Saint-Étienne
jeudi 7 juillet 2022
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Rive-de-Gier : ce que va devenir le site Duralex

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En friche depuis 2007, les 6,5 ha du site de l’ancienne verrerie Duralex, située à Rive-de-Gier, représentent le premier morceau du vaste projet de requalification de l’entrée Est de Saint-Etienne Métropole. Une grande partie de la phase démolition/dépollution de l’usine vient d’être effectuée par Epora. A sa place, un parc urbain réduisant le risque inondation en permettant au Gier de s’étaler. Puis, d’ici 4 ans des logements et une nouvelle zone d’activité.

Des siècles d’activités ont laissé une pollution du sol considérable. ©Saint-Etienne Métropole.

L’étape était délicate et symbolique. Nous vous en parlions ici. Le 15 juin dernier, Epora s’attaquait à l’emblématique cheminée et ses 60 mètres de haut. Un chantier démolition/dépollution de plus pour l’Etablissement public foncier de l’Ouest Rhône-Alpes (Epora). Sa raison d’être est, rappelons-le, de récupérer et rendre propres ce type de friches avant de les rétrocéder aux collectivités locales pour leur projet de requalification. A ce sujet, le dossier Duralex ne fut pas le plus simple…

L’entreprise et son siège de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) sont toujours en vie. Mais voilà bientôt 15 ans que son usine ripagérienne a fermé ses portes, laissant dans le dénuement 110 salariés et éteignant la tradition verrière locale. Le site en était le dernier représentant. Des années d’imbroglios juridiques, dont la condamnation en 2014 du dernier propriétaire – l’homme d’affaires turc Sinam Olmaz – à 3 ans de prison ferme et 200 000 € pour banqueroute et abus de biens. La dernière étape s’est achevée en 2020 devant la Cour d’appel de Lyon.

Une réunion du comité de pilotage cette semaine

La démolition a considérablement avancé depuis notre visite en juin. ©Julie Tadduni/If Media.

Face aux difficultés à négocier avec le liquidateur qui espérait tirer une somme conséquente du site (2,6 M€) – alors que seule la puissance publique est en capacité de se motiver pour y consacrer des millions à démolir, dépolluer et y susciter des projets – une procédure d’expropriation dans le cadre d’une déclaration d’utilité publique avait été lancée. Une décision de la Cour d’appel en juin 2020, a donc confirmé celle de 2018 du TGI de Saint-Etienne et permis à Epora de racheter les lieux pour un euro symbolique. De quoi expliquer, entre autres, le temps qu’il a fallu pour lancer la transformation du site.

En cette fin d’automne, la phase démolition/dépollution – avec un sol, entre autres, truffé de produits chimiques après des siècles d’activité  – qui totalise un investissement de 11 M€ a bien avancé mais n’est pas terminée. « Il y a encore à faire. Saint-Etienne Métropole ne récupérera pas la propriété de l’ensemble avant 2024, précise le maire de Rive-de-Gier, Vincent Bony. Nous avons d’ailleurs avec l’intercommunalité une réunion du comité de pilotage cette semaine pour peaufiner le devenir du site. »

Lutter contre les inondations : une priorité

Ce qui est déjà acquis, c’est la création sur environ un tiers des 6,5 ha, dans la zone la plus proche du Gier d’un parc urbain. « La réalisation de l’aménagement paysager, la création de ses équipements seront assumés par la commune, explique Vincent Bony. Nous relierons ce nouvel espace vert dont manque la ville à la MJC-Théâtre Couzon via une passerelle au-dessus du Gier. Ce qui lui permettra de mener plus facilement des projets pédagogiques d’ordre écologique. » Ce nouveau parc aura une autre utilité : permettre au Gier de s’étendre en cas de crues. On retrouve là, la compétence Gemapi et l’un des Contrats rivière de Saint-Etienne Métropole.

Une problématique prioritaire pour Rive-de-Gier. Sa physionomie hyper encaissée, là où la vallée se resserre sur un Gier déjà bien gonflé par les affluents en amont et auxquels s’ajoute ici le Couzon, en a trop souvent fait la victime n°1 des inondations. D’ailleurs, dans cette zone, la Métropole va entreprendre dès maintenant une restauration écologique et un élargissement bienvenu des berges, des murs inadaptés canalisant actuellement la rivière.

Pas de nouvelle école

Si l’élargissement des berges par Saint-Etienne Métrople va pouvoir débuter, il reste encore du travail à Epora sur ces 6,5 ha. ©Saint-Etienne Métropole.

Un investissement de 6,1 M€ qui devrait avoir abouti d’ici un peu plus de 2 ans. Plus éloignés du lit, les deux autres tiers du site de Duralex seront l’un consacré à des activités économiques. L’autre à la création de 120 à 150 logements. Ce sont ces aménagements qui restent à déterminer avec Saint-Etienne Métropole. En manque de foncier pour de nouvelles implantations industrielles, la collectivité devrait logiquement voir d’un bon œil « une zone d’activités productives de taille moyenne donnant lieu à plusieurs dizaines d’emplois », espérées par Vincent Bony.

Ce ne sera en tout cas pas une nouvelle zone commerciale concurrençant le centre-ville, même si un ou deux petits commerces pourraient prendre place aux côtés de l’opération immobilière sur le logement. « Nous aimerions créer ici une zone d’habitat mixte, à la fois du petit collectif et de l’individuel, de la propriété, du social et du standing. Mais il n’y aura pas de nouvelle école, comme longtemps envisagé. Les normes de dépollution sont trop drastiques pour cela. » Aucune esquisse, ni dessins d’architectes ne sont disponibles. On n’en est pas encore à ce stade.

Une étape d’un ensemble beaucoup plus vaste

« Il a fallu que nos équipes se battent, qu’elles ne lâchent pas mais on y est arrivé », commente Hervé Reynaud quand on évoque avec lui la dernière procédure judiciaire sur Duralex. Le maire de Saint-Chamond est aussi président d’Epora et 1er vice-président de Saint-Etienne Métropole aux grands projets. Celui-ci en est un : 50 M€ seront investis (en comptant les 11 M€ mis par Eporar) pour un aboutissement espéré d’ici la fin du mandat municipal et intercommunal en cours, c’est-à-dire 2026.   

Plus largement, « ces 6,5 ha appartiennent à un ensemble plus large de 27 ha considéré par Saint-Etienne Métropole comme d’intérêt métropolitain comme il y en a cinq autres, met en avant Hervé Reynaud. C’est carrément un nouveau quartier qui mature, comme un nouveau Novaciéries. » Il s’agit de constituer une nouvelle entrée est pour la Métropole autour de ce quartier du Couzon. Ce qui va amener de nouvelles étapes, d’autres réflexions  et d’autres étapes de requalification pour au moins la décennie à venir…

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