Saint-Étienne
dimanche 25 septembre 2022
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Ouvert depuis trois mois, le Cosem de Saint-Etienne promet de monter en puissance

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Elle avait été initialement annoncée pour 2021 par la Ville de Saint-Etienne, la municipalité ayant facilité son installation dans les anciennes galeries Dorian afin de répondre à la désertification médicale qui touche, comme bien d’autres, son territoire. L’ouverture du centre Cosem a finalement eu lieu en mai dernier. Il est encore loin, cependant, de compter 75 praticiens comme dit à l’automne 2020. Mais le recrutement va s’intensifier, assure la direction nationale…

Hall d’accueil du Cosem : les anciennes galeries Dorian sont méconnaissables. ©If Média/Xavier Alix

Il n’esquive pas. Contacté par If, le directeur national de l’association qu’est la Coordination des œuvres sociales et médicales (Cosem), Daniel Dimermanas ne nie pas les embuches qui ont retardé la concrétisation d’implantation d’un centre sur Saint-Etienne. Entre pandémie, difficultés imprévisibles d’approvisionnement en équipements ou encore en matériaux pour les entreprises ayant effectué les travaux de transformation des Galeries Dorian. Il y a enfin, et surtout, la problématique toujours croissante du recrutement de professionnels de santé. « Oui, elle s’accentue, à Saint-Etienne, comme ailleurs. Tout le pays, ou presque, est touché par cette pénurie. Et cela va continuer car il faudra au moins 20 ans pour voir l’effet de la fin du numerus clausus. »

En attendant, le modèle proposé par Cosem se présente, entre autres, comme une solution de lutte contre la désertification médicale. Des quartiers entiers de Saint-Etienne, comme La Cotonne par exemple, et donc des milliers d’habitants sont dépourvus, ne serait-ce que de la présence d’un généraliste près de chez eux. « Nous avons une équipe de 11 personnes entièrement consacrée au recrutement en France et à l’étranger, explique à If Saint-Etienne Daniel Dimermanas. Nous multiplions les partenariats internationaux ou non avec les facultés et les hôpitaux, et possédons notre propre formation, comme une école dentaire par exemple pour compléter celle de praticiens étrangers, les mettre aux standards français, sinon leur apprendre le français. »

Une trentaine de praticiens pour l’instant

Daniel Dimermanas insiste sur le fait que la raison d’être de Cosem, fondée à la sortie de la Seconde guerre mondiale « à la demande du général de Gaulle, il y a 77 ans », est l’accès à la santé, à des « soins de qualité » pour tous, quel que soit le revenu. « Nous ne dépendons pas d’un fonds d’investissement, d’actionnaires et tout ce que nous gagnons est réinvesti dans notre développement. » Cosem regroupe aujourd’hui 8 centres de santé implantés à Paris ou Ile-de-France, souvent spécialisés dans le dentaire, dans lesquels se rendent plus de 2 millions de patients par an (selon les chiffres indiqués par la Cosem sur son site Internet). Mais l’association en a aussi ouvert d’autres en dehors de la région parisienne : deux à Orléans, un à Caen et un autre à Marseille. A Saint-Etienne, les 5 200 m2 offerts par les ex galeries Dorian en plein centre-ville, vides depuis 2019 (sa locomotive, la Fnac en était partie dès 2017) dont 3 500 ont fait pour l’instant l’objet de travaux d’aménagement, devraient en faire le plus grand de son parc.

Nous allons répondre peu à peu aux besoins. Ce n’est qu’un démarrage.

Daniel Dimermanas , directeur national de Cosem

L’investissement (dont le montant n’est pas communiqué) sonne cependant encore un peu vide, côté humain puisque les effectifs n’ont pour l’instant pas atteint les 75 praticiens (dont 25 dentistes) comme dit initialement à l’annonce du projet en 2020. « A l’heure où je vous parle (lundi 4 septembre, Ndlr), 15 médecins – généraliste, ophtalmologues, rhumatologues, ORL, sage-femmes… – y travaillent à temps plein ou partiel », précise Daniel Dimermanas. S’y ajoutent 12 dentistes et cinq professionnels paramédicaux, comme des ostéopathes et des kinésithérapeutes. Enfin, pour les assister médicalement (infirmières, aides-soignantes) ou administrativement une vingtaine de personnes a été recrutée.

De nombreux recrutements toute le long de l’automne

Difficultés sur les travaux et le recrutement expliquent le retard pris sur la concrétisation du projet. ©If Média/Xavier Alix

Mais le Cosem de Saint-Etienne va continuer à monter en puissance, assure Daniel Dimermanas : « Nous allons répondre peu à peu aux besoins. Ce n’est qu’un démarrage. Le modèle peut attirer des professionnels de santé qui chez nous, adoptent le rythme qu’ils souhaitent. Et cela ne veut pas dire qu’ils gagnent forcément moins. Débarrassés, ici, des tâches administratives, c’est même parfois le contraire puisqu’ils peuvent se concentrer à 100 % sur leur métier. » A terme, sans pour autant donner de dates, c’est en tout cas un pôle un médical très complet que promet Cosem :

« Il bénéficiera de nos services nationaux, comme la livraison de prothèses dentaires que nous fabriquons à partir d’empreintes numériques prises localement. Il aura ses propres service de radiologie, de soins auditifs, ses opticiens et nous allons, enfin, nouer un partenariat avec une pharmacie pour l’installer dans nos murs. Les recrutements vont se poursuivre et s’intensifier jusqu’en décembre. A terme, une centaine de personnes travaillera ici. » Quant à la fréquentation, elle a été immédiate et est au rythme actuellement de 250 consultations par jour. « Ce qui n’est encore rien », commente le directeur de Cosem.

*Loi 1901 et donc « à but non lucratif » même si soumise aux impôts sur les sociétés.  

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