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400 rez-de-chaussée vacants à Saint-Etienne : l’état des lieux

• Xavier Alix
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Encore faut-il mettre la main sur leurs propriétaires ! Ces rez-de-chaussée, à l’origine commerciaux, ne se trouvent pas en hyper centre. Mais en « seconde zone », à l’intérieur du boulevard urbain. La Ville annonce que ses services viennent de les cartographier. Un état des lieux qui se poursuit. La finalité est de les occuper à nouveau. D’une manière ou d’une autre.

Un local vacant proche de la place Jacquard

Deux mois de travail intense. Et ce n’est pas fini. De mars à avril, environ une vingtaine d’agents municipaux du service urbanisme et de la direction du commerce ont arpenté l’intérieur du boulevard urbain. Leur mission ? Identifier les rez-de-chaussée laissés à l’abandon. La mairie vient de donner leur nombre : ils sont 400. Leur vocation, pour l’essentiel, était, à l’origine commerciale.

Il ne s’agit pas ici de l’hypercentre. Ou du moins du périmètre considéré comme de « première catégorie ». Celui priorisé par les enseignes et sur lequel « nos efforts payent déjà », estime Pascale Lacour, adjointe municipale au commerce. La majorité ne manque pas de rappeler que sur le dernier mandat le solde ouvertures/fermetures est positif : + « 520 commerces (sur l’ensemble de la ville cependant, Ndlr) ».

Depuis plus de 3 ans, nous avons un manager de centre-ville. Et nous travaillons de près avec les agents immobiliers.

Pascale Lacour, adjointe municipale au commerce

« Depuis plus de 3 ans, nous avons un manager de centre-ville. Et travaillons de près avec les agents immobiliers. Nous les rencontrons tous les mois. Le périmètre considéré de première catégorie par les enseignes s’élargit, souligne Pascale Lacour. Autour du cours Victor-Hugo, par exemple, avec le projet des Halles. » C’est donc celui de « seconde catégorie » qui est dans le viseur de la municipalité. Encore faut-il qu’elle sache elle-même ce qu’elle peut mettre à disposition des porteurs de projet. Ce que les agences immobilières auraient du mal à évaluer, selon elle. D’où ce diagnostic.

Le travail sur les rez-de-chaussée, volet d’une politique urbaine globale

Pourquoi ça n’a pas été fait avant ? Le retour de l’attractivité urbaine est un long cheminement…

Jean-Pierre Berger, adjoint à l’urbanisme

« Pourquoi ça n’a pas été fait avant ? Le retour de l’attractivité urbaine est un long cheminement. Chaque étape, chaque sujet en son temps. Et si les prix remontent enfin (+ 7,7 % dans l’ancien intramuros sur le dernier trimestre, Ndlr), si nous avons gagné 3 000 habitants depuis 2014, oui c’est grâce à notre stratégie. Elle est certes différente de nos prédécesseurs. Mais ce qui a été entrepris avant nous participe aussi », répond, fair-play, Jean-Pierre Berger.

L’adjoint en charge de l’urbanisme insiste une nouvelle fois sur une politique globale d’urbanisme dont ce travail sur les rez-de-chaussée est, finalement, un volet. Au même titre que l’aération urbaine : 20,1 ha rasés en 5 ans, 19 500 m2 cette année, 21 000 en 2022). Ainsi que la réhabilitation des logements, celle des entrées de villes où les aménagements esthétiques accompagnent les reconstructions. « Chaque avancée – rénovation, démolition/aménagement comme l’Eden, investissement urbain majeur comme la ligne de tramway – a ses répercussions immédiates. Les porteurs de projets arrivent dans la foulée », assure Jean-Pierre Berger.

Une batterie de dispositifs financiers pour ces rez-de-chaussée

Et la mairie veut faire passer un autre message. L’aide financière potentiellement accordée aux actuels propriétaires ou futurs acquéreurs des 400 rez-de-chaussée pour leur rénovation sera analogue à celle proposée pour un logement. Cela sans compter une assistance technique. Plusieurs collectivités locales – municipalité, intercommunalité, Département – sont  impliquées via une batterie de dispositifs : Alec42, plan façade de la Ville, OPAH-RU, PIG Anah,  etc. Selon les revenus, la prise en charge peut ainsi monter jusqu’à 75 % de l’investissement.

Certains rez-de-chaussée deviendront des logements. D’autres des locaux associatifs, techniques, des garages à vélo, etc.

Jean-Pierre Berger, adjoint municipal à l’urbanisme

Or, « une grande part des propriétaires des 400 rez-de-chaussée n’ont pas les moyens de rénover leurs biens », note Jean-Pierre Berger. Ils n’ont pas encore été tous retrouvés pour savoir ce qu’ils comptent en faire. « On a des noms. Mais parfois, ils sont à l’étranger, ils semblent avoir disparu. Cela peut-être des héritages lointains », observe Pascale Lacour. Bref, le travail de diagnostic se poursuit. D’ailleurs, les 400 rez-de-chaussée ne seront pas systématiquement destinés à la réouverture de commerces. « On ne s’interdit rien et le PLU sera adapté en fonction, annonce Jean-Pierre Berger. Certains peuvent devenir des logements. D’autres des locaux associatifs, techniques pour les poubelles, des garages à vélo, etc. »

Une « belle enseigne » arrive place Waldeck-Rousseau

Avec les propriétaires identifiés mais qui surévaluent le prix de leurs biens ou encore ceux récalcitrants à agir, le dialogue sera poursuivi. Mais le cas échéant, l’impasse peut être résolue par le droit de préemption. La Ville peut aussi agir avec la foncière lancée en juin, la Sorapi. Détenue à 51 % par l’Epase (le reste par le Crédit agricole, la Caisse d’épargne, la CDC). Elle a travaillé pour l’instant sur cinq projets de rachat pour une mise à disposition dont un place Waldeck-Rousseau.

Un lieu où Pascale Lacour annonce l’arrivée « d’une belle enseigne ». L’enjeu dans le secteur est fort. A deux pas de la place, rue Gambetta, H&M, en partant à Steel, a laissé un vide plus que symbolique qu’il convient de combler… Quant au périmètre de seconde catégorie, selon l’adjoint au commerce, là aussi, ses intentions attirent les sollicitations. Elle cite en exemple la place Boivin, longtemps boudée par les investisseurs.

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