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Fusion de l’université : opacité et craintes des étudiants

• 16 octobre 2020 • Esther Cicero
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Volet 2/4 : l’inquiétude des étudiants face au projet de fusion des universités Lyon et Saint-Étienne

Si l’on a assez peu entendu les étudiants à propos du projet IDEX et de la fusion de l’université depuis leur mise sur la table, ceux d’entre eux qui sont parvenus à en comprendre les enjeux semblent aujourd’hui très inquiets pour l’avenir.

La réponse est pour bientôt. Après des années de montage et d’ajustement du projet, la fusion de l’université de St-Etienne avec celles de Lyon sera très prochainement abandonnée pour toujours, ou validée pour toujours. Mais au centre de ce qui pourrait être la prochaine université-cible, les étudiants, eux, semblent aujourd’hui terriblement inquiets… En tout cas, ceux qui ont réussi à s’informer des enjeux et à les comprendre.  

« On a eu du mal à comprendre les enjeux »

Nicolas, étudiant en histoire à l’UJM, membre du syndicat OSE-CGT

Sur le campus Tréfilerie, Nicolas, 22 ans, et Judith, 19 ans, sont tous les deux étudiants en histoire et membres du syndicat étudiant OSE-CGT. À quelques jours du vote des futurs statuts à l’université stéphanoise, ils ne cachent pas la complexité de leur action militante.

« On a commencé à essayer de comprendre à quoi ressemblerait le projet IDEX il y a trois ans environ. Pour nous, c’est très compliqué. Parce que la seule chose dont nous disposons, ce sont les futurs statuts de l’université-cible. 3 tomes de 30 pages, bourrés de jargon juridique… L’un d’entre nous est étudiant en droit, et même lui, a parfois eu du mal à comprendre. Du coup, il est normal que les étudiants en général ne s’emparent qu’assez peu de ce sujet. Et qu’il soient assez peu mobilisés malgré les inquiétudes légitimes qu’il peut susciter. »

L’Idex, un projet opaque?

Une opacité volontaire ou non, qui, si elle a freiné la mobilisation, ne l’a pas étouffée complètement. La preuve avec le mouvement Idexit, né entre 2016 et 2017 sur les établissements lyonnais, qui a depuis été rejoint par des étudiants stéphanois.

© IF Média

Initié par de simples discussions informelles entre étudiants, il a depuis 4 ans vocation à informer un maximum de monde quant au contenu véritable du projet.

« Le constat, c’est que les étudiants sont sous-informés par rapport à l’Idex et la fusion. Nous sommes un peu la dernière roue du carrosse, dans cette affaire. Nous n’avons jamais obtenu de réponse claire quant à ce que cela allait changer pour nous. Globalement, on nous dit  » on va construire la maison d’abord, et on mettra les meubles dedans après « . Donc voilà, on n’a jamais abordé le fond. Et les étudiants qui sont quand même les principaux concernés, vont devoir se transformer en meubles aux bonnes dimensions » soulignent Rémy et Alfred, les deux porte-paroles du mouvement Idexit.

Questions sans réponse

Pourtant, les questions qui entourent un tel projet sont réelles et les enjeux pour les étudiants très importants. Si la fusion est finalement actée, que leur arrivera-t-il ? Qu’en sera-t-il de leurs déplacements entre les sites lyonnais et stéphanois et du coût qu’ils impliquent ? Qu’en sera-t-il plus généralement de l’impact sur leurs conditions de vie ? Qu’en sera-t-il du projet scientifique qui, lui aussi, devra trouver sa place au sein de la « maison en construction » ? Qu’en sera-t-il de certains domaines de recherche, comme les arts, la littérature, les sciences humaines et sociales, quand on connait à la fois le contexte national, et que l’on sait que l’établissement le plus performatif en termes de recherches en sciences sociales (Lyon 2) a été écarté du projet ? Comment s’articuleront la mutualisation des premiers cycles dans un institut et les 8 pôles scientifiques, dont certains comme la médecine ou le droit conserveront leurs propres premiers cycles ?

« Le fond de la fusion n’a jamais été abordé »

Rémy et Alfred, porte-paroles du mouvement IDEXIT

« Bien sûr que, par rapport à tout cela, on a peur aujourd’hui, poursuit Nicolas. On a peur que Lyon nous avale. On a peur que des formations disparaissent. On a peur de devoir partager notre temps et notre argent entre Saint-Étienne et Lyon… Et on n’a aucune réponse. Les derniers ajouts qui ont été faits aux statuts comprennent la création d’un conseil étudiant. Mais il ne sera que consultatif, ce qui constitue une rupture dans la démocratie universitaire. Si l’université adopte définitivement le projet, il sera alors trop tard pour faire valoir nos droits, et nos besoins. En revanche, si cela ne se fait pas… Nous avons des tas de choses, à proposer en échange ».

IDEX & fusion des universités Lyon et Saint-Étienne
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