Saint-Étienne
dimanche 25 septembre 2022
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Mediapart dévoile les coulisses de son enquête

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Après la publication de son enquête fracassante, Mediapart, dans sa « Lettre enquête » datée du 3 septembre, raconte les discussions déontologiques suscitées par l’enquête d’Antton Rouget. Au cœur des débats, l’impact de telles révélations sur Gilles Artigues et son entourage…

Mediapart

« Sex-tape de Saint-Etienne : aurait-on pu publier l’affaire sans l’accord de la victime ? », tel est le titre de la Lettre enquête rédigée par Michaël Hajdenberg, coresponsable du pôle enquête de Mediapart, datée du samedi 3 septembre. Il y explique que la publication de cette affaire extrêmement sensible a « donné lieu à des discussions déontologiques au sein de la rédaction », avant de faire le choix de publier l’enquête réalisée par Antton Rouget, le 26 août dernier. Depuis, le média s’est vu invectiver par certains lecteurs, dans le but de savoir si Gilles Artigues était d’accord pour que le journal fasse de telles révélations. « Nous n’avons pas voulu répondre immédiatement à ces questionnements car nous voulions laisser Gilles Artigues et son avocat donner publiquement leur appréciation des faits et de l’article, explique Antton Rouget. Ils ont été transparents et cela nous libère à présent, nous permet de détailler sereinement les coulisses de l’enquête, sans mettre personne en difficulté. »

Une enquête commencée en mars

Car cela fait près de six mois que le journaliste a eu vent d’un éventuel chantage exercé sur l’ancien 1er adjoint stéphanois. À l’époque, Michaël Hajdenberg indique que cela engendre un premier échange au sein de la rédaction, sur la question du consentement de la victime, si un article venait à être publié. Si le journaliste déclare à une source que rien ne sera publié sans l’accord de Gilles Artigues, il s’attelle dans un premier temps à vérifier ces dires et amasser des preuves en ce sens. Durant son enquête, il oscille entre l’importance, à ses yeux, de rendre ces informations publiques, et sa volonté de ne pas ignorer l’impact qu’elles pourront avoir sur celui qui se dit victime de ce chantage. C’est pourquoi, début juillet, il parvient à prendre contact avec Gilles Artigues, pour lui faire part des éléments dont il dispose.

Un journaliste tiraillé

Au départ, le dialogue est engagé mais s’interrompt soudainement. À tel point que le journaliste en vient à se demander si l’ancien adjoint, par peur de cette publication, n’a pas décidé de passer un accord avec ceux que l’article mettra en cause. Il continue à échanger avec les autres membres de la rédaction sur le sujet, qui se divisent alors en deux clans. Il y a ceux pour qui une telle enquête ne peut être passée sous silence, et ceux pour qui elle ne peut être publiée sans l’accord de Gilles Artigues. La rédaction envisage même de taire son nom, mais redoute que le chantage se poursuive et que des rumeurs nauséabondes ne naissent de cette décision. Puis, le journaliste envisage de ne pas mentionner que la personne avec qui l’élu a été piégé soit un homme.

Le choix de porter plainte

Après plusieurs échanges et sollicitations des mis en cause, le journaliste indique être finalement convaincu qu’il doit publier son enquête et relance Gilles Artigues avec de nouveaux éléments. Il affirme que deux jours plus tard, Me André Buffard, avocat de Gilles Artigues, lui faisait part de sa décision de tout révéler et de déposer une plainte. Par ailleurs, Antton Rouget précise également lui avoir laisser le temps d’avertir son entourage, avant la publication de l’article il y a maintenant dix jours.

Retrouvez l’ensemble de nos articles/brèves sur l’affaire de la vidéo intime sur cette page

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