Saint-Étienne
vendredi 24 mai 2024
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Pétition, casserolades vinaigrées et indemnités : une affaire de boomerang

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Après une pause médiatique toute relative, à la suite des mises en examens début avril, puis de la nouvelle vague de publications de Mediapart, comme un inévitable boomerang, l’affaire de chantage à la vidéo intime revient ces jours-ci sous les projecteurs à la faveur de ces trois initiatives.   

Le Comité Défaite remet le couvert

Ce mardi 30 mai, le conseil municipal stéphanois devrait à nouveau faire du bruit autour de l’affaire de chantage à la vidéo intime. Comme à chacune de ses séances depuis septembre, à la suite des premières publications de Mediapart, le Comité Défaite va investir les marches de l’Hôtel de ville pour maintenir la pression et réclamer encore, conforté par les publications d’avril, la démission de Gaël Perdriau, de ses soutiens et de sa majorité à grands coups d’humour pour des rires jaunes militants. Après le pot de départ initial, le vide-greniers, le karaoké associé à la « plus grande galette jamais réalisée contre Gaël Perdriau », il invite, à partir de 18 h, à participer au « plus grand concours de vinaigrette jamais réalisé contre un système politique ».

Le comité propose de l’associer à une « tradition récente », celle des casserolades avec l’objectif d’une « ambiance furieuse » visant « à empêcher ceux qui gouvernent illégitimement de continuer de s’organiser » : « Les Stéphanois.ses méritent au minimum un peu d’huile d’olive pour faire glisser les salades dégoûtantes que Perdriau et ses sbires nous racontent depuis dix ans maintenant ».

Métropole va voter une baisse d’indemnités de Gaël Perdriau

Autre séance mais autre ambiance : ce jeudi 25 mai, comme If vous en a parlé en février puis en mars, à la veille du dernier conseil métropolitain, ce dernier votera bien lors de sa nouvelle séance à Geoffroy-Guichard, une délibération de baisse d’indemnités de Gaël Perdriau en tant que président de l’intercommunalité. Une délibération dont la légalité a été vérifiée auprès d’un conseil juridique par l’exécutif métropolitain qui y songeait parallèlement et déposée par les conseillers communautaires d’opposition stéphanois issus du groupe municipal Saint-Étienne Demain.

Elle vise à baisser de moitié les 2 910 € bruts mensuels, 2 388 nets, touchés par le président pour cette fonction en raison de son « retrait total ». Moins 50 % car malgré ce « retrait », dépourvu d’encadrement légal, la responsabilité juridique des décisions métropolitaines reste pleine pour Gaël Perdriau. La demande d’inscription de cette délibération a été signée par 42 membres du Conseil métropolitain (il en fallait au moins 41). En séance, Isabelle Dumestre, présidente de Saint-Etienne Demain demandera à ce que la délibération soit votée à bulletin secret.

Une pétition adressée à Elisabeth Borne

Enfin, dimanche dernier, un collectif citoyen stéphanois, nommé « Charbonnie contre l’Homophobie » annonçait avoir lancé  « une démarche visant à interpeler le Conseil des Ministres pour demander la destitution du maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, en mettant notamment l’accent sur la dimension homophobe de l’affaire dont la municipalité de notre ville est le cadre depuis plusieurs mois ». Cette démarche s’articule autour d’une pétition en ligne, d’un courrier reprenant le même texte, destiné à Mme le Premier ministre et au Conseil des Ministres.

Des élus ligériens, des collectif (comme le Comité Défaite qui évoque d’ailleurs dans un communiqué une affaire parallèle au sein des services de la mairie qui n’aurait pas donné lieu à une plainte) ou associations – en particulier Triangle rose qui relaie cette pétition – ont déjà souligné à plusieurs reprises ce qu’elles désignent toutes comme « le caractère homophobe de l’affaire », des propos de Pierre Gauttieri, ex-directeur de cabinet, révélés en avril, issus de l’enquête, appuyant leur argumentaire. Peu de chances, si cette pétition (220 signatures à ce jour) arrive sur le bureau d’Elisabeth Borne – déjà interpellée plusieurs fois pour obtenir la destitution de Gaël Perdriau – qu’elle donne lieu à la décision espérée même si le gouvernement a ce pouvoir.

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