Saint-Étienne
jeudi 29 février 2024
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Classes fermées, école fracturée

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Avec l’épidémie et le confinement, des milliers d’élèves squattent désormais les fauteuils du salon plusieurs heures par jour pour l’école à la maison. Mais pour beaucoup, la « continuité pédagogique » ne semble pas être si continue que ça…

Des cours en visio assurés par les profs, des exercices en ligne, des devoirs à rendre par mail… Depuis le début du confinement, les élèves boulonnent dur, derrière leurs écrans. Enfin, ça… C’est pour ceux qui le peuvent. Car, pour apprendre grâce au numérique, encore faut-il avoir les bons outils et pouvoir en disposer dès qu’on en a besoin.

Enseignement à distance et fracture numérique

À Saint-Étienne et ses alentours, de nombreuses familles ne possèdent pas d’ordinateurs. Dans d’autres foyers, il n’y en a qu’un, qu’il faut alors se partager à deux, trois, ou quatre enfants. Certains n’ont pas d’autre connexion internet que celle de leur smartphone, quand smartphone il y a, avec les problèmes de débit ou même de forfait que cela entraîne. Alors, comment, dans ce cas de figure, envisager de suivre un cours et faire des exercices ou devoirs ? Si certains établissements et collectivités ont pu mobiliser du matériel numérique et le mettre à disposition des élèves qui en avaient besoin, tous n’ont pas pu être servis, et il a donc fallu s’organiser différemment.

« Dans ces cas-là, les directeurs d’établissement, aidés des conseillers et assistants d’éducation ont pris le relais, pour contacter les familles concernées, et trouver un moyen de leur faire parvenir cours et devoirs en version papier, sur des polycopiés », détaille Zihar Zayet, présidente de la PEEP 42 (fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public).

« Cette période accroît les inégalités »

Zihar Zayet, présidente de la PEEP42

Mais reste que, même pour les plus volontaires, une photocopie ne remplacera jamais un prof. Alors, pour les élèves qui rencontrent déjà des difficultés scolaires en temps normal, le bilan du confinement pourrait bien être catastrophique : « Il est clair que cette période accroît les inégalités. Parmi ceux qui avaient déjà du mal à suivre, beaucoup auront complètement décroché à la reprise. Et il faudra que l’on trouve ensuite des solutions pour qu’un maximum d’enfants puissent raccrocher. Mais pour le moment et tant que le confinement est en place, on ne peut malheureusement pas faire mieux, puisque le maximum est déjà fait », poursuit Zihar Zayet.

Face à ce demi-échec de la continuité pédagogique, les plus grandes inquiétudes des uns et des autres concernent aujourd’hui l’orientation des élèves en difficulté. Quid de ceux qui, en présentiel, auraient pu s’accrocher pour poursuivre leur cursus ? Et, le cas échéant, comment faire pour que l’éventuelle réorientation qui suivra ne soit pas subie ?  

Davantage de liens avec les familles

Des questions auxquelles personne n’a aujourd’hui de réponse, tant l’incertitude règne, mais qui n’empêche pas néanmoins une petite lueur d’espoir : « On constate malgré tout que cette période aura permis d’améliorer la communication avec les familles des élèves qui sont en situation de quasi rupture scolaire, souligne Véronique Dujardin, inspectrice d’académie de la Loire en charge de l’information et de l’orientation. Les équipes pédagogiques ont réussi à toucher tout le monde. Des familles qui n’osaient pas entrer en contact avec l’école ont franchi la porte des établissements, elles ont pu discuter, comprendre. Et ça, c’est une base qu’il va falloir garder, et sur laquelle on va devoir s’appuyer pour la suite. »

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