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La Covid a déjà coûté 12 millions d’euros à Saint-Étienne Métropole

• 3 février 2021 • Xavier Alix
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Et ce n’est pas fini… Les orientations budgétaires 2021 étaient l’autre gros morceau au menu du dernier conseil communautaire. À cette occasion, la métropole a rappelé ce qui lui a coûté la crise sanitaire en 2020. Et annoncé malgré tout une fiscalité stable. Ainsi qu’un niveau d’investissement élevé.

12 M€. En dépenses exceptionnelles et pertes de recettes, c’est ce qu’a coûté en 2020 à la Métropole le Covid. Et ce n’est bien sûr pas terminé. En 2021, le recul des recettes projeté par la collectivité s’élève à 4,2 M€. « À périmètre constant » , précise Christian Julien, vice-président chargé des finances. La Métropole intègre en effet des compétences transférées par le Département. Et donc le personnel (65 agents), les charges, les dépenses – et aussi les recettes – allant avec.

Un énième recul dotations de l’État n’est pas étranger aux 4,2 M€ perdus par rapport à 2020 : 700 000 € en moins cette fois-ci (- 30 M€ cumulés depuis 2014). Plus graves, les impositions économiques profitant à l’agglomération sont, du fait de la crise, fatalement en baisse : – 3,4 M€. De même que les « autres recettes » : – 1,7 M€. Cette ligne correspond à des pertes liées par exemple au loyer des bâtiments économiques. Ou encore de l’utilisation d’équipements métropolitains comme Geoffroy-Guichard ou le Musée d’art moderne et contemporain.  

« Les orientations 2021 ne prennent pas en compte un scenario pessimiste »

Les rares lignes en progression totalisent 1,6 M€. Insuffisant pour compenser : les recettes passent ainsi en un an de 285,5 M€ à 281,3 M€ à périmètre constant. Toujours sans tenir compte des transferts liés au Département, les dépenses de fonctionnement, elles, progressent. De 5,9 M€ pour totaliser 240,5 M€. Entre interventions supplémentaires (+ 2,4 M€), subvention d’équilibre au transport (+1,6) – lui aussi malmené par le Covid sur ses recettes – et charges de personnel (+ 2,1).

Malgré les difficultés, les incertitudes d’une situation inédite, nous n’augmenterons pas la fiscalité. Ce, pour la 8e année consécutive

Gaël Perdriau, président de Saint-Étienne Métropole

Cependant, « malgré les difficultés, les incertitudes d’une situation inédite, nous n’augmenterons pas la fiscalité. Ce, pour la 8e année consécutive », annonce Gaël Perdriau. Le président se réjouit de pouvoir s’appuyer sur des fondamentaux financiers sains. Sauf que « l’État n’est pas clair sur certaines compensations financières. Et les incidences réelles sur les recettes fiscales ne se feront sentir que dans quelques exercices », souligne Christian Julien. Enfin, « les orientations 2021 ne prennent pas en compte un scenario pessimiste (l’État table sur une croissance de 8 % !, N.D.L.R.) qui pourrait conduire à des pertes de recettes structurelles importantes. Aussi, elles restent empreintes de responsabilité et prudence. »

« Est-ce le moment de désendetter autant ? »

Ce sont tout de même 90 M€ – « une hauteur jamais atteinte » – en dépenses d’équipements sur le budget principal qui seront investis. Dont 15,2 M€ autofinancés. Et 29,7 M€ par recours à l’emprunt. Pas de quoi convaincre le Stéphanois Pierrick Courbon. L’élu d’opposition PS estime le plan d’investissement pas assez ambitieux au regard du contexte :

« Nous consacrons 25,5 M€ au remboursement du capital de la dette contre 24 en 2020. Est-ce le moment de désendetter autant ? Pourquoi ne pas mettre la priorité à la relance ? C’est ce que nous avons fait au Département (il en est aussi conseiller, NDLR). » Surtout, ajoute-t-il, que « les crédits sont accordés à la continuité d’opérations mais pas à des projets nouveaux profitant à l’économie locale. »

 Nous consacrons 25,5 M€ au remboursement du capital de la dette contre 24 en 2020. Est-ce le moment de désendetter autant ?

Pierrick Courbon, élu d’opposition PS

Christian Julien rétorque que ce montant correspond aux accords signés avec les banques. « C’est ce que nous devons leur rembourser en 2021. Ou alors, on renégocie ces emprunts. Mais ce n’est pas à confondre avec la possibilité d’un remboursement anticipé. » Quant au plan de relance métropolitain, en fin de semaine dernière, Saint-Étienne Métropole annonçait vouloir attendre celui de l’État pour présenter le sien. Question de cohérence.

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