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Une femme dans un milieu d’hommes, épisode 2

• 19 janvier 2021 • Esther Cicero
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Elles exercent des professions traditionnellement occupées par des hommes, ils exercent des professions traditionnellement occupées par des femmes… À leur manière, ils font bouger les lignes, et démontrent au quotidien que l’on peut faire aussi bien que son voisin, même si l’on est différent. À Saint-Étienne, Stéphanie Chirouze est l’une des seules femmes-pompiers gradées de la Loire. Portrait.

Lieutenante, adjointe au chef de la compagnie des pompiers de Pilat-Sud, Stéphanie Chirouze a tracé sa route dans un milieu d’hommes © If Média

Le talon bien ancré dans le sol à chaque pas posé à terre, les épaules hautes, le regard fixe : à 42 ans, Stéphanie Chirouze donne immédiatement le sentiment de savoir où elle va. Sans doute l’a-t-elle toujours su, d’ailleurs. Issue d’une famille de pompiers, elle rentre dans le rang en 1999, après quelques semaines passées comme brancardière au sein d’un service d’urgence, à l’occasion d’un job d’été. Elle qui suit des études littéraires abandonne alors son parcours, pour préparer le concours de sapeur-pompier, qu’elle obtient en 2001, « rattrapée par le milieu ».

Une femme-pompier aujourd’hui gradée

20 ans plus tard, Stéphanie a mené sa barque. De caserne en caserne, de fonction en fonction, la « femme-pompier » (c’est ainsi qu’elle féminise le nom de son métier) est parvenue à conjuguer profession prenante et vie familiale, jusqu’à devenir adjointe au chef de la compagnie des pompiers Pilat sud, et cheffe de groupe des missions opérationnelles. D’abord femme dans un milieu traditionnellement très masculin, puis première femme pompier de la Loire à devenir cheffe d’agrès engins sur des missions d’incendie, elle est aujourd’hui une femme-pompier gradée, qui a sous ses ordres de nombreux hommes.

Être une nana, c’est le postulat de départ. Il ne faut pas jouer les bonhommes.

Stéphanie Chirouze, lieutenante et adjointe au chef de la compagnie Pilat-Sud.

Une position qui ne la fait que peu sourcilier, tant son ascension s’est faite naturellement, aussi bien pour elle, que pour ses collègues. « Le fait d’être une nana, c’est le postulat de départ. Pour s’en sortir, il ne faut surtout pas jouer les bonhommes. On restera quoi qu’il en soit en faiblesse sur certains points, et il faut l’assumer. En échange, on a aussi des points forts. Au bout du compte, tu as gagné quand tu as montré que tu étais capable d’être pro en intervention. Parce qu’à ce moment-là, on va te faire confiance. Mais c’est aussi le cas pour les mecs », explique-t-elle.

En 20 ans, le milieu des sapeurs-pompiers a évolué

En 20 ans, néanmoins, Stéphanie a vu les choses évoluer. Vestiaires dédiés, chambres non-mixtes… Dans le monde des sapeurs-pompiers, les femmes font finalement leur place, petit à petit, suscitant même des vocations chez les jeunes filles. Recrutée en 2020 par le SDIS 42 après avoir obtenu le concours de caporal, Océane, aujourd’hui affectée dans la même caserne que Stéphanie, a par exemple intégré les jeunes sapeurs-pompiers à l’âge de 13 ans, après les avoir vus défiler à l’occasion d’un 14 juillet. Et, de ce qu’elle explique de son parcours, jamais, la jeune femme-pompier ne s’est jusqu’ici sentie rejetée ou discriminée du fait de son sexe.

Il y a encore des hommes qui ont du mal à accepter qu’il puisse y avoir des femmes-pompiers.

« Forcément, il existe des hommes qui ont davantage de mal à accepter, notamment lorsqu’on doit les diriger, poursuit Stéphanie. Pour autant, la fonction exige le respect. Il faut bien sûr avoir conscience de sa position de femme. Mais il n’est pas question de faire la révolution. Lorsque j’ai démarré, il y avait 15 bonhommes autour de moi… Et ce sont aussi eux, qui m’ont fait grandir. À la fin, si l’on est crédible, alors le fait que l’on soit un homme ou une femme importe peu. Et puis, en voyant Océane, je me dis que j’ai peut-être contribué à ouvrir des portes. Que les miettes que l’on peut glaner peuvent sans doute servir aux suivantes ».

Dossier « Une femme dans un milieu d’hommes / Un homme dans un milieu de femmes « 

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