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CHU / ICLN : fusion et effusion

• Julie Tadduni
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Le CHU de Saint-Étienne et l’Institut de Cancérologie Lucien Neuwirth vont fusionner au 1er janvier. Il y a une semaine, la CGT de l’ICLN annonçait le départ de plusieurs oncologues à cette même date. Hier, la direction du CHU a souhaité faire une mise au point. 

ICLN
L’ICLN fusionnera avec le CHU au 1er janvier. © JT

« Un certain nombre d’informations circulent sur le départ de praticiens en oncologie suite à l’annonce de la fusion, a indiqué Olivier Bossard, directeur général du CHU. On entend qu’il n’y aura plus de cancérologie à l’ICLN et plus de cancérologie publique. Ces informations sont fausses ! L’ensemble continuera d’être le premier centre de prise en charge du cancer dans la Loire. » En effet, à la suite de l’annonce de la fusion de l’ICLN et du CHU de Saint-Étienne au 1er janvier, la CGT de l’Institut de Cancérologie a fait état du départ de six oncologues, dont un en retraite, les autres ayant annoncé leur intention de démissionner. « Il n’y a que quelques personnes qui démissionnent sur 400 salariés de l’ICLN », a quant à lui ajouté le professeur Éric Alamartine, président de la CME (Commission médicale d’établissement) du CHU de Saint-Étienne.

Recrutements de trois praticiens

La direction a annoncé qu’elle recruterait trois praticiens pour pallier ces départs, considérant que cela serait suffisant pour couvrir la totalité des besoins, sans que cela ne se traduise par une hausse de l’activité pour les médecins restants. Certains syndicats souhaiteraient toutefois voir la date de cette fusion repoussée. C’est notamment le cas d’Alexandre Charly, secrétaire général du syndicat FO au CHU de Saint-Étienne : « Nous ne dénonçons pas la fusion qui peut être une bonne chose. Ce que nous dénonçons, c’est une restructuration au pas de charge. On nous a parlé de ce projet de fusion il y a seulement neuf mois. Son but est d’être plus compétitifs face au privé mais au final on vient renforcer le privé en leur envoyant cinq oncologues. J’ai toujours dit que le projet était intéressant et que les intentions derrière étaient louables. Mais pas dans ces conditions ». 

L’accent mis sur l’innovation

Grâce à cette fusion, la direction va pouvoir acquérir de nouveaux équipements. En effet, l’ICLN est en train d’installer son nouvel accélérateur de particules. En parallèle, il sera à-même de proposer des traitements « Car-T Cells » courant 2022, une offre actuellement inexistante dans le département. Il s’agit d’une nouvelle forme d’immunothérapie qui apprend au corps à reconnaître et détruire les cellules cancéreuses. « Ce qui est important, poursuit Olivier Bossard, c’est de permettre aux Ligériens de pouvoir choisir entre une offre publique et privée en matière d’oncologie. L’ICLN ne va pas changer de nature au 1er janvier. »

« On entend qu’il n’y aura plus de cancérologie à l’ICLN et plus de cancérologie publique. Ces informations sont fausses ! L’ensemble continuera d’être le premier centre de prise en charge du cancer dans la Loire. »

Olivier Bossard, directeur général du CHU de Saint-etienne

Départs et vaccination obligatoire

Ces démissions font craindre à Alexandre Charly des départs en cascade. « Il n’est pas rare qu’un médecin qui change d’hôpital parte avec sa secrétaire, voire certains infirmiers. Par ailleurs, en oncologie, la relation entre patients est médecin est forte. Les patients suivront eux aussi leurs praticiens. Cela pose question. » Des inquiétudes renforcées par la perspective de l’obligation vaccinale pour le personnel soignant, à compter du 15 septembre. Le secrétaire général du syndicat FO estime à 10 % la proportion de non vaccinés chez les agents hospitaliers. « Ce sera problématique. Nous craignons la fermeture de lits et la fuite de personnel. Et rien n’est fait pour retenir les salariés. Nous avons donc énormément d’inquiétudes pour le personnel et pour la population ligérienne. Car s’il y a du positif, le projet, dans ces conditions, nous interroge. » Régis Juanico, député Génération.s de la Loire, et Jean-Claude Tissot, Sénateur socialiste de la Loire, ont adressé un courrier au Premier ministre Jean Castex pour lui faire part de leurs inquiétudes concernant cette fusion, et demander à ce que le délai de sa réalisation soit prorogé.

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