-Etienne ? Y a-t-il des Lyonnais parmi eux ?

Je n’ai pas de données statistiques sur ce point. Cependant, du côté du ressenti personnel, notamment sur les dossiers rencontrés chez nous, effectivement il y a des investisseurs du Rhône et parfois d’autres départements plus lointains. Cela se sait qu’il y a une rentabilité très forte à Saint-Etienne. C’est le premier élément. Ensuite, le ticket d’entrée pour l’investissement est un des plus bas de France avec une très bonne rentabilité. Cela donne un accès à l’investissement à des personnes qui ne pourraient pas le faire dans d’autres villes. A Saint-Etienne, vous pouvez acheter un bien entre 30 000 et 50 000 euros, effectuer entre 20 000 et 30 000 euros de travaux et vous avez votre investissement qui démarre avec une rentabilité qui se situe à près de 10%. À Lyon, vous achetez un garage pour ce montant et vous n’aurez pas la même rentabilité.

Les Rhodaniens sont friands de quel type de biens ?

Très souvent, cela reste sur des petites surfaces. On voit parfois des appartements plus grands trouver preneurs pour de la colocation, mais cela reste marginal. Ensuite, il existe un autre type d’investisseur, avec davantage de moyens, qui va viser les immeubles entiers.

Il n’y a donc pas de mouvement fort de Lyonnais qui viendraient s’installer à Saint-Etienne ?

Pour le moment, il n’y a pas de mouvement manifeste en ce sens. Après, cela peut venir. Quand on a un rapport entre 1 et presque 5 entre Saint-Etienne et Lyon, il y a une possibilité que cela bascule un jour en faveur de Saint-Etienne. Surtout qu’il existe des moyens de communication et de transport entre les deux villes. Mais pour l’instant, ce n’est pas un phénomène que l’on observe de manière réelle.

Quand on a un rapport entre 1 et presque 5 entre Saint-Etienne et Lyon, il y a une possibilité que cela bascule un jour en faveur de Saint-Etienne

Me Alain Courtet, président de la Chambre des notaires de la Loire

Concernant le début de l’année 2021, les tendances du marché de l’immobilier se maintiennent comme en 2020 ?

Je dirais que nous sommes sur une poursuite d’un bon niveau d’activité sur début 2021. Cela se traduit dans l’orientation des prix sur la base des avant-contrats, où nous sommes dans du positif. Le marché se comporte plutôt bien en ce début d’année.

Concernant le métier de notaire, il y a eu des changements en 2020 avec la mise en place de la procédure d’acte avec comparution à distance. Est-ce que les notaires ligériens ont bien adopté cette technologie et qu’est-ce que cela a changé ?

La profession a sur très rapidement s’adapter. Il est certain que ce premier confinement a donné un coup d’accélérateur à ce processus et les offices se sont équipées. Une majorité d’offices, je dirais plus de la moitié dans la Loire, sont aujourd’hui équipées de possibilité d’actes à distance. Cela permet d’éviter des regroupements importants, via de la visioconférence. L’acte à distance continuera à permettre d’éviter des déplacements inutiles même lorsque la situation sanitaire sera redevenue normale.

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