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mercredi 29 mai 2024
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Mouvements contre la réforme des retraites dans la Loire : phase 2 lancée

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50 000 et même plus à Saint-Etienne selon les syndicats contre 8 800 selon la police… Voilà pour les chiffres avec ce différentiel qui n’a rien perdu de son caractère abyssal dans ce duel de communication très marqué chez les Stéphanois. Indéniable en revanche : une mobilisation massive, dont le nombre n’a rien à envier à celles de janvier et aux composantes variées, très variées.

Au départ du cortège cours Fauriel. ©If Média/Xavier Alix

Pas évident de se garer, ce mardi, en milieu de matinée à Saint-Etienne. Avec un rassemblement prévu à 10 h 30 à Saint-Etienne rond-point Franklin Roosevelt (mais siiii : celui du « Quick » enfin !), nous avions tenté les abords de l’opéra et – tiens donc ! -, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée… Après avoir tourné dans les allées, ruelles et rues, seul au volant, quelque peu râlé, y compris sur notre personne, croisé d’incessants et inhabituels bancs de piétons pour un milieu de matinée, on finit par enfin se retrouver à pied à notre tour afin de descendre la colline. Finalement depuis le Jardin des plantes après s’être dit qu’après tout, ce ne serait sans doute pas un jour de stakhanovisme côté fourrière municipale… Direction le cours Fauriel et le départ du cortège. L’occasion, sur le chemin, d’aborder et discuter avec ce sympathique couple de retraités au pas alerte venu du sud de la Plaine du Forez.

55 000 ? 45 000 ? 35 000 ? Manifestation massive en tout cas, comme en janvier. ©If Média/Xavier Alix

Michèle et Robert travaillaient respectivement à l’hôpital et à la Verrerie de Veauche. Ils sont à la retraite depuis une quinzaine et une dizaine d’années. « Moi, j’ai eu la grande chance de pouvoir partir très tôt grâce à des accords spécifiques, dès 55 ans, raconte-t-elle. Avec Robert, si on a déjà suivi des grèves et fait des manifs dans notre carrière, nous n’avons jamais été très investis syndicalement, ni politiquement. Nous n’avions d’ailleurs pas défilé en 2010. Mais là, ce qu’ils préparent pour ceux derrière nous… » Robert acquiesce : « On a d’autres amis retraités, un peu comme nous, qui ont décidé de venir à telle ou telle manifestation pour protester même si nous on est déjà à la retraite. Cette réforme, elle est très injuste. Quand je vois le Sénat supprimer la mesure des régimes spéciaux, et ne pas se l’appliquer ! Il faut des règles identiques ? Ok, je suis d’accord, alors faisons-le mais faisons-le pour tout le monde. Idem sur la fiscalité des gens, des entreprises, des dividendes. L’argent, il se trouve là. »

Quand je vois le Sénat supprimer la mesure des régimes spéciaux, et ne pas se l’appliquer ! Il faut des règles identiques ? Ok, je suis d’accord, alors faisons-le mais faisons-le pour tout le monde.

Robert, manifestant retraité

De nombreuses AG à venir dans les entreprises

La variété des individus, des profils, des positions, des organisations, des opinions à l’exception justement de celle fédératrice d’opposition totale à la réforme envisagée : c’est ce qui frappe, une fois de plus et peut-être même comme jamais ce mardi 7 mars, en parcourant de long en large un cortège très animé. Jusqu’à croiser dans une contre-allée de Fauriel une dizaine de pompiers et la sirène hurlante de leur véhicule modèle réduit (voir vidéo). Un cortège assez impressionnant dont la tête avait déjà quitté le cours Fauriel quand son bout laissait derrière lui le rond-point Franklin Roosevelt, pardon, du Quick. « Le privé est en général moins présent depuis le début, du moins, moins visible que le public mais là ses salariés étaient clairement plus là que précédemment, assure Mireille Carrot, jointe par téléphone à l’heure du bilan. Depuis les entreprises, on nous remonte des mobilisations inhabituelles. Quelles entreprises en particulier ? Énormément et de toute sorte, si j’en cite, je vais vexer ! On vous fera passer la liste ! »

Alors que des sites de production et d’acheminement d’énergies électriques sont bloqués depuis hier, faut-il s’attendre à la multiplication de blocages dans les entreprises de la Loire ? Apparemment oui, estime la CGT qui parle de nombreuses AG ayant eu lieu, en cours ou à venir. Côté enseignants, la FSU contactée par If, annonce 60 % de grévistes dans le primaire et la SNES-FSU donne la même proportion dans le secondaire. Pas de remontée sur des lycées bloqués à l’heure où nous les avions appelés. « Mais on sait qu’une dizaine de collèges ont dit à leurs parents qu’ils ne pourraient pas prendre en charge les élèves, tant le personnel manquait », note Claire Rollet de la SNES-FSU. La moyenne générale donnée par l’académie de Lyon – primaire et secondaire – sur son territoire (pas de chiffres départementaux) s’élève à 31,09 %.

Des campus bloqués

Les jeunes – étudiants, lycéens – rassemblés dans le cortège. ©If Média/Xavier Alix

Si on a bien vu en « direct live », la façade de la Société Générale se faire taguer par deux individus encagoulés, dans quelle mesure les choses vont-elles se durcir, méchamment ou non, dans les jours qui viennent ? A l’université Jean-Monnet, les syndicats étudiants OSE CGT et Solidaires étudiants ont lancé un véritable blocage des campus, de toute façon apparemment en grande partie désertés par ses personnels (en grève ou pas), Tréfilerie, Denis-Papin et du bâtiment de la rue Michelet qui abrite l’IEP et l’Ecole d’économie. Environ 200 étudiants ont tenu une AG à 9 h 30 avant de rejoindre le cortège général, enrichi ensuite d’une centaine d’autres étudiants et lycéens (selon l’OSE CGT, un second groupement mais « plus lycéens » a été organisé) non sans s’arrêter devant le siège de l’université, sa « maison ». « Nous avons demandé que ne soient pas comptabilisées les journées d’absence des étudiants pour la mobilisation, comme nous le demandons depuis le début. C’est le cas pour ce 7 mars mais il faut que ce le soit aussi pour après », explique Judith Briat-Galazzo, secrétaire générale d’OSE-CGT.

La direction de l’université, sollicitée par If nous répond par écrit : « La mobilisation sociale et des perturbations dans les transports et les services publics ont impacté le fonctionnement de l’Université aujourd’hui. Dans ce contexte et dans l’hypothèse de la prolongation de ces perturbations, la direction de l’Université indique que les éventuels retards et absences continueront à ne pas être sanctionnés, comme cela a été le cas jusqu’à présent. » Si l’amphi J01 n’est plus occupé depuis les vacances de février, une AG entre étudiants mobilisés aura lieu chaque jour et ces derniers promettent déjà des « actions coups de poing ». A commencer par un blocage du campus de La Métare dès demain.

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