Saint-Étienne
jeudi 29 septembre 2022
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« Gaël Perdriau savait » : Mediapart sort des enregistrements sonores

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« Depuis les révélations sur le chantage à la vie intime dont a été victime Gilles Artigues, adjoint de Saint-Étienne, le maire Gaël Perdriau répète qu’il n’était pas au courant de l’opération. Des enregistrements, que diffuse Mediapart, mettent à mal cette version », vient lui-même d’annoncer le site d’investigation. Des enregistrements auxquels les abonnés de Mediapart ont déjà accès sur cette page.

Mediapart avait annoncé qu’il allait diffuser de nouveaux éléments liés à son enquête révélée le 26 août sur le chantage à la vidéo intime dont a été victime Gilles Artigues. Il y en aura peut-être des nouveaux ce soir, à 19 h. Mais depuis ce début d’après-midi, les abonnés de Mediapart ont déjà accès à des extraits de conversations sonores qui montreraient que « contrairement à ce que Gaël Perdriau a pu déclarer aux stéphanoises et stéphanois, celui-ci connaissait bien l’existence du piège tendu à Gilles Artigues », relève le site d’investigation.

Des échanges enregistrés apparemment par Gilles Rossary-Lenglet, l’un des deux acteurs du piège tendu à Gilles Artigues avec Samy-Kéfi Jérôme, adjoint à l’éducation officiellement toujours en place malgré l’affaire et sa présence avérée sur des captures d’écran de la vidéo, entre le directeur de cabinet du maire Pierre Gauttieri qui auraient eu lieu le 12 avril puis les 22 avril dernier avec Gaël Perdriau. « Les captations sonores dont Mediapart a pris connaissance ont été réalisées au cours de deux rendez-vous professionnels, organisés en mairie de Saint-Étienne, avec Gilles Rossary-Lenglet en avril 2022, près de huit ans après le piège tendu à l’adjoint et le début du chantage politique »

« Le coup d’Artigues, vous étiez deux quoi … »

Un mois plus tôt, le 23 mars 2022, selon Mediapart, Gilles Rossary-Lenglet aurait interpellé « le maire Gaël Perdriau, en marge d’une représentation au centre national dramatique de La Comédie, en lui expliquant qu’il rencontrait des difficultés tant personnelles — une relation houleuse avec son ex, Samy Kéfi-Jérôme (…) ; des problèmes de santé — que professionnelles. Et que, lâché de toutes parts, il pourrait un jour faire fuiter le « dossier » concernant Gilles Artigues… »

La rencontre avec Pierre Gauttieri aurait eu pour objet d’obtenir un emploi rémunéré 2 500 nets selon Mediapart. Insuffisant à ses yeux. Raison pour laquelle Gaël Perdriau aurait décidé de le recevoir à son tour, dans son bureau de maire, le 22 avril. Lors de cet entretien, selon les bandes sonores que nous avons pu écouter, Gaël Perdriau lance : « Oui mais il y a des choses que vous avez peut-être fait ensemble. Par exemple, le coup d’Artigues, vous étiez deux quoi … » Réponse de Gilles Rossary-Lenglet : « Ouais, et si ça, ça sort il est difficile pour moi d’être dans le groupe… (rires) Pardon, excuse-moi, je suis en train de penser… j’imagine la tête de Gilles ! » Toujours dans cet enregistrement, le maire lance plus tard : « Même s’il y est pour rien, il est mort. »

« Le fiasco du barbouzage de Gilles Artigues »

Notons cependant que le mot « vidéo » n’est pas prononcé dans ces échanges sonores et qu’il reste à démontrer que l’allusion concernait bien ce même chantage pour lequel Gilles Artigues a porté plainte. Reste que cet enregistrement n’est – indéniablement – pas en faveur de la défense du maire, quelque soit sa valeur juridique. Il ne permet pas non plus de dire que le maire a commandité quoi que ce soit. Notre rédaction a contacté le cabinet d’avocats engagé par Gaël Perdriau qui a promis, lui aussi, des éléments innocentant son client. Sans résultat à cette heure ci. Le maire assure qu’il ne connaissait pas l’existence de la vidéo.

Le 12 avril, Gilles Rossary-Lenglet aurait évoqué un aspect précis de « l’opération Artigues », assure Mediapart : « lorsqu’il a filmé à son insu l’adjoint dans une chambre d’hôtel, Samy Kéfi-Jérôme n’a pas pu filmer l’ensemble de la soirée, puisque la caméra s’est arrêtée, faute de batterie », dit le site. Dans un extrait sonore de sa conversation avec Pierre Gauttieri, Gilles Rossary-Lenglet parle du « fiasco du barbouzage de Gilles Artigues.Samy n’était pas en odeur de sainteté et pour se sauver le cul, il a dû bien me charger. Gaël m’a dit « oui ». Je lui ai dit : « écoute Samy tu fais une lettre, je lui ai dit quoi mettre dedans et tu l’as fait signer à Artigues. » Déduction de Mediapart : il s’agissait alors d’empêcher Gilles Artigues de se présenter aux législatives 2017… Mais Samy Kéfi-Jérôme lui aurait laissé un délais de deux-trois jours permettant à Gilles Artigues d’aller voir déjà à l’époque un avocat et de ne pas céder… Il s’était d’ailleurs présenté pour son parti l’UDI en tant qu’allié des LR dans la 1ère circonscription de Saint-Etienne, arrivant 3e et donc éliminé au 1er tour.

Mediapart consacre, ce mardi 6 septembre à 19 h, une émission spéciale à cette affaire du chantage à la sextape, en révélant de nouveaux éléments.

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