Saint-Étienne
dimanche 25 septembre 2022
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Dans la Loire, le Parti socialiste s’affiche à gauche toute

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La rentrée du PS Loire vendredi dernier, que nous avons évoquée dans un premier article à travers la situation de Pierrick Courbon, s’est déroulée en présence de son secrétaire national, Olivier Faure. L’occasion de s’afficher en composante se voulant majeure, résolue et en phase au sein de la Nupes. Analyses, constats et orientation des propositions : les socialistes se disent et s’assument (très) à gauche…  

Elliot Roig des Jeunes socialistes, Johann Cesa, premier secrétaire fédéral loire et conseiller régional, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, Isabelle Dumestre, présidente du groupe Saint-Étienne Demain et Jean-Claude Tissot, sénateur de la Loire. ©If Média/Xavier Alix

Bien qu’il n’ait pas été invité pour ça, il en a été question, bien sûr. La prise de parole d’Isabelle Dumestre, présidente du groupe d’opposition municipal Saint-Etienne Demain au nom du PS local pour sa rentrée médiatique et celle de son invité de marque, Olivier Faure, secrétaire général national du parti au sujet de l’affaire révélée le 26 août par Mediapart étaient inévitables. Les propos auraient été sans doute encore plus véhéments en ayant connaissance de la nouvelle salve sonore envoyée lundi, par le site d’investigation. Réitérant les demandes et la position de son groupe que nous avons déjà relayées, Isabelle Dumestre insistait sur l’image de Saint-Etienne et de la politique, toutes deux gravement salies alors que « l’on se bat au quotidien contre la logique du « tous pourris » ». Olivier Faure, lui aussi, s’alarmait des dégâts sur la réputation de la ville et de la politique à propos d’un scandale sur des « méthodes de régimes autocratiques ».

L’occasion de citer le fameux adage attribué à Pierre Mauroy : « Quand les dégoutés s’en vont, il ne reste plus que les dégoûtants ». Les dégoutés du PS, eux, sont-ils moins nombreux ? Interrogé par If Saint-Etienne sur les effectifs actuels, Johann Cesa, secrétaire fédéral départemental, note un redressement significatif à ce niveau : « Nous sommes à 500 adhérents environ quand nous étions, dans le creux de la vague, à 300. La meilleure année du PS dans la Loire, c’est 2008 et 1 500 adhérents. Les Jeunes socialistes (présents vendredi, Ndlr) ont été recréés dans la Loire. En fait, depuis notre adhésion à la Nupes, ça va mieux. » Les relations avec LFI et plus largement la Nupes ? Au moins dans les formes, voire sur le fond, l’accord semble tenir localement et nationalement pour le PS. Comme en témoigne ce tract autour de la proposition d’une taxe sur les superprofits soumise à un référendum d’initiative partagé*, entre autres, posé sur les sièges qui attendaient les invités à cette rentrée du PS Loire.

« La garantie que la Nupes vivra »

Sur la feuille, en pied de page, la photo souriante et la déclaration d’approbation bienveillante de Jean-Luc Mélenchon datée du 28 août qui voit dans l’idée « la garantie que la Nupes vivra ». Avec cette argumentation chiffrée du PS, qui ne reflète « ni haine », « ni jalousie », mais un constat édifiant : « + 3,5 % pour les fonctionnaires, ça coûte 7 Md€ quand en 2021, le Cac 40 fait des bénéficies record de 174 Md€. Le dernier record date de 2007 avec 100 Md€ » ; « en un an, les dividendes aux actionnaires ont progressé de 33 % » ; « les salaires des patrons du CAC 40 ont doublé au cours de la même période » et « on demande aux plus démunis de se serrer la ceinture ! ». Bref, « la contribution des Français au budget de l’Etat ne cesse d’augmenter, celle des grandes entreprises ne cessent de baisser ».

Le ruissèlement et le retour sur investissements ne sont que leurres aux yeux d’Olivier Faure et du PS : « Le Cac 40 a détruit 60 000 emplois en un an, alors que le budget de l’Etat les a aidés à tenir ! », rappelle le second, estimant le décalage abyssal entre profits et les investissements ainsi que la réalité de l’impôt en France pour, par exemple, des CMA CGM, Total ou autres Sanofi. Faisant un mea culpa sur les « fortes déceptions » causées par la période Hollande, reconnaissant une légitime nécessitée de remise en cause, sans pour autant tirer à boulets rouges sur l’ancien Président, Olivier Faure, a évidemment donné aux Ligériens un accent très social à son intervention.

« Un pouvoir au logiciel néolibéral, la cause du mal »

L’inflation galopante est minimisée, dit-il, par un gouvernement oubliant de préciser à propos d’une moyenne inférieure aux voisins européens que le poste alimentaire touchant effectivement les moins riches est, lui, à + 12 %, et qu’ailleurs, des augmentations de salaire suivraient, au moins en partie. Aux crises climatiques et internationale s’articulent celle sociale et même « démocratique de la part d’un pouvoir au logiciel néolibéral qui en étant la cause du mal n’en peut être le remède ». Quelques minutes avant lui, le sénateur PS ligérien Jean-Claude Tissot avait, à propos des superprofits fait part du « coup de main » que son groupe apportait à Bruno Le Maire pour lui faire comprendre la notion… Le parlementaire a étayé les principaux dossiers portés par son parti au sein de « l’autre » assemblée. Le 1,5 Md€ proposé aux collectivités pour leur transition énergétique ? « Insuffisant et 600 M€ en réalité déjà fléchés, aucune indication d’organisation ».

Le Conseil national de la refondation ? « Idem : absence de modalités. Alors que les outils de débat démocratique existent déjà au Parlement. » La réforme de l’Assurance chômage ? « Une stigmatisation d’orientation ultralibérale. » La loi de programmation du ministère de l’Intérieur « ? Un recrutement louable mais pour « quelle répartition ? » Sans compter le risque d’une gestion trop centralisée et dangereusement « politisée ». Et le texte sur la fin de vie ? « On ne s’oppose pas pour s’opposer mais pour un travail constructif. Là, nous serons dans l’opposition de l’opposition (le Sénat est dominé par les LR et l’Union centriste, Ndlr). » Bref, très offensif, écartant, ici, les sujets qui pourraient l’opposer à ses alliés, le PS espère enfin voir le navire remis à flot. Et à gauche toute.  

*10 % du corps électoral serait sollicité.

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