Saint-Étienne
jeudi 29 septembre 2022
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La mairie de Saint-Etienne est envahie par des centaines d’agents municipaux

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Cela n’a rien à voir avec l’affaire révélée par Mediapart qui a d’ailleurs fait l’objet, hier soir, d’une manifestation, 200 personnes environ réclamant la démission de Gaël Perdriau devant la mairie. Ce matin, de nombreux agents de la Ville de Saint-Etienne, environ 250 selon la CGT, leur syndicat majoritaire qui les encadrait, ont décidé d’envahir l’hôtel-de-ville, exaspérés par les négociations autour de l’application des 1 607 heures au sein des services…

Ce matin, vers 10 h 30 dans les couloirs de la mairie. Photo transmise par la CGT.

C’est une révolte ? Il semble, oui. Et avec des airs de Révolution. Ce matin, selon les syndicats, environ 250 agents de la Ville de Saint-Etienne (une centaine selon nos confrères du Progrès) ont décidé d’envahir l’hôtel de ville de Saint-Etienne après être s’être rassemblés dès 5 h 30 du matin devant le centre technique municipal vers Montreynaud puis les bureaux « cadre de vie » à la rencontre de son nouveau directeur à proximité. Avant de remonter en direction du centre-ville pour faire irruption vers 9 h 30 dans les locaux de la mairie, réclamant d’être immédiatement reçus. Ce qui était le cas à l’heure où nous écrivions ces lignes.

Un « gros coup de gueule » décidé hier qui est le « fait des agents même si notre syndicat, très majoritaire au sein du personnel stéphanois encadre le mouvement, précise la CGT territoriaux de Saint-Etienne, contactée par If Saint-Etienne. Ce mouvement est très suivi, on y voit des gens qui n’ont pas l’habitude de manifester. » Dans leur viseur : l’application et ses modalités, service par service, par la municipalité de la loi de transformation de la fonction publique, datant de 2019. Elle impose le passage à 1607 heures annuelles – c’est-à-dire les 35 heures – aux collectivités locales. Dans ces dernières, il est, en effet, fréquent que le temps de travail soit inférieur selon des accords pris à la fin des années 1990 au moment de la création des 35 heures.

Une recommandation de la Chambre régionale des comptes

Un cortège a défilé ce matin avant d’arriver à l’hôtel de ville. Photo transmise par la CGT.

En décembre dernier, à l’occasion d’une grève au sein de la police municipale pour cette même raison, l’adjointe au maire chargée de la tranquillité publique Nicole Peycelon, interrogée à propos des circonstances de ces accords à l’époque, nous avait répondu : « Il semble que dans les échanges avec les responsables de service à l’époque lors du passage aux 35 h, ce n’était pas le temps de travail qui était en cause mais la suppression de jours de congés exceptionnels généreusement accordés jusque-là, comme le « jour du maire. Une habitude, une tradition conservée en lissant ces jours sur le temps de travail global dans les accords de l’époque. »

Le temps de travail annuel était donc jusque-là, en moyenne, de 1 568 heures à la Ville de Saint-Etienne. Pressée en 2020 par la Chambre régionale des comptes de se mettre en conformité, la municipalité est parvenue à un accord le 8 novembre en CTP avec la CFDT, FO, la CFTC et UNSA. Mais pas la CGT, majoritaire, qui avait lancé plusieurs mouvements sociaux au sujet de l’application de la loi. Le syndicat n’avait pas pris part au vote. Pour résumer « en très gros », les agents effectuant des horaires classiques effectueront une heure de plus par semaine avec un jour de RTT supplémentaire, atteignant ainsi les 1607 heures annuelles légales.

Pas de dérogation possible

Pour la CGT et de nombreux agents cependant, la spécificité de leurs métiers pour l’écrasante majorité des services (sur des horaires atypiques, les périodes de travail, la pénibilité…) les qualifie légalement à l’obtention d’une « sujétion », comprendre « dérogation ». Exactement ce que réclamaient des policiers municipaux grévistes il y a quelques mois. Nicole Peycelon avait alors déclaré à If Saint-Etienne : « Il n’y aura pas de sujétion pour qui que ce soit. C’est définitif. » Les négociations sur les modalités d’application avec les ressources humaines qui ont eu lieu la semaine passée seraient restées dans l’impasse selon la CGT qui évoque une entrevue, hier, de laquelle les représentants seraient sortis exaspérés, décidant ainsi, dans la foulée, cette action coup de poing. Contactée, la municipalité stéphanoise n’avait pas donné suite à notre sollicitation au moment de la publication de cet article.

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