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Le CHU appelle à une prise de conscience collective

• 15 octobre 2020 • Nicolas Bros
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Pour la deuxième fois en quinze jours, le CHU Hôpital Nord de Saint-Étienne a convié la presse pour faire le point sur la situation épidémiologique dans le département. Si les chiffres sont inquiétants, la direction et l’équipe médicale souhaitent aussi appeler la population à une prise de conscience collective pour freiner le virus.

« Aujourd’hui (mercredi 14 octobre, NDLR), nous avons sur le territoire* 257 patients hospitalisés soit en médecine soit en réanimation pour cause de Covid, a expliqué en introduction de la conférence de presse la directrice par intérim du CHU Nord de Saint-Étienne Pascale Mocaër. Pour mémoire, le 24 septembre, ce chiffre se situait à un peu moins de 100. On a eu une augmentation extrêmement importante en peu de temps. » Parmi ces 257 hospitalisations (dont 81 au CHU de Saint-Étienne), 50 se trouvent actuellement en réanimation (dont 19 au CHU de Saint-Étienne). La directrice a également tenu à rappeler que le taux d’incidence « extrêmement élevé dans la Loire mais aussi dans le bassin stéphanois a un lien avec l’augmentation du nombre d’hospitalisations. »

Une organisation en 3 volets

Afin de contrer cette évolution « défavorable » de la situation sanitaire, les objectifs affichés par la direction et les professeurs présents lors de ce point presse restent intangibles : « nous nous organisons pour anticiper au maximum les capacités d’accueil complémentaires entre les différents établissements, détaille Pascale Mocaër. Dans le but de pouvoir accueillir autant que possible tous les patients ayant besoin de soins pour des pathologies liées au Covid mais aussi pour les autres. »

Le dispositif mis en place par les établissements de santé ligériens se déploie en trois niveaux :

  • une « coordination territoriale » entre les directions et représentations des médecins. Cela dans le but d’orienter les patients et d’augmenter les capacités d’accueil de manière cohérente. Ainsi le nombre de lits va évoluer au cours des prochains jours. « Nous aurons d’ici à la fin de la semaine, 85 lits en médecine et 20 lits en réanimation dédiés aux patients Covid, détaille Pascale Mocaër. Nous ouvrirons 10 lits supplémentaires la semaine prochaine en réanimation. Nous installons ces lits avec une affectation médicale et non-médicale en fonction de ces ouvertures. »
  • une déprogrammation décalée d’interventions ou de séjours non urgents, sur appréciation médicale.
  • dernier volet, celui du transfert de patients vers des établissements de santé situés dans des zones moins fortement touchées par l’épidémie. « Pour éviter une saturation de nos capacités d’accueil en réanmation et soins critiques dans les prochaines semaines, nous avons anticipé des transferts de patients vers d’autres structures en dehors du département, explique Pascale Mocaër. À ce jour, nous avons transféré 4 patients de réanimation des services d’établissements de santé de la Loire vers le CHU de Clermont-Ferrand. » Des déplacements de patients qui pourraient être amenés à se multiplier si besoin.

« À ce jour, nous avons transféré 4 patients de réanimation des services d’établissements de santé de la Loire vers le CHU de Clermont-Ferrand. »

Pascale Mocaër, directrice générale par intérim du CHU Nord de Saint-Étienne

Une équation difficile pour le personnel

Ceci en sachant bien que les besoins humains professionnels pour un patient atteint du Covid sont plus importants que pour un patient atteint d’une autre pathologie. « Il y a une équation qui n’est pas souvent décrite, explique le professeur Patrick Mismetti, chef du pôle MULTI du CHU de Saint-Étienne. C’est celle mettant en avant qu’un « lit non-Covid » fermé pour faire un « lit Covid », c’est simple, mais le personnel que l’on met en face n’est pas le même car un patient Covid est plus instable. » Ainsi, selon le professeur, là où une aide soignante et une infirmière peuvent gérer 15 lits habituellement, avec les patients Covid, on passe à 10 lits.

Ne pas avoir à choisir

Même si nous avons bien conscience de l’afflux massif de patients Covid qui nécessitent une prise en charge, malheureusement, les moyens en France des hôpitaux publics et privés en France ne permettent pas de répondre à tous les besoins en même temps, avance la Pr. Elisabeth Botelho-Nevers, responsable d’unité infectiologie au CHU de Saint-Étienne. Nous sommes obligés de prioriser mais ce que nous souhaitons en tant que médecin c’est de ne pas avoir à le faire. La problématique c’est que nous sommes confrontés à des patients qui ne respirent pas bien et que nous devons prendre en charge. La seule manière de nous aider à ne pas avoir à faire de choix, c’est que les gens arrêtent de croire ce qui circule sur Internet en termes de fake news. C’est une maladie transmissible que l’on peut transmettre, même parfois sans symptôme, à des gens plus faibles qui eux vont peut-être nécessiter une hospitalisation. »

Une position partagée par toute l’équipe médicale qui appelle collectivement à une prise de conscience de chacun des moyens d’aider les établissements de santé à gérer l’afflux de patients. « Il faut vraiment que chaque personne sur le territoire soit acteur pour diminuer le nombre de transmissions du virus, élément qui fera baisser in fine le nombre d’hospitalisations, poursuit la professeur. Le corps médical ne peut agir là-dessus, c’est à la population de prendre conscience de cela en respectant les gestes barrières, limitant le nombre de personnes croisées chaque jour… »

« La seule manière de nous aider à ne pas avoir à faire de choix, c’est que les gens arrêtent de croire ce qui circule sur Internet en termes de fake news. (…) Il faut vraiment que chaque personne sur le territoire soit acteur pour diminuer le nombre de transmissions du virus. »

Pr. Elisabeth Botelho-Nevers, responsable d’unité infectiologie au CHU de Saint-Étienne

*Les établissements de santé du territoire Loire / Nord-Ardèche sont : CHU de Saint-Étienne, Institut de Cancérologie Lucien Neuwirth, CH de Roanne, Clinique du Renaison, CH du Forez, Clinique Nouvelle du Forez, Clinique du Parc, Hôpital Privé de la Loire, Clinique Mutualiste, Hôpital du Gier, Hôpital Le Corbusier – Firminy, CH d’Ardèche-Nord.

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