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« L’attractivité de l’université Jean-Monnet, c’est l’attractivité de la Métropole »

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Vendredi, Saint-Etienne Métropole a officialisé une convention avec l’université Jean-Monnet visant à attribuer à cette dernière un total de 2,1 M€ sur 3 ans. Une somme fléchée sur des projets de développement précis aux modalités originales et présentée comme un coup de pouce non négligeable à son attractivité. Cette somme s’ajoute aux autres financements véhiculés ou directement accordés par la collectivité à l’université.

Stéphane Riou, Florent Pigeon, Gaël Perdriau et Christophe Faverjon. ©If Media/Xavier Alix

« Si nous nous sentons particulièrement soutenus par Saint-Etienne Métropole ? Je dirais, en tant que président d’université, que je me sens privilégié à ce sujet par rapport à la « concurrence », souligne Florent Pigeon. Mais au-delà d’une aide substantielle, c’est une stratégie partagée autour d’enjeux communs qui est réjouissante. » Hier opposants politiques, les actuels présidents de Jean-Monnet et de Saint-Etienne Métropole disent aujourd’hui travailler de manière parfaitement apaisée, étroite même, presque au quotidien. Car « l’attractivité de l’université Jean-Monnet, c’est l’attractivité de la Métropole », synthétise Stéphane Riou, vice-président en charge, entre autres, des finances.

Approuvée à l’unanimité lors du bureau métropolitain du 5 mai, avant un passage au vote du prochain conseil métropolitain, la convention officialisée vendredi entre Saint-Etienne Métropole et l’université Jean-Monnet donnera lieu à un financement annuel (en 2022, 2023 et 2024) de 700 000 € de la part de la collectivité au profit de l’université. La première finance déjà régulièrement des projets de Jean-Monnet via des délibérations et son fonds de dotation annuel d’amorçage de 500 000 € accordé, lui, à l’ensemble des établissements supérieurs « dès lors que d’une recherche peut déboucher une activité économique », précise Christophe Faverjon vice-président de Saint-Etienne Métropole en charge de l’enseignement supérieur.

« Ce n’est pas une compensation de l’Idex »

Elle souligne aussi ses investissements pour améliorer le cadre de vie des étudiants en général (des tarifs spéciaux avec la Stas par exemple). Enfin, Saint-Etienne Métropole participe et relaie aussi le financements du CPER (Contrats de plan État-Région) permettant en particulier la montée en gamme « immobilière » de l’université Jean-Monnet qui à ce sujet partait de loin à la fin des années 2000. Au passage, d’ailleurs, le lancement du nouveau CPER – théoriquement en place depuis 2 ans – piétine. « On attend toujours un accord entre le préfet de Région et le président de la Région… Oui, évidemment, cela bloque des projets, s’agace Gaël Perdriau. Peut-être que se mettre d’accord plus tard permettra de dépenser moins… »

Aussi, tout nouveau financement n’est pas à négliger pour une université stéphanoise à qui il manque 35 M€ de dotations annuelles de la part de l’Etat (115 M€ actuellement) pour être financée à la même hauteur que « d’autres universités de taille comparables. Nous ne sommes pas les seuls. Je pense à Lyon III aussi. Il y a eu 1 M€ de plus accordés récemment. Nous savons nous adapter, c’est notre ADN ici. Mais il est temps que l’on mette fin à cette différence de traitement », note Florent Pigeon qui assure qu’il ne faut pas voir dans cette aide supplémentaire de Métropole une compensation liée au refus de l’Idex et de ses financements : « Nous l’avons refusée non pas pour ses projets de développement mais parce qu’elle mettait fin à l’existence administrative de Jean-Monnet. »

40 000 étudiants à Saint-Etienne en 2035

Nous devons assurer à nos étudiants une capacité d’adaptation aux emplois de demain.

Florent Pigeon, président de l’université Jean-Monnet

La nouvelle subvention apportée par Saint-Etienne Métropole, si elle peut exister ailleurs, reste un montage original dans l’Hexagone « en particulier sur ses modalités, souligne Stéphane Riou. Parce qu’il ne s’agit pas d’appel à projets et parce qu’elle s’inscrit dans le temps ». Visant le développement des formations et d’une recherche universitaire liée à son entreprenariat comme jamais – le bel exemple de Keranova a été à nouveau cité -, la Métropole qui veut 40 000 étudiants à Saint-Etienne en 2035 (28 000 actuellement, 20 000 en 2014) est « pleinement consciente du facteur clé qu’est l’université pour notre attractivité, assure Gaël Perdriau. Il faut assurer la continuité de nos atouts : 2e bassin de France en PME/PMI, 6e métropole sur les dépôts de brevets… Or notre université et Saint-Etienne qui enchaîne les bons résultats dans les classements nationaux et internationaux, représente 70 % des effectifs de l’enseignement supérieur métropolitain. »

En plus d’assurer au bassin économique une R&D générique, l’enjeu est aussi pour Gaël Perdriau de laisser la possibilité à la jeunesse de la métropole, souvent issue de milieux modestes, de poursuivre au maximum ses études sur place, de ne pas avoir besoin de s’exiler si ce n’est pour une mobilité internationale temporaire que sa collectivité souhaite soutenir aussi. « Nous sommes dans un monde où le marché du travail est en mutation permanente. Nous devons assurer à nos étudiants une capacité d’adaptation aux emplois de demain », ajoute Florent Pigeon.   

Trois axes stratégiques

La convention amènera ainsi des financements fléchés sur trois axes stratégiques détaillés par Christophe Faverjon :

  • Reconnaissance de l’Université au niveau national et international grâce à un accompagnement de ses domaines phares en matière de recherche en santé, sciences humaines et sciences sociales, et ingénierie.
  • Transformer l’Université, renforcer les partenariats, développer de nouvelles initiatives en formation et recherche : création de l’Ecole d’Economie, de deux écoles spécialisées en Sport, Santé Performance et Photonique Surface IA, mais aussi de l’Institut ARTS (Arts, Recherche, Territoires, Savoirs).
  • Développer l’attractivité de l’Université et du territoire : renforcer les collaborations internationales (colloques internationaux, échanges enseignants chercheurs, bourses mobilité pour les étudiants, …), mais aussi soutenir la vie étudiante et lutter contre les inégalités d’accès au numérique pour les étudiants
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