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Valinches : « Il n’y aura que trois ou quatre lieux comme ça en Auvergne-Rhône-Alpes »

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A Marols, dans le sud des monts du Forez, l’entrepreneur ligérien Bruno Faure veut faire du Domaine et Château de Valinches une référence régionale de première ordre dans l’accueil événementiel. Aussi bien professionnel que privé. Mais il s’agit aussi de proposer une offre purement touristique très complète autour d’un hôtel haut de gamme. L’investissement en cours est conséquent : 6 M€… pour commencer.

Vue sur le château depuis l’étang. Le premier n’est que la pièce maîtresse de 5 000 m2 plancher au milieu d’un parc de 14,7 ha.

Si nous n’étions pas venus sur place ce jour-là, si nous n’avions pas vu tant d’ouvriers à l’œuvre, s’affairant à des chantiers bien distincts, avouons-le : nous aurions presque douté de l’ampleur des travaux annoncés tant ils en imposent. Il y a là une quinzaine d’hectares en mutation. Quant au bâti en cours ou en projet de rénovation, sa surface plancher se compte en milliers de mètres carrés.

C’est le résultat d’un grand coup de cœur. Celui que Bruno Faure a eu pour ces lieux atypiques il y a 2 ans. Cet entrepreneur du BTP – il s’est aujourd’hui retiré de la gestion directe de Pyramid, son entreprise au Chambon-Feugerolles – était devenu co-propriétaire de l’agence de communication lerptienne TV&Co en 2015. « Alors que nous réfléchissions à sa diversification vers l’événementiel, on a découvert ce lieu. On est tombé amoureux. Mais il y a un vrai potentiel pour proposer une offre qui se différencie considérablement des sites de GL events (en grande partie derrière Saint-Etienne Evénements, Ndlr) sur Saint-Etienne. »

Bruno Faure © If Média/Xavier Alix

900 ans précèdent sa nouvelle histoire

Si depuis, TV&Co n’a pas survécu à la crise sanitaire, le projet – qui a toujours fait l’objet d’un montage juridique parallèle à l’agence via la holding Octopus –, lui, est toujours sur les rails à Marols, dans les monts du Forez. La pleine campagne mais à seulement une quarantaine de minutes de Saint-Etienne finalement. Selon son nouveau propriétaire, Valinches fut d’abord un poste de garde sur le chemin de Saint-Jacques Compostelle remontant au XIIe siècle. Puis un hameau fortifié comptant cinq corps de fermes. Les fortifications comptaient une tour datant du XIVe siècle, plus tard reconvertie en pigeonnier.

Bien sûr remaniée plusieurs fois depuis l’époque médiévale, c’est elle que l’on voit à l’entrée du site aux côtés de ce qui fut à moment donné la porte d’entrée du domaine. Ce même XIVe siècle voit le destin de Valinches se lier pour des siècles à la famille d’Assier, notables locaux plus tard anoblis. Elle est derrière le château actuel, bâti en 1840. Le domaine appartenait par filiation à la famille Chavagnac lorsqu’il est racheté par des particuliers de Périgneux, les Pietroy en 2014.

6 M€ investis d’ici mars 2022 sans compter l’appui des collectivités

Ils engagent les premières rénovations dans cet ensemble jusqu’ici rarement habité. Leur travail débouche sur une première activité autour des mariages. Les réceptions prennent place dans une salle d’une capacité assise de 180 places, au sein de la principale dépendance séparée du château, juste en face, par la cour d’honneur. Son étage accueille déjà chambres et dortoir. La propriété passée dans les mains de la holding Octopus en février 2020, celle-ci a commencé par poursuivre la location déjà en place pour les mariages, y ajoutant celle de séminaires, améliorant les conditions techniques d’accueil, tout en effectuant une mise aux normes de la salle dédiée. Elle est flanquée d’une cuisine dont les équipements ont été modernisés.

Une salle accueillant mariages et séminaires est déjà opérationnelle. © If Média/Xavier Alix

Quand la pandémie ne vient pas gêner l’activité, le carnet de réservations a depuis toujours été rempli. Aussi, des roulottes ont été installées dans le parc pour offrir 22 couchages supplémentaires. Mais la puissance financière de Bruno Faure va permettre d’aller beaucoup plus loin. L’entrepreneur a décidé d’investir ici au moins 6 M€ – auxquels s’ajoute un total d’environ 1 M€ de subventions publiques – pour ce qu’il considère comme l’aboutissement des « deux premières phases ». Celle en cours doit s’achever d’ici le printemps 2022. L’aspect paysager bénéficie déjà des ces travaux lancés en 2020.

Un hôtel quatre étoiles à terme dans le château

Sans même être exhaustif : le parking de 80 places à l’entrée, qui pourra accueillir des bus, est presque prêt. L’éclairage aussi en attendant les bornes de signalisation, de nombreuses plantations ont été effectuées, des jeux de boules ont été créés (avec l’assistance technique d’Obut, implantée non loin de là !) et la cour d’honneur a été rehaussée de plus de 60 cm pour des questions d’accessibilité. Il y a, enfin, l’étang dans le parc en contrebas du château peuplé de carpes et gardons dont la digue de soutien qui fuyait a été renforcée.

Le château a été construit en 1840 mais le site remonte à l’époque médiévale.

Dans le château à proprement dit, les travaux battent leur plein. Le rez-de-chaussée accueillera plusieurs salles de réception ainsi qu’une boutique de produits locaux. Les étages sont actuellement remaniés de A à Z pour accueillir, dans les normes, des chambres d’hôtel de haut standing. Bruno Faure vise pour son établissement l’obtention, à terme, des quatre étoiles. Avec pourtant des prix envisagés très accessibles pour ce standing : de 85 à 110 € la nuit.

Un chauffage du site par géothermie

« Restons réalistes : nous sommes à une certaine distance de Saint-Etienne. Et il convient de faire connaître Valinches dans un premier temps », explique le chef d’entreprise dont l’investissement mettra au moins une quinzaine d’années à être rentabilisé. Car la liste ne s’arrête pas là. Loin de là. Le sous-sol du château – en partie enterré, il débouche sur une terrasse d’un côté – verra la création d’un restaurant de 30 à 40 couverts en intérieur (+30 en extérieur), 60 si on ajoute un service dans les salons. Les cuisines seront installées dans ce qui fut… des cuisines dotées d’un vaste âtre de cheminée que se doit d’avoir tout château.  

L’aménagement des cuisines est en cours dans le sous sol du château. Un escalier a été redécouvert à cette occasion.

Sortons de celui-ci maintenant et citons les aménagements techniques conséquents en cours dans ses environs et au sein des autres dépendances. Après avoir effectué quatre sondages de 20 m de profondeur, le site est apte pour se doter d’un chauffage en géothermie avec une station centrale. Un aménagement subventionné à hauteur de 300 000 € par l’Ademe. Tandis que Loire Forez a largement participé à rendre le réseau d’alimentation en eau beaucoup plus costaud que le précédent. D’ici ce printemps, l’offre totale de couchages et toutes les douches simultanées que cela provoque devrait déjà dépasser la centaine !

Notre ambition est à la hauteur d’un potentiel certain. J’ai déjà des demandes pour la Coupe du Monde de rugby 2023.   

Bruno Faure

Piscine, spa, practice de golf, parcours santé et arbres fruitiers !

D’autres logements seront en effet créés dans d’autres dépendances ainsi que d’autres salles de réception. L’une d’elle, la maison dite « des Garennes » doit être transformée en un concept de villa hôtel. Une sorte de gîte de luxe indépendant doté de six chambres. Et tandis que des éléments des anciennes fermes pourront servir, là de local à vélos, là de sellerie aux visiteurs, le bâtiment en longueur qui jouxte cette demeure pourrait, dans la 3e phase d’aménagement, en fonction d’aides publiques, accueillir une piscine intérieure (on est à plus de 800 m d’altitude ici) et un spa.  

Un des arbres monumentaux du parc.

En face, dès cet hiver, un practice de golf et une zone de jeux extérieure seront aménagés. Le futur parcours santé de près de 2 km passera devant. Il sillonnera l’ensemble du parc qui compte 7 ha de bois ainsi que plusieurs cèdres et sequoias monumentaux. N’en jetez plus ? Si ! Car il faut quand même évoquer l’idée, dans la 3e phase, de planter sur une partie des 15 ha 150 arbres fruitiers, de disposer des ruches, d’un poulailler, d’aménager un « verger-coin lecture », voire de demander au diocèse si la charmante petite chapelle datant du XIXe siècle près de l’étang n’a pas été désacralisée. On pourra ainsi y tenir les cérémonies de mariage sur place.

« J’insiste sur l’aspect bien être et santé du lieu »

« Oui, je n’en ai pour des années et je me sens parfois un peu fatigué par l’aventure, reconnaît, amusé, Bruno Faure et ses 54 ans. Ma femme ne me croira jamais mais après, promis je me repose et je fais du golf ! Pourquoi faire tout ça ici ? Parce que ça n’existe pas ailleurs. Il n’y aura que trois ou quatre lieux comme ça en Auvergne-Rhône-Alpes. J’insiste sur son aspect bien être et santé. Notre ambition est à la hauteur d’un potentiel certain. J’ai déjà des demandes pour la Coupe du Monde de rugby 2023. »  

Tout en maintenant les réceptions privées, le site vise le développement du tourisme d’affaires et événements d’entreprises internes ou externes. Mais aussi le tourisme tout court. L’ensemble entièrement fini ne devrait pas être prêt avant le début des années 2030. Il devrait alors employer une dizaine de personnes contre deux actuellement en plus de Bruno Faure et de sa femme.

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