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La fin du changement d’heure a-t-elle sonné ?

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Dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 octobre, nous passerons à l’heure d’hiver. Cela devait être la dernière fois que nous reculons nos montres d’une heure, après un vote du Parlement européen en 2019 visant à mettre fin à cette pratique. Alors est-ce vraiment la der des ders ?

Dans la nuit de samedi à dimanche, nous gagnerons une heure de sommeil.

Préparez-vous à devoir vous souvenir comment régler l’heure du four dimanche matin… En effet, dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 octobre, la France passera à l’heure d’hiver. Ainsi, à trois heures du matin, il sera en fait deux heures, et nous gagnerons donc une heure de sommeil. Mais d’où vient cette pratique et pourquoi réglons-nous nos montres tous les six mois ?

Des économies d’énergie

Historiquement, la France avait adopté le changement d’heure en 1916, après l’Allemagne et le Royaume-Uni, dans le but d’économiser des ressources énergétiques comme le charbon. Elle avait ensuite abandonné l’heure d’été en 1945. C’est en 1976, à la suite du choc pétrolier de 1973-1974, qu’elle fait son retour, toujours avec le même objectif, en réduisant notamment les temps d’éclairage le soir. Enfin, depuis les années 80, les pays de l’Union Européenne ont décidé de s’harmoniser, et ont convenu d’un passage à l’heure d’hiver le dernier dimanche d’octobre et d’un passage à l’heure d’été, le dernier dimanche de mars. Seulement voilà, quarante-cinq ans plus tard, la pratique est de plus en plus controversée. En cause, des économies d’énergie anecdotiques et des effets négatifs sur le métabolisme, notamment chez les enfants et les personnes âgées.

Des progrès technologiques

Bien sûr, cette mesure permet toujours de réaliser des économies d’énergie. Selon la dernière évaluation de l’Ademe, en 2009, cela représente 400 GWh, soit la consommation annuelle de 800 000 ménages. Un impact que l’agence juge réel mais modeste. Ainsi, le changement d’heure voit son effet diminué par les progrès technologiques, et notamment les lampes basse consommation utilisées chez les particuliers comme pour l’éclairage public. Côté santé, le bilan n’est pas glorieux non plus. D’après l’institut Karolinska de Stockholm, la Suède a constaté une hausse de 5 % du nombre d’infarctus dans la semaine suivant le changement d’heure, sur la période 1987-2006. En 2016, la Direction de la sécurité et de la circulation routière fait état d’une hausse de 40 % des accidents pour les piétons en fin de journée, dans les jours qui suivent le passage à l’heure d’hiver. Autant de raisons qui ont poussé La Commission européenne à proposer, en septembre 2018, de le supprimer dès 2019. Finalement, le Parlement européen a voté au mois de mars 2019 un report à 2021.

La Suède a constaté une hausse de 5 % du nombre d’infarctus dans la semaine suivant le changement d’heure.

Étude réalisée par l’institut Karolinska de Stockholm.

Alors, c’est la dernière ?

Si la mesure a été adoptée, des négociations doivent néanmoins avoir lieu avec les États membres. Et c’est là que les problèmes commencent. Car le choix a été laissé à chaque pays de conserver l’heure d’été ou l’heure d’hiver, bien qu’il serait plus pratique qu’au sein de chaque fuseau actuel, tous les pays adoptent le même créneau horaire. Et après deux ans, aucune position commune n’a été trouvée. Par ailleurs, le dossier, qui n’est pas vraiment prioritaire, a été mis de côté depuis la pandémie. La situation est donc au point mort, et en attendant, les mesures actuelles continueront. Difficile de savoir s’il s’agit donc de la dernière fois que l’on recule nos horloges d’une heure.

Plutôt heure d’été ou heure d’hiver ?

Si les pays sont partagés, les Français le sont aussi. Questionnés à ce sujet par la Commission des affaires européennes de l’Assemblée Nationale en 2019, c’est l’heure d’été qui l’a emporté. Ils sont 83,71 % à se prononcer en faveur de la fin du changement d’heure deux fois par an. Parmi eux 59,17 % souhaitent rester à l’heure d’été et 36,97 % à l’heure d’hiver. Globalement, les pays du sud veulent rester à l’heure d’été, quand les pays du nord ont tendance à opter pour l’heure d’hiver. En attendant une concrétisation du vote de 2019, il faudra donc prendre votre mal en patience et continuer à régler vos montres, horloges, réveils, et fours, pour éviter d’arriver trop en avance au bureau lundi matin.

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