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Visite d’Emmanuel Macron : ce qu’en ont pensé les élus

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Le chef de l’État était en déplacement pour la première fois dans la Loire ce lundi, dans le cadre du plan France 2030 et du programme Action cœur de ville. Les élus présents lors des visites de la société Siléane et de la friche Gégé, ont trouvé Emmanuel Macron à l’écoute des projets locaux.

Le président de la République et Gaël Perdriau ont pu échanger pendant 45 minutes. ©Pool photo.

« Il est toujours bien qu’un président se déplace sur notre territoire. C’était un président à l’écoute des projets locaux, dans la diversité des élus que nous étions », a expliqué Cécile Cukierman, sénatrice communiste de la Loire. Lors de la visite d’Emmanuel Macron dans la Loire, lundi 25 octobre, certains élus ont pu échanger avec le président de la république et l’interpeller sur des sujets locaux. Ce fut notamment le cas de Gaël Perdriau, lors d’un échange que le maire a qualifié de « franc, direct, et ouvert », et qui aura finalement duré 45 minutes au lieu des 10 initialement prévues.

Un président qui connaît ses dossiers

Durant ce temps d’échange, le maire de Saint-Étienne a donné au président sa vision sur des sujets locaux tels que les déplacements, les infrastructures (A45, desserte ferroviaire) ou encore l’enseignement supérieur, mais aussi nationaux, comme la politique sociale menée par le gouvernement. « Je comprends parfaitement la nécessité de devoir moderniser la France, mais je crains que la politique poursuivie, depuis 2007, et amplifiée sous ce mandat, n’aboutisse qu’à la simple adaptation de la France aux canons d’une mondialisation portée par un néolibéralisme dévastateur socialement » a précisé l’édile stéphanois.

Christophe Bazile, maire de Montbrison, a profité d’un café partagé avec le chef de l’État pour l’interpeller sur des problématiques locales. « Nous avons eu un temps d’échange très sympathique. Après que nous ayons abordé ces sujets, nous lui avons transmis une lettre afin de les récapituler. Nous lui avons fait part de notre inquiétude concernant le Nutriscore qui pénalise les AOP comme la fourme avec un E, tandis que le Coca Zéro a une note de C. Il a reconnu qu’il y avait un vrai sujet, et qu’il devait se pencher dessus ». Christophe Bazile lui a également fait des propositions pour pallier au manque de personnel du centre hospitalier en suggérant notamment que les jeunes diplômés en médecine doivent un certain nombre d’années à l’hôpital public. « C’est quelqu’un qui connaît précisément ses dossiers, qui est à l’écoute », a-t-il estimé.

« C’est quelqu’un qui connaît précisément ses dossiers, qui est à l’écoute. »

Christophe Bazile, maire de Montbrison.

« Il n’est pas venu en coup de vent »

Bien qu’elle n’ait pu bénéficier d’un temps d’échange avec Emmanuel Macron, Cécile Cukierman a jugé qu’il était important de montrer ces projets concernant la friche Gégé, de prendre conscience des enjeux, notamment autour du logement et de sa mixité. « On a besoin d’une stratégie industrielle, de conditionnement des aides pour permettre le retour de ces emplois. Ce déplacement permet de faire prendre conscience que nous ne sommes pas qu’un département avec des difficultés. Nous avons, de par notre passé, des sites à transformer. L’Action cœur de ville permet un accompagnement en ingénierie, au niveau du financement. Je pense que c’est une bonne chose, les lignes bougent ».

Un sentiment partagé par le député marcheur de la Loire Jean-Michel Mis, qui a salué la volonté de se réapproprier les territoires grâce à l’Action cœur de ville, dans un département particulièrement impacté par l’arrêt de l’industrie lourde. « Le président de la république n’est pas venu pour faire du tourisme. Les gens ne s’attendaient pas à ce qu’il reste aussi longtemps avec la foule à Montbrison, cela témoigne d’une capacité à être directement au contact des Français. Les gens m’ont dit ‘au moins, il n’est pas venu en coup de vent’ ». Le député a également témoigné du sentiment de fierté des salariés de Siléane, de pouvoir montrer l’évolution des métiers de l’industrie.

Offrir une fourme au président fut l’occasion d’évoquer la problématique du Nutriscore pour les AOP. ©Pool photo.

Un travail colossal pour les équipes

Quant à savoir dans quel rôle était le chef de l’État lors de sa visite, les élus ne se prononcent pas. « Si vous n’allez pas voir la foule, vous êtes un président qui n’est pas proche des Français, si vous le faites, vous êtes un candidat en campagne », reconnaît Cécile Cukierman. Un bain de foule qui a duré près de trois heures à Montbrison, et qui a été salué par le maire de la commune, non sans émotion. « L’accueil fait par les habitants a été très chaleureux. Je suis fier de voir comment les citoyens se sont comportés, cela s’est fait dans le respect. Nous avons réalisé un vrai travail d’équipe avec l’équipe technique, l’agglomération, le bureau du président de la République, le sous-préfet… C’est un travail colossal qui a été fait et tout le monde en est fier et honoré, quelles que soient ses idées politiques ».

Le président s’est évidemment vu offrir une fourme de Montbrison, ainsi que la médaille de la ville, un couteau ainsi qu’une broche pour son épouse, réalisés par les grenadières ligériennes, le tout enveloppé dans un sac du plus beau marché de France. Il a d’ailleurs été question que les commandes nationales se retournent vers les grenadières françaises, qui réalisent notamment les broderies des tricornes des préfets, afin de préserver ce savoir-faire en voie de disparition.

Vers une relation plus apaisée avec Gaël Perdriau ?

Dans sa réaction à la visite d’Emmanuel Macron, Gaël Perdriau a quant à lui estimé qu’il était « temps que soient abordés les vrais problèmes économiques et sociaux de la France loin des délires identitaires de certains. Nous ne pouvons plus en faire l’économie au risque de voir notre pays sombrer, victime de débats ayant divisé la Nation. Il est temps de réconcilier les Français entre eux.» À commencer par le maire et le président ? C’est ce qu’espère Jean-Michel Mis. « Il ne peut pas être toujours dans l’agressivité envers Emmanuel Macron. On avait l’impression qu’il en faisait une affaire personnelle. Il nous a habitués à des critiques virulentes, mais j’ai vu qu’il n’avait jamais autant posté de photos avec lui sur Facebook, presque comme une groupie. Je salue cette évolution, il faut retrouver des relations avec du dialogue, œuvrer dans l’intérêt général. Quand on est élu, on représente une collectivité et l’intérêt général ».

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