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dimanche 25 septembre 2022
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Chantage à la vidéo intime : Mediapart diffuse de nouveaux enregistrements

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Lundi 12 septembre, Mediapart a diffusé des extraits de conversations enregistrées par Gilles Artigues en novembre 2017 et février 2018. Pour le journal, c’est ici la preuve que Gaël Perdriau et Pierre Gauttieri avaient connaissance de la vidéo prise dans une chambre d’hôtel parisienne en 2014.

Capture écran mediapart
©Mediapart

Plus de deux semaines après les premières révélations du journal Mediapart, la polémique ne retombe pas à Saint-Étienne, d’autant que le journal publie de nouveaux enregistrements sonores ce jour. L’article indique que ces conversations ont été enregistrées en novembre 2017 et février 2018 par Gilles Artigues lui-même, afin d’accumuler des preuves à communiquer à sa famille, avant de mettre fin à ses jours. Ces enregistrements dévoilent des échanges terribles entre Gilles Artigues, Pierre Gauttieri, et Gaël Perdriau, ainsi que des propos ouvertement homophobes.

La vidéo livrée sur clé USB

Dans cet enregistrement sonore, lorsque Gilles Artigues indique avoir été piégé avec préméditation, le maire lui répond : « On a rien fait du tout, on nous a livré une clé USB ». Et alors que l’ancien 1er adjoint accuse le maire de l’avoir menacé au dernier conseil de majorité, celui-ci rétorque : « Mais je peux le refaire ! ». S’en suivent des échanges extrêmement tendus entre les deux hommes, Gilles Artigues informant le maire qu’il s’est rapproché d’un avocat pour se renseigner sur ce qu’encouraient des personnes responsables de chantage politique, et que ces derniers s’exposaient à une peine allant jusqu’à deux ans de prison selon la jurisprudence. « Encore faut-il savoir d’où ça vient », lui répond alors Gaël Perdriau.

« Deux ans de prison, ça ne me dérange pas »

Dans un autre échange avec Pierre Gauttieri, le directeur de cabinet du maire menace Gilles Artigues de diffuser la vidéo auprès des parents d’élèves, dans les établissements scolaires que fréquentent les enfants de l’élu, en assurant que ces derniers ne s’en remettront pas. Il poursuit avec des propos ouvertement homophobes : « Si le fait que j’aille en taule vous fait tomber parce que vous passez pour une vieille pédale sur le retour, je n’en ai aucun problème », assurant que risquer deux ans de prison ne le dérange pas. Plus lunaire encore, Pierre Gauttierri déclare à l’ex 1er adjoint fonctionner « exactement comme peut fonctionner un criminel. De la même manière. Je n’ai aucune foi, ni loi ».

« Je n’ai aucune foi, ni loi ».

Pierre Gauttieri s’adressant à Gilles Artigues, dans les enregistrements sonores diffusés par Mediapart.

Alors que les protagonistes se revoient huit mois plus tard, et que Gilles Artigues remet le sujet sur la table, Gaël Perdriau lui indique : « On n’est pas obligés de les diffuser publiquement hein ? En petits cercles, avec parcimonie », et de poursuivre, tandis que l’élu lui pose la question de ce qu’en penseront les gens : « Au bout d’un moment moi, plus rien à foutre ». L’avocat de ce dernier, interrogé sur BFM TV le 7 septembre, assure que « ce dossier est infiniment plus complexe que la version donnée par Mediapart », et que si une rumeur courait à la mairie sur l’existence de cette vidéo, le maire avait choisi de ne pas s’y intéresser. Par ailleurs, dans une interview publiée dans Le Progrès hier, l’avocat de Sami Kéfi-Jérôme, Me Chichportich, a indiqué que « Gilles Artigues était tout à fait conscient de ce qui allait se passer dans la chambre d’hôtel », précisant que son client se réservait le droit d’intenter une action en justice pour dénonciation calomnieuse.

Des factures publiées par Mediapart

Le journal donne également des précisions supplémentaires sur le volet financier de l’affaire. Les deux subventions, qui auraient transité par l’Agap et France-Lettonie Loire Auvergne, à hauteur de 20 000 euros chacune, ont été attribuées à des associations ayant moins d’un an d’existence et auraient été gérées par le cabinet du maire et non par les services municipaux. Gilles Rossary-Lenglet avait également déclaré avoir facturé des prestations fictives à ces mêmes associations.

Mediapart précise que Pierre Gauttieri, le 26 août dernier, avait assuré au journal lancer un examen en ce sens pour vérifier la réalité de ces opérations afin, si besoin d’engager des poursuites. Toujours selon Mediapart, « fort curieusement, le dossier d’instruction de la subvention à l’association Agap a disparu des serveurs de la mairie début septembre, ainsi que s’en est inquiété, par mail, le directeur des affaires culturelles de la mairie. Les pièces étaient pourtant bien en place fin août, comme avaient pu le vérifier plusieurs de ses agents. » Enfin, le journal a mis en ligne deux factures adressées à ces deux associations, pour des prestations fournies par Gilles Rossary-Lenglet. L’une d’un montant de 5 000 euros, et la seconde de 1 500 euros concernant de la prospection et du développement de projets.

Pas de réaction directe, hors rapidement via les réseaux sociaux, pour nier encore succinctement toute implication dans un chantage, de la part des avocats de Gaël Perdriau, ni même du maire lui-même, sollicités à nouveau par notre rédaction lundi 12 et encore ce mardi 13 pour les premiers.

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