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Surcoûts du Covid : la Ville de Saint-Etienne a dû mettre 8,2 M€ de plus sur la table

• Xavier Alix
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L’impact financier de la crise sanitaire sur les finances communales n’est évidemment pas neutre. La Ville annonce que l’impact s’élève à 8,2 M€. En additionnant pertes de recettes et dépenses exceptionnelles liées au Covid. Lundi, alors qu’ont été justement examinés les comptes administratifs 2020, le conseil municipal a émis un vœu. Il réclame à l’Etat de compenser ces dépenses liées à une prise en charge qui aurait dû lui revenir.

Pour la majorité, l’Etat doit compenser ses dépenses exceptionnelles relevant de l’Etat.

Les cause de surcoûts ne manquent pas. Comme les matériels de protection des personnels (gels, masques…), les frais de nettoyage des bâtiments publics et des transports en commun, les aménagements pour l’accueil du public. Il y a aussi, le soutien au tissu économique et aux associations et les pertes des recettes tarifaires et patrimoniales. S’y ajoute, enfin, le financement aux centres de vaccination et de dépistage mis à disposition de l’Etat.  

La Ville a fait le compte. 8,2 M€, c’est, cumulé, ce que le Covid lui a coûté, dit-elle, en faisant l’addition des pertes de recettes et des dépenses exceptionnelles liées au Covid. Et ce n’est pas fini. Pour 2021, sans même parler des fortes interrogations sur les recettes à venir (fiscalité sur les entreprises, revenus des régies, SPL et DSP), la Ville annonce des charges nettes en section de fonctionnement dopées à hauteur de 3 M€ par le Covid. Et, moins impactant, 57 000 euros de dépenses en investissement. Cela dans un scenario sans 4e vague Covid…

« C’est à l’Etat de compenser les pertes financières liées au Covid »

Aussi, le conseil municipal a demandé, dans un vœu, qui relaie celui de l’AMF (Association des maires de France), que l’Etat prenne en compte la situation particulière des territoires urbains, les plus touchées par cette prise en charge. Parce que celle-ci relevait de ses compétences, dixit Gaël Perdriau, pour la majorité, c’est à l’Etat de « compenser les pertes financières liées à la crise. Et ce, dès la prochaine loi de finances rectificative, actuellement en cours de discussion au Parlement ». Le conseil demande aux parlementaires ligériens d’appuyer cette demande par des amendements.

Aux yeux de la majorité municipale, il est plus que « jamais nécessaire que l’Etat se mobilise en faveur des collectivités. Car elles représentent plus de 70 % de l’investissement public civil de la Nation. Or, l’insuffisance des compensations entraînera une baisse drastique de leur capacité d’investissement et, à terme, c’est leur participation à la relance économique de notre pays qui est remise en cause. »

« Les comptes sont conformes »

Nora Berroukeche, adjointe aux finances.

Un vœu qui intervient dans le contexte où l’assemblée municipale examinait lundi les comptes administratifs 2020. C’est-à-dire le bilan financier réel vis-à-vis du budget primitif voté. « Les comptes sont conformes », annonce Nora Berroukeche, adjointe aux finances. Cela, « malgré le contexte sanitaire. Nous parvenons à ne pas augmenter encore une fois les impôts conformément à nos engagements depuis 2014. Alors que l’Etat prend des décisions unilatérales aux lourdes conséquences. Comme les réductions de dotation (- 79 M€ de recettes cumulées depuis 2013). De nouveaux dispositifs réglementaires qui amènent une augmentation de nos dépenses de ressources humaines. Ou encore la contractualisation de Cahors*. Que nous respectons, malgré la crise. »

Les finances de la Ville sont parfaitement gérées. Nos marges financières préservées.

Nora Berrouckeche, adjointe municipale aux finances

Pour revenir à 2020 justement, la tendance au désendettement (- 73 M€ sur le mandat 2014-2020) s’est malgré tout poursuivie. Avec moins 9,8 M€ d’encours de dette. Les résultats montrent, eux, une hausse de l’épargne nette. Et les investissements sont en nette progression. Avec 54 M€ consacrés aux travaux. Dont 39,6 pour de nouveaux, le reste étant affecté à la « conservation ». Ce qui fait dire à Nora Berrouckeche : « Les finances de la Ville sont parfaitement gérées. Nos marges financières préservées. Tout en apportant aux Stéphanois un service de haute qualité. Ce, alors que les couts sociétaux et financiers à venir sont inconnus à ce jour. »

Chaque Stéphanois doit désormais 1 500 €

Dans le détail, en fonctionnement, les recettes s’élèvent à 295,78 M€ pour 259,99 M€ de dépenses. Ce qui donne un résultat de clôture de + 35,79 M€. En investissement, les dépenses totalisent 92,47 M€, les recettes 91,2 M€. Soit un solde d’investissement de – 1,27 M€. En prenant en compte les restes à réaliser, l’excédent global de clôture est donc de + 34,06 M€.

Les dépenses réelles de fonctionnement s’élèvent à 237,58 (à 63 % dans la masse salariale). Celles d’investissement à 82,27 M€. Parallèlement les recettes réelles – fonctionnement et investissement – s’élèvent à 315,21 M€. L’épargne brute progresse de 6 % et atteint 32,6 M€. Celle nette est à 11,8 M€, soit + 27,47 %. Enfin, le dette nette du budget principal de la Ville, débarrassée de son dernier emprunt toxique, est passée de 272,9 M€ fin 2019 à 263,1 M€ fin 2020. Son montant par habitant est désormais de 1 500 €. Le recours à l’emprunt a été de 9,2 M€ l’an passé.

« Ce budget manque d’ambition, de dynamique vis-à-vis de la crise »

François Boyer, élu d’opposition du groupe Saint-Etienne Demain.

Le groupe d’opposition Saint-Etienne Demain a réagi par le biais de François Boyer. Augmentation des recettes de DGF (liée aux évolutions de la péréquation de solidarité favorable), croissance des bases fiscales, compensations de la Métropole, augmentation de l’épargne nette : l’élu a listé les recettes en hausse relevées dans les comptes administratifs. Avant de les comparer avec les taux d’exécution des budgets d’investissement jugés « relativement faibles » : « 83 % pour les affaires culturelles. 83 % pour l’éducation et la petite enfance. 77 % pour le sport, la jeunesse et la vie associative. 78 % pour le social ou encore 76 % pour le renouvellement urbain… »

Il aurait été bon d’engager la totalité des sommes budgétées au regard du contexte

François Boyer, groupe Saint-Etienne Demain

Aux yeux de François Boyer, il aurait été « bon d’engager la totalité des sommes budgétées au regard du contexte. Une véritable évaluation des politiques publiques aurait pu vous alerter à ce sujet. En regardant ces comptes administratifs, nous regrettons que le budget ne vienne pas assez au secours des secteurs subissant la crise. Il manque d’ambition, de dynamique. C’est pourquoi notre groupe Saint-Etienne demain votera contre. »

*Suspendue actuellement, cette mesure impose un maximum d’augmentation d’1,25 % par an des dépenses de fonctionnement, inflation comprise.

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