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Une femme dans un milieu d’hommes, épisode 3

• 9 février 2021 • Esther Cicero
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L'an dernier, aux World Skills, Laura a terminé 2e sur 14 avec sa réalisation.

Elles exercent des professions traditionnellement occupées par des hommes, ils exercent des professions traditionnellement occupées par des femmes… À leur manière, ils font bouger les lignes, et démontrent au quotidien que l’on peut faire aussi bien que son voisin, même si l’on est différent. À Saint-Étienne, Laura Balboa, apprentie peintre, est plus que jamais de celles-là. Portrait.

Elle a 20 ans, une gueule d’ange, et un nom de battante… Voire, de gagnante. Après un bac S passé et obtenu pour ne pas se fermer de portes, Laura Balboa a fait un choix d’orientation tranché… Pour ne pas dire surprenant. Elle qui a toujours aimé les activités manuelles, elle qui, plus jeune, avait aimé donner un coup de main à son père lors de la rénovation de leur maison, et elle qui, surtout, commençait à en avoir un peu marre, de rester assise sur une chaise toute la journée pour suivre des cours, passe désormais ses semaines pinceaux et rouleaux à la main.

Femme dans un milieu d’hommes : faire sa place

Après un CAP peinture à la Maison Familiale et Rurale de Saint-Symphorien-sur-Coise – obtenu avec 17,5 de moyenne et la certitude d’avoir trouvé sa voie -, Laura suit actuellement une 2e année de BP peinture, à Saint-Étienne, en alternance. Une formation et un stage en entreprise dans lesquels elle a aujourd’hui réussi à faire sa place comme n’importe quel apprenti… Même si cela n’a pas toujours été simple, malgré son investissement, ses qualités, et ses bons résultats :

« Ça a été compliqué dès le début. Lors de mes premières recherches d’entreprise, pour l’année de mon CAP, le tout premier patron qui m’a reçue m’a fait comprendre qu’il ne voulait pas de fille. Je ne sais d’ailleurs même pas pourquoi il m’avait fait venir… Mais même s’il reste encore beaucoup d’hommes pour qui peintre ne serait pas un métier pour les femmes, il y a quand même des gens plus ouverts. La preuve, mon patron actuel m‘a prise tout de suite. »

Ça a été compliqué dès le début

Laura Balboa

Faire ses preuves pour être acceptée

Consciente du fait qu’elle aurait à faire doubles preuves pour se faire accepter, la jeune femme retrousse ainsi ses manches chaque matin,  depuis près de deux ans et demi. « En entreprise, il y a des hommes avec qui les choses se passent très bien. Par exemple, mon maître d’apprentissage n’a jamais été fermé. Il m’a laissé découvrir le métier petit à petit, et les choses se sont faîtes assez naturellement. Avec d’autres… Ce n’est pas encore gagné. Les poignées de mains qui te cassent presque les doigts ou les gars qui te laissent face à des grandes plaques de placo super lourdes sans t’aider, juste pour te faire comprendre que tu es plus faible physiquement… Je connais ! Mais cela ne m’empêche pas de pouvoir être efficace à 100% dans les tâches que l’on me confie. Et c’est comme ça, que j’ai réussi à me faire accepter ».

En entreprise, il y a des hommes avec qui les choses se passent très bien. […] Avec d’autres… Ce n’est pas encore gagné.

Drague lourde et regards déplacés

Reste qu’aujourd’hui, en tant que femme dans un milieu d’hommes, Laura a aussi affaire aux remarques désobligeantes, aux regards déplacés et à la drague lourde. « Ça arrive généralement sur les gros chantiers, qui brassent plusieurs corps de métiers. Heureusement, je ne fais que rarement ce genre de chantiers. Je ne me sentirais pas capable de subir ça toute la journée ».

Pas une Balboa pour rien

Et, au rayon des réussites qui pourraient bien clouer définitivement le bec aux incrédules -ou disons le carrément, aux machos -, Laura a participé l’an dernier aux plus grandes olympiades des métiers au monde, les WorldSkills. « Pour se préparer, c’est 6 mois d’entraînement. C’est intensif. Les week-ends, le soir après le travail… Tu supprimes tous tes loisirs, et tu t’entraines. Je me suis surtout inscrite pour voir ce que c’était. En catégorie peintre, j’ai fini 2e sur 14. Ça a été une expérience super-enrichissante ».

Pour se préparer, c’est 6 mois d’entraînement. C’est intensif. Les week-ends, le soir après le travail… Tu supprimes tous tes loisirs, et tu t’entraines.

Mieux, même :  parmi les peintres qui participaient à ce concours l’an dernier… A la surprise générale, les trois premiers du classement étaient en réalité des premières… Preuve, sans doute, qu’une femme dans un milieu d’hommes peut s’en sortir tout aussi bien (voire mieux!) Et puis, aussi, que Laura n’est pas une Balboa pour rien.

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L'an dernier, aux World Skills, Laura a terminé 2e sur 14 avec sa réalisation.
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