Saint-Étienne
lundi 15 août 2022
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Ilots de fraîcheur contre ilots de chaleur : « l’année une » commence à Saint-Etienne

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La Ville de Saint-Etienne a présenté de nouveaux dispositifs pour lutter contre les ilots de chaleur. Un véritable début, annonce-elle, avant l’extension de ces « ilots de fraîcheur » dans les années à venir après les initiatives tests plus modestes de 2021.

L’un des deux ilots en fonction au milieu de la minéralité criante de la place Chavanelle. ©If Média/Xavier Alix

Du bricolage et seulement quelques palmiers dans des pots. Voilà comment l’opposition écologiste résumait, après l’été 2021 en conseil municipal, les premières tentatives de la majorité de créer des ilots de fraîcheur désignés comme des « pis-aller » face à la nécessité, clame-t-elle, de végétaliser en masse. « Nous avons fait face à l’urgence à la sortie du Covid, expérimenté des choses et en avons retenu les leçons, se défend Charles Dallara, adjoint municipal chargé des parcs et jardins. C’était notre année 0. Il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent jamais. Maintenant, on a aussi eu de bons retours de la part des Stéphanois sur ces aménagements. » Et l’élu d’attaquer, à son tour, à l’heure de présenter les nouveaux dispositifs, ceux de « l’année une », le « dogmatisme » des verts.

« Planter massivement des arbres sur des grandes places trop minérales (et donc trop facilement chaleureuses dans le sens météorologique du terme, Ndlr), on aimerait bien. Sauf que ce n’est pas si simple. » Pourquoi ? « Parce que durant les grands travaux effectués dans les années 1990 puis 2000 par exemple, à Chavanelle sous Michel Thiollière ou à Jean-Jaurès sous Maurice Vincent, on en a profité pour refaire et enterrer des réseaux aériens systématiquement sous ces grandes zones minérales, sans même parler de la surface de grands parkings. Il y avait plus d’argent à l’époque de la part de l’Etat. Tout casser et refaire pour planter des arbres, ce serait extrêmement coûteux, sans même compter les autres conséquences, alors qu’on en a plus les moyens. »

Brumisateurs, corolles et arbustes

La municipalité a donc décidé de muscler ses dispositifs, qualifiés d’« éphémères » mais conçus cependant pour durer quelques temps. Les premiers ont été déployés. Ils sont amenés à être multipliés et reproduits les années qui viennent. Ce sont des brumisateurs déjà, qui ont été mis en service (ils le seront jusqu’au 15 septembre compris) dans plusieurs lieux de la ville sur des places et squares : places Villebœuf, Aristide-Briand à Terrenoire, Joseph-et-Jean-Bernard à La Terrasse et enfin square du Père-Marey au Soleil. Ils fonctionnent sur pression ou par intermittence automatique : une minute de diffusion puis une minute d’arrêt. Cela de 10 h à 21 h dès que la température atteint 25°.

Des brumisateurs ont aussi été installés dans différentes places et squares de la ville. ©If Média/Xavier Alix

A terme, les 80 parcs et squares de la ville devraient, peu à peu, être systématiquement équipés. Autour des Halles Mazerat, ce n’est pas du temporaire mais des « Corolles », mobiliers signés par l’entreprise Atech design (Maine-et-Loire) qui ont été positionnés : il s’agit là des structures permanentes sur lesquelles poussent des plantes grimpantes visant à végétaliser l’abord quelque peu minéral des Halles. Enfin, et surtout, place Chavanelle, la Ville vient de mettre un dispositif pilote beaucoup plus conséquent. Il s’agit de deux zones de 50 m2 et équipées de 16 bacs chacune, tout en bois, accueillant des hêtres, des érables, des cerisiers du Japon. Des espèces adaptées pour tenir le coup même si elles ne vivront pas des décennies dans ces conditions.

4 à 5° C de moins place Chavanelle  

« On peut s’assoir avec les bancs, flâner à l’intérieur de ces structures pour s’y rafraîchir aussi longtemps qu’on le souhaite. Lors des vagues de chaleur, la température y est 4 à 5° C moindres qu’à l’extérieur, assure Charles Dallara. Nous avons discuté avec les commerçants de Chavanelle qui constatent que les habitants commencent déjà à bien se l’approprier. » Et là aussi, chaque portail d’entrée – il y en a plusieurs par structure – est équipé d’un brumisateur fonctionnant dans les mêmes conditions que ceux décrits plus haut.

En dehors des périodes estivales et leurs fortes chaleurs, les bacs pourront être utilisés et déplacés ailleurs en ville, lors d’événements notamment, pour les égayer. L’investissement dans ces premiers dispositifs – environ 200 000 € pour l’ensemble – vise à intensifier les tests de ces solutions qui pourraient donc être reproduites et ainsi mailler toute la ville à plus long terme.

La « corolle » située devant l’entrée des Halles Mazerat
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