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Financement des amicales laïques : Saint-Etienne rebat les cartes

• 28 avril 2021 • Xavier Alix
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La municipalité leur applique désormais un système de suivi analogue aux centres sociaux. Globalement, les amicales laïques sont financièrement gagnantes, assure la mairie. If Saint-Etienne vous explique tout.

Cinq amicales laïques aux projets proches des centres sociaux, un centre de loisirs notamment, voient leurs subventions augmenter. ©Vero Martin/If media. Photo d’illustration

C’était l’un des points à l’ordre du jour du dernier conseil municipal lundi. Deux délibérations avaient pour sujet les structures d’éducation populaire. Avec déjà, le renouvellement pour 4 ans de conventions d’objectifs quadripartites (Caf et Département sont aussi de la partie). Celles passées avec six des 17 centres sociaux stéphanois.

Cinq autres ont fait l’objet d’un avenant sur des éléments de gestion. Il s’agissait de se mettre en conformité avec le « schéma directeur de la vie sociale », « le droit du travail » et les modalités de suivi voulues par la municipalité. Ou encore une mise en cohérence avec sa politique. « Les structures d’éducation populaire sont une priorité du mandat. Elles sont indispensables à l’émancipation des habitants des quartiers. Les conventions contractualisent tant en matière d’objectifs que de moyens », précise Siham Labich, adjointe chargée, entre autres, de l’éducation populaire.

De nombreuses missions à vérifier

Les 17 centres sociaux stéphanois cumulent en effet entre leurs mains 10 M€ de budget. A 85 % issus de fonds public. Alors avant de verser le moindre sou, le co-financeur qu’est la Ville de Saint-Etienne semble vouloir vérifier plus que jamais « la pertinence du projet associatif de la structure au regard de ses missions ».

Celles-ci sont nombreuses : projet éducatif à coordonner avec celui de la Ville, insertion sociale économique, lutte contre l’isolement social – en particulier des seniors -, contre les discriminations, prévention santé et délinquance. Mais aussi une implication des habitants et une démarche éducative autour du développement durable, de la laïcité et la citoyenneté ou encore de la médiation culturelle.

Huit amicales laïques effectuent un travail proche des centres sociaux

C’est nouveau et historique

Siham Labich, adjointe chargée de l’éducation populaire
Siham Labich, adjointe chargée, entre autres, de l’éducation populaire.

L’accord des subventions basé sur ces critères, une analyse précise des projets a déjà été travaillée avec les centres sociaux. Elle a été réalisée en lien avec la Ligue de l’enseignement. Et « elle a donné lieu à des revalorisations : + 10 % pour Boris Vian, par exemple », assure la mairie. C’est une démarche analogue qui vient d’être entreprise avec les 17 amicales laïques stéphanoises. D’autant que certaines d’entre elles, développent un travail proche des centres sociaux de type centre de loisirs. Sans pour autant bénéficier d’agrément de la Caf.

« C’est nouveau et historique, note Siham Labich. Depuis plus de 30 ans, nous accordions des subventions sans regarder réellement ce qu’apportent leurs activités au territoire. Nous avons rencontrer leurs directions pour en discuter. Et s’il le fallait, en les aidant à synthétiser leur projet. » Huit amicales laïques ont été identifiées comme effectuant un travail très proche des centres sociaux. Au regard des critères, cinq voient leurs subventions augmenter de 15 à 65 %. Il s’agit de La Terrasse, Crêt de Roch, Beaubrun, Tardy et Michelet. Pour trois autres (Métare, Chaléassière, Richelandière), elles sont inchangées.

Cinq amicales laïques y gagnent, deux y perdent

Sept autres amicales laïques moins portées sur des missions d’intérêt général du type citées plus haut, ne subissent aucune baisse de subventions. « Mais nous allons les accompagner pour qu’elles puissent aller plus loin et développer un projet », annonce Siham Labich. Enfin, deux amicales laïques, – celle du Soleil et de Villebœuf – voit leur financement municipal baisser. « Faute de visibilité sur un projet. »

Ce qui a été voté lundi ne représente pas toute l’enveloppe consacrée aux centres sociaux et amicales laïques. Celle-ci s’élève à 1,72 M€ par an, fonctionnement et investissement compris. « En augmentation », avance la mairie. Lors du dernier conseil municipal, c’est en revanche, une grande partie de ces crédits qui a été soumise au vote. Soit 1,193 M€ dont 917 000 € en fonctionnement. Sur cette dernière somme, 320 000 € sont accordées aux amicales. Ce qui signifie pour ces dernières une augmentation globale de 64 000 €.

« Des priorités venues d’en haut imposées aux amicales laïques »

Cela semble aller vers un contrôle plus étroit pour ne pas dire l’exercice d’une tutelle

François Boyer, conseiller municipal du groupe Saint-Étienne Demain
François Boyer, conseiller municipal du groupe Saint-Étienne Demain

L’opposition a, sans, surprises émis des doutes sur la démarche. Pour François Boyer, conseiller municipal du groupe Saint-Étienne Demain, « imposer à ces bénévoles des orientations ou des priorités venues d’en haut de la part décideurs qui connaissent moins bien les réalités du quartier et qui parfois ne connaissent pas les fondements de l’Éducation populaire ne peut qu’être contreproductif. Les nouveaux critères pour les amicales sans centre de loisirs vont donner lieu à des baisses conséquentes de financement. Les modalités retenues posent question à plus d’un titre. Quelle concertation y a t-il eu ? »

L’élu d’opposition s’interroge sur l’absence de temps donné au Soleil et Villebœuf. Des doutes enfin sont portés sur les deux articles de convention modifiés avec les centres sociaux. « Sous couvert d’intentions louables, cela semble aller vers un contrôle plus étroit pour ne pas dire l’exercice d’une tutelle. »

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