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Un homme dans un milieu de femmes, épisode 1

• 8 décembre 2020 • Esther Cicero
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Elles exercent des professions traditionnellement occupées par des hommes, ils exercent des professions traditionnellement occupées par des femmes… À leur manière, ils font bouger les lignes, et démontrent au quotidien que l’on peut faire aussi bien que son voisin, même si l’on est différent. À Saint-Étienne, Jean-Baptiste Gaune est le seul homme du département à avoir choisi le métier d’ animateur-responsable d’un relai d’assistante maternelle. Portrait.

Animateur-responsable d’un relai d’assistante maternelle, Jean-Baptiste Gaune est un homme dans un milieu de femmes © If Saint-Etienne

Dans son bureau de l’espace Boris Vian, on trouve des dossiers, un ordi, des stylos, des feuilles volantes… Mais aussi des jouets, des jeux, des peluches et des dessins. Après des études de musicologie et un début de carrière comme vendeur en magasin de musique, Jean-Baptiste a opéré un tournant dans sa vie professionnelle au début des années 2000. Inscrit dans une école lyonnaise, il devient éducateur de jeunes enfants. Après plus de 10 ans passés en crèche, il est aujourd’hui responsable du relai d’assistantes maternelles La Marelle, en plein centre-ville de Saint-Étienne.

Animation de temps collectifs avec les assistantes maternelles

Ici, il accueille au quotidien des familles stéphanoises, pour les renseigner quant aux différents modes de garde à destination des enfants. « Quatre fois par semaine, j’anime également des temps collectifs avec les assistantes maternelles du secteur. Elles viennent avec les enfants dont elles ont la charge. Cela leur permet de découvrir d’autres types d’activités. Mais aussi d’échanger entre elles. Elles rompent ainsi la solitude liée à leur métier, qu’elles exercent chez elles, sans collègue de travail », détaille l’animateur-responsable.

Face à un homme, les pères ont peut-être moins peur d’être jugés.

Ce poste, Jean-Baptiste l’a choisi par besoin de changement. Dans ses précédentes fonctions en crèche, ce dernier sentait en effet qu’il « plafonnait », prenant à sa charge de plus en plus de tâches administratives… Au détriment d’une présence sur le terrain, avec les enfants. Réaliste, il suppose également que le fait d’être l’un des seuls hommes dans un métier traditionnellement exercé par des femmes lui a peut-être ouvert quelques portes : « Un homme peut parfois être précieux, dans une équipe de travail, donc cela a peut-être joué en ma faveur sur des postes auxquels j’aspirais. Mais j’ai surtout le sentiment que cela permet aux choses d’avancer dans le bon sens. Peut-être que, face à un homme, les pères se sentent plus légitimes. Quand je travaillais en crèche, j’avais l’impression que ces derniers rentraient plus facilement dans les locaux. Ils et se confiaient davantage, sans peur d’être jugés. Ceci étant, la confiance entre les parties naît des preuves que l’on apporte de ses compétences. Peu importe que l’on soit un homme ou une femme. »

Homme dans un milieu de femmes : montrer patte blanche

Pour autant, à chaque nouveau poste occupé, Jean-Baptiste a néanmoins dû en passer par des regards inquisiteurs, voire, réprobateurs. Être un homme dans un milieu de femmes n’est pas toujours simple, surtout lorsqu’on travaille avec des enfants.

Par le passé, j’ai senti que certains considéraient que je n’étais pas à ma place.

« Aujourd’hui, je sens que les choses ont évolué un peu. Mais par le passé, j’ai souvent senti que l’on considérait que je n’étais peut-être pas à ma place. D’une certaine manière, il a fallu montrer patte blanche. J’ai démarré ma formation il y a plus de 15 ans, à une époque où les affaires pédo-criminelles secouaient l’actualité. Notre métier, c’est du caring. Les enfants ont besoin d’être portés, changés, on est en contact direct avec eux, le tactile est inévitable. J’ai toujours pris soin de laisser la porte ouverte, de ne jamais m’enfermer avec eux. Pour ne pas laisser la possibilité à qui que ce soit d’avoir quelconque doute sur mes intentions. Je le comprends, c’est normal. Mais c’est vrai, dans mon métier, j’ai eu le sentiment d’avoir davantage à prouver que mes collègues féminines ».

Dossier « Une femme dans un milieu d’hommes / Un homme dans un milieu de femmes « 
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