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mercredi 30 novembre 2022
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Tatiana Dumas-Rodica, la veine slovène

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Elle est l’une des trois derniers consuls présents à Saint-Etienne et sa région. Le Dr Tatiana Dumas-Rodica est, depuis 2001, consule honoraire de Slovénie, son pays natal. Nous avons discuté avec elle, de cette fonction à la lumière de son parcours.

Le Dr Tatiana Dumas-Rodica est une dernières consules dans la Loire

Elle a le regard qui pétille quand elle évoque les spécificités géographiques et culturelles de la Slovénie*, sa Slovénie, son pays natal. Le Dr Tatiana Dumas-Rodica est la seule consule honoraire en France de cet état au relief alpin, peuplé d’un peu plus de 2 millions d’âmes. Elle est devenue consule en 2001, soit trois ans avant l’entrée du pays dans l’Union Européenne. En ce début d’année 2022, son consulat fait partie des trois qui subsistent à Saint-Etienne et dans sa région, avec le consulat de Moldavie et l’antenne du consulat d’Algérie. Détentrice d’un doctorat en littérature américaine, Tatiana Dumas-Rodica est arrivée en France en 1967, pour des raisons amoureuses puisqu’elle suit alors son futur mari. Une fois en France, elle entame des études à l’université de La Sorbonne afin notamment d’apprendre la langue française, elle qui venait de se marier avec un industriel Couramiaud et obtenu par la même occasion la nationalité française. « Je me suis inscrite en langues à l’époque car je ne parlais pas français, explique-t-elle. J’ai vécu alors le tumulte de l’année 1968. Puis j’ai passé un doctorat en littérature américaine. »

De l’humanitaire au consulat

Les années passent, Tatiana Dumas-Rodica enseigne à l’université de Lyon, à l’emlyon ou encore à l’Ecole des Mines. Puis la Slovénie voit la guerre éclater en ex-Yougoslavie en 1991 et le pays devient indépendant. Mais la guerre s’étend aux autres pays alentours et Tatiana Dumas-Rodica ne veut pas rester les bras ballants face à cette situation. Avec le réseau qu’elle a pu se créer dans la Loire, elle lance alors des opérations humanitaires à destination de la zone balkanique. « Nous avons à l’époque envoyé 36 camions d’aides avec des donations d’entreprises ligériennes, qui nous fournissaient des invendus notamment. J’avais le privilège d’avoir leur confiance pour entreprendre ce type d’actions. » Via l’association « aides aux enfants victimes de la guerre en ex-Yougoslavie » créée pour structurer ce travail, la future consule œuvre pendant six ans en faveur des victimes de cette guerre qui a marqué les années 90.

Une fois la paix revenue, le ministère des Affaires étrangères de la république slovène propose à Tatiana Dumas-Rodica de devenir consule générale. « On m’a approchée pour devenir ambassadrice ou consule de Slovénie en France, annonce-t-elle. Nous étions un pays neuf, avec peu d’expérience dans la diplomatie et il fallait tisser un réseau, notamment avec la France. Mais je n’ai pas voulu devenir ni consule générale ni ambassadrice car j’avais ma vie ici, avec ma famille, dans la Loire. » Le consul général, à la différence du consul honoraire, est un diplomate de carrière. Il est rémunéré et change de pays selon les volontés de l’Etat qu’il représente.

Le consul honoraire possède une mission de gestion concernant les échanges scolaires et universitaires, les échanges culturels, économiques et touristiques mais également les jumelages

Malgré ce refus, la professeure représentera bel et bien les intérêts de la Slovénie, mais en tant que consule honoraire, une charge bénévole avec plusieurs missions qu’elle acceptera donc au début de la décennie 2000. « Le consul honoraire possède une mission de gestion concernant les échanges scolaires et universitaires, les échanges culturels, économiques et touristiques mais également les jumelages. » Parallèlement, il se doit d’apporter son aide aux ressortissants en cas de problèmes judiciaires, de santé ou administratifs.

Jumelages et partenariats

Au cours de son parcours de consule, Tatiana Dumas-Rodica n’aura de cesse de créer des ponts entre la France, et notamment la Loire, et la Slovénie. « Depuis 20 ans, nous avons pu mettre en place de nombreux projets comme des échanges, des voyages d’élus et des partenariats économiques et culturels ou bien quatre jumelages entre des villes de la Loire et des villes slovènes comme par exemple Firminy avec Murska Sobota. J’ai eu également la chance d’accueillir 55 stagiaires à mes côtés, détaille-t-elle. Malheureusement, aujourd’hui il ne reste que peu de consulats à Saint-Etienne et dans la Loire. La plupart sont installés à Lyon. »

Pendant quelques temps, un autre consulat de Slovénie avait vu le jour à Toulouse mais il n’a pas fait long feu. Car être consul honoraire est une charge – par exemple rendre des comptes sur les actions menées chaque année par un rapport d’activité – comme le rappelle l’ex-professeure, même s’il bénéfice d’une immunité diplomatique. Et la fonction a perdu de son prestige au fil du temps selon la docteure. « L’image du consul s’est dégradée au fil du temps, je le regrette » explique celle qui poursuit malgré tout son devoir et son action au bénéfice de ses deux pays de cœur.

La Slovénie en quelques données :

  • Actuellement, l’ambassade de Slovénie en France dénombre 700 ressortissants dans l’Hexagone
  • La Slovénie comptait en 2020 environ 2,1 millions d’habitants
  • Sa capitale est Ljubljana
  • Son président est Borut Pahor, élu depuis 2012
  • Le pays est membre de l’Union européenne depuis 2004 et l’euro est devenu la monnaie du pays en 2007

Pour plus d’infos sur ce pays, rendez-vous sur cette page

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