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jeudi 25 juillet 2024
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Plan Climat : Métropole pointe l’énergie collective

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Obligatoire pour toute intercommunalité à fiscalité propre de plus de 20 000 habitants, le Plan Climat air énergie territorial (PCAET) remonte dans sa première version à 2011. Dans la foulée, Saint-Etienne Métropole avait lancé une première version de son « Forum de la transition écologique et énergétique ». En faisant signer toujours plus d’associations, d’entreprises, en y ajoutant un concours d’initiatives, l’exécutif actuel dit impliquer la « société civile » dans une ampleur qu’il assure peu commune en France. Son forum 2023 s’est tenu jeudi dernier à l’Arena de Saint-Chamond.

Sylvie Fayolle à l’Arena, il y a une semaine lors de la signature par 14 nouveaux acteurs du Plan Climat de Saint-Etienne Métropole. ©If Média/Xavier Alix

Les voilà presque 200. Mardi, le Plan Climat de Saint-Etienne Métropole a été signé par une quinzaine de nouveaux signataires : l’université Jean-Monnet, Avere Auvergne-Rhône-Alpes, Cummins Meritor, Nidec, Vrac, Crédit Agricole Loire Haute-Loire, En boite le Plat, Cartons & Co, Kolektivolt, La Ferme en chantier, Invasiv’Tracker, Caisse d’épargne Loire Drôme Ardèche, C’Possible et, enfin, Place aux piétons. Adopté en 2011 conformément aux obligations légales pour une intercommunalité de cette taille, l’ancien Plan climat-énergie territorial (PCET) a évolué en Plan Climat de plan climat-air-énergie territorial (PCAET) en 2016, en y intégrant « les enjeux de la qualité de l’air en France ». Des enjeux, dans les faits, estiment des associations militantes et le parti Europe Ecologie Les Verts, très insuffisamment pris en compte par les autorités.

Considérant l’encadrement et les mesures prises, à propos de la qualité de l’air comme un simple écran de fumée, des membres du parti et des associations ont d’ailleurs attaqué en Justice, non pas le PCAET de Métropole, mais des Plans de protection de l’atmosphère d’agglomérations (PPA) françaises chapeautés par l’Etat dont, dans la Loire, celui de Saint-Etienne Loire-Forez (PPA – SELF) 2022-2027. Or, ces plans d’Etat s’appuient, en partie, sur les initiatives prises par les seules agglomérations. Il y a une semaine à l’Arena de Saint-Chamond, le sujet n’était cependant pas la polémique et les limites ou pas de l’exercice mais l’édition annuelle du « Forum de la transition écologique et énergétique ». Une journée de réflexion, d’échanges de bonnes pratiques et de mise en avant des initiatives portées par les signataires, nouveaux ou non, du Plan climat de Saint-Etienne Métropole. Depuis cette année, le rendez-vous s’adresse aussi aux signataires de la « Stratégie de la biodiversité ». Démarche métropolitaine qui s’ajoute au Plan Climat et comptant, elle, 220 signataires, fréquemment les mêmes.

Pas un climat « d’injonctions » 

Le Forum a réuni plusieurs dizaines de signataires du Plan Climat de Saint-Etienne Métropole. ©If Média/Xavier Alix

Ne découlant pas d’une obligation légale, propre à la collectivité, le déploiement de la « Stratégie de la biodiversité » est très récent puisque lancée au printemps dernier, après 2 ans de préparation orchestrée par Sylvie Fayolle. Avant d’être 1ère vice-présidente et à la tête par intérim de la collectivité, celle-ci était – et reste – en charge du développement durable et de la transition écologique. La constitution de l’Atlas de la biodiversité en a été l’étape préalable. « Cette stratégie de la biodiversité épouse une logique transversale qui doit désormais insuffler toutes les politiques de la collectivité », a-t-elle rappelé lors de sa présentation officielle le 8 juin à Métrotech. Pas de budget ou de réel service spécifique (des agents y sont cependant spécialement affectés) donc mais des accompagnements renforcés allant dans le sens de la préservation ou de la promotion de la biodiversité. Cela passe évidemment par une prise en compte au sein des projets d’aménagement intercommunaux ou communaux. Par exemple, cette possibilité déjà concrète, pour les mairies du territoire qui en font la demande, d’obtenir des subventions de Métropole permettant de végétaliser le plus possible les cours d’école à l’occasion de travaux, qu’il s’agisse de créations ou de rénovation.

Cela ne doit pas être pris comme une contrainte mais comme un atout.

Sylvie Fayolle, 1ère vice-présidente de Saint-Etienne Métropole

« Cette stratégie, c’est aussi sensibiliser les élus et leurs services, le grand public, les entreprises, les associations, précisait Sylvie Fayolle en juin. Non pas dans une logique d’injonction mais au contraire, en fournissant de l’information, des boites à outils pour répandre les bonnes pratiques de gestion, trouver des solutions. Cela ne doit pas être pris comme une contrainte mais comme un atout. » Signer l’adhésion à cette stratégie ne contraint en effet à rien de spécifique, à l’instar du Plan Climat, pas plus qu’à des objectifs qui seraient liés à telle aide etc. Dans les deux cas, des entreprises, des associations, des collectivités – communes ou autres – et même des déclinaisons localisées des services et entreprises d’Etat (Dir Centre Est, Epase, GRDF, Enedis, etc.) s’engagent à mener des initiatives internes ou externes allant dans le bon sens tel que le définit SEM, voire à accompagner, cette dernière. L’objectif est donc de valoriser et susciter l’énergie collective. Et à ce niveau, Saint-Etienne Métropole dit être à la pointe hexagonale, affirmant, par exemple, avoir autant de signataires du Plan Climat que… la Ville de Paris.

Quatre initiatives récompensées

Mardi dernier, le Forum de la transition écologique et énergétique a d’ailleurs été l’occasion de récompenser quatre initiatives de signataires du plan Climat. Elle se verront chacune payer par la collectivité le coût d’une vidéo de promotion de ces mêmes idées, utilisable à la convenance par la suite. Voici les quatre lauréats 2023 :  

  • L’association stéphanoise La Ferme en chantier a obtenu la récompense en sensibilisation pour sa « forêt nourricière ».
  • La Folie des Gandoles, pour sa réduction des déchets de la vente à emporter, remporte le trophée pour l’économie circulaire.
  • L’université Jean-Monnet remporte celui de la catégorie énergie pour son plan de sobriété en 10 actions.
  • Kodama Forêt, pour la création d’ilots de fraîcheur, celui de la catégorie biodiversité.

A noter qu’une conférence/débat animée par Elisabeth Laville fondatrice en 1993 d’Utopies, think-tank et cabinet conseil leader sur les stratégies de développement durable en France a conclu cette journée sur le thème « Développement durable, RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) : les nouveaux horizons en 2024 ».

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