Saint-Étienne
mercredi 30 novembre 2022
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Les points de vue sont « extrêmement » opposés sur le budget 2022 de Saint-Chamond

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La municipalité couramiaude a voté le 31 janvier son budget primitif 2022. Un budget que sa majorité présente comme « extrêmement ambitieux malgré les contraintes » alors que les finances restent « saines ». La Ville de Saint-Chamond investira près de 13 M€ en 2022. Complètement à côté de la plaque vis-à-vis des enjeux environnementaux et sociaux, estiment, à l’autre extrémité, les oppositions écologistes et de gauche…

La fiscalité propre à Saint-Chamond progresse sans augmentation des taux. ©If Media/Xavier Alix

La feuille d’imposition locale des Saint-Chamonais redevables va augmenter. Mais comme ailleurs, c’est le fait de Saint-Etienne Métropole et non de leur Ville. Celle-ci maintient en 2022 « et pour la dixième année consécutive » ses taux, désormais à 39,09 %. Il s’agit de l’addition de l’ancienne part communale avec celle départementale, récupérée avec la disparition de la taxe d’habitation, annoncée par l’Etat comme étant compensée à l’euro près. Ce qui n’empêche pas la méfiance des municipalités comme Saint-Chamond dont l’« extrême vigilance » exprimée à ce sujet ne pourrait pas grand-chose au cas où les affirmations de l’Etat seraient démenties…

Il n’y en a jamais eu autant de permis de construire ces dernières années qu’en 2021. C’est le signe d’une commune attractive.

Régis Cadegros, 1er adjoint délégué aux finances

Cette année, sur 27 M€ de recettes issues des impôts et de taxe (+ 3,2 % par rapport à 2020), 16,68 M€ sont le fait de la taxe foncière, seul produit fiscal encore maitrisé. C’est 700 000 euros de plus qu’en 2020 en raison de la revalorisation des bases fiscales par l’Etat mais aussi, se réjouit, Régis Cadegros, 1er adjoint délégué aux finances de la « progression physique des bases avec l’augmentation des permis de construire. Il n’y en a jamais eu autant ces dernières années qu’en 2021 avec 214 déposés contre 92 en 2014. La moyenne a été de 163 par an de 2015 à 2020. C’est le signe d’une commune attractive dont le nombre de comptes de nouveaux propriétaires a progressé de 97 entre 2020 et 2021 ».

Les recettes de fonctionnement en progression

Le détail des recettes de fonctionnement.

8,9 M€ reversés par Métropole et 1,5 M€ d’autres taxes – droits de place et droits de mutation (liés aux transactions immobilières), avec là aussi, en prévisionnel une progression de 100 000 € par rapport à 2021 – complètent le principal poste de recettes (58,7 %) fourni par la fiscalité et les taxes. Pour le reste, il s’agit avant tout des dotations globales de fonctionnement de l’Etat à 11,44 M€ en progression de 130 000 € mais « encore à 830 000 € de moins qu’en 2013, souligne Régis Cadegros soit 5 points d’impôts. Ce que compense les installations citées plus haut. » Les produits des services s’élèvent à 3,18 M€ (+ 11,9 %), les tarifs municipaux augmentant de 2 % en moyenne (« pour +2,8 % d’inflation »).

Il faut ajouter d’autres recettes diverses (FCTVA, produits de gestion, participations, compensations) pour aboutir à 46,47 M€ de recettes, en progression d’1,46 %. Les dépenses de fonctionnement, elles ne s’élèveront cependant qu’à 41,87 M€ selon les estimations, ce qui permettra un excédent de 4,6 M€ viré à la section investissement. Les dépenses sont en hausse d’1,72 %. Régis Cadegros souligne cependant une quasi-stabilité ou presque depuis 2014 (- 0,15 %) qu’il convient de relativiser avec les compétences remontées à Métropole. Les charges générales sont en hausse de 3,4 % (assurances, énergie et entretien lié au Covid), celles du personnel d’1,61 %. La Ville compte 516 agents titulaires et 250 contractuels.

Les principaux investissements 2022

Les charges financières, estimées à 117 000 € baissent en 2022 de 23 000 euros. « Au budget primitif 2014, elles étaient à 720 000 € », compare à nouveau régis Cadegros cherchant ainsi à souligner la gestion de la majorité renouvelée en 2020. L’épargne prévisionnelle va s’élever à 4,6 M€, quasiment stable par rapport à 2022, « bonne nouvelle compte tenue de la baisse de certaines recettes et de la période d’incertitude que nous vivons ». De quoi alimenter les recettes d’investissement pour des dépenses nouvelles d’équipements s’élevant à 12,82 M€ en 2022 (en hausse de 500 000 €) auxquels on pourrait ajouter 1,3 M€ de travaux de voirie désormais supportés par Saint-Etienne Métropole. Pour arriver à cette somme, la municipalité compte cependant sur un emprunt d’équilibre de 5,76 M€. Ce qui amènerait le stock de dettes à 18,4 M€ au 31 décembre pour une capacité de désendettement de 4 ans. Régis Cadegros rassure : « A ce jour (avant l’emprunt, Ndlr), l’endettement par habitant s’élève à 300 euros par habitant contre 1 049 euros pour la moyenne nationale. »

L’étude pour déterminer la reconversion de l’église Notre-Dame, désacralisée, devrait avancer en 2022. ©If Media/Xavier Alix

Parmi les projets les plus coûteux de 2022, les investissements dans les crèches et les écoles pour un total de 812 500 €, la reconfiguration de la médiathèque pour 700 000 €, la maîtrise d’œuvre pour des « projets d’envergure » (Notre-Dame, chapelle des Maristes et Hôtel-Dieu) 420 000 €, d’énièmes travaux d’entretien et d’équipements à la piscine (525 000 €). Mais aussi la rénovation de la salle Roger-Baudy (800 000 €), les démolitions liées aux aménagement urbains (650 000 €), la requalification de la place Neyrand à Saint-Julien (1 M€), la transformation de la poste de Fonsala en maison médicale (350 000 €) ou encore 310 000 € dans la sécurité (vidéoprotection, local de police municipale). A noter que le programme d’optimisation énergétique et développement durable sur les bâtiments, équipements et matériels cumule à lui seul 1 M€.

« Une imposture écologique »

« Malgré le contexte contraint, c’est un budget extrêmement ambitieux », en conclut Régis Cadegros. Sans surprise, l’opposition se montre beaucoup moins convaincue. Jean Minnaert (EELV) élu du groupe L’Ecologie pour Saint-Chamond ne croit pas à ce « refrain », « chantée une nouvelle fois » autour de la crise mondiale depuis 2020. L’élu place le débat sur une autre échelle : le positionnement politique à droite de la majorité et « son oubli de l’enrichissement des plus grandes fortunes sur le dos de la crise et du manque de partage des richesses, cause première de la misère sociale. La crise sanitaire a bon dos ». Et les « économistes de malheur que vous soutenez sont derrière la situation. La logique de toujours plus de croissance ne profite qu’à des minorités ».

La logique de toujours plus de croissance ne profite qu’à des minorités.

Jean Minnaert (EELV) élu du groupe L’Ecologie pour Saint-Chamond

Pour revenir à Saint-Chamond, Jean Minnaert dénonce des « mesurettes » vis-à-vis de l’environnement, « une imposture écologique » cachée derrière quelques cabanes à vélo pointant la suppression de pistes cyclables en centre-ville, le gâchis d’études pour de nouvelles pistes alors qu’une autre attendrait dans les cartons, la destruction d’une zone humide pour une halle de sport inaccessible aux transports en commun, la logique du tout automobile, le soutien à un échangeur de La Varizelle énergivore. Bref, à ses yeux « beaucoup de pipeau » face aux vraies urgences.

« Ce n’est pas à la hauteur des enjeux »

Christiane Marquet-Massardier (groupe de gauche Saint-Chamond pour tous) enchaînait aussi sur les préoccupations environnementales et sociales mises de côté. « Notre projet de végétalisation de la ville (programme des Municipales 2020, Ndlr) était lui réel et massif alors que vous coupez des arbres. Votre projet d’optimisation énergétique des bâtiments n’est qu’un minimum vital. » Enfin, « nous nous interrogeons sur la considération portée à tous ces Saint-Chamonais non écoutés. Nous sommes favorables à une démocratie au plus près du terrain et non à ce manque de concertation ».

Les urgences écologiques et sociales ont besoin de mesures structurantes, pas d’une politique opportuniste.

Christiane Marquet-Massardier élue du groupe de gauche Saint-Chamond pour tous

Informer, ce n’est pas concerter, clame l’élue qui rappelle que « la vie démocratique prend du temps, exige des moyens. » Revenant sur le budget primitif, « nous ne l’adopterons pas car il n’est pas à la hauteur des enjeux : les urgences écologiques et sociales ont besoin de mesures structurantes, pas d’une politique opportuniste. » Moins offensive, Isabelle Surply (élue RN) allait jusqu’à saluer « une gestion saine. Il faut le reconnaître et prendre de la hauteur ». Pas au point de voter le budget dont les fléchages ne lui conviennent pas : « Je ne vois toujours pas de grandes causes menées autour du handicap, au bénéficie des plus fragiles, de la sécurité autrement que par la vidéoprotection, de la lutte contre radicalisation » ou encore « des aménagements urgentissimes que raclement les habitants de rues fantômes ».

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