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dimanche 23 juin 2024
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Retraites : les productions hydroélectriques de Grangent et Villerest mises à l’arrêt

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Ce que l’on peut considérer comme « la phase 2 » du mouvement de lutte contre la réforme des retraites commence avec énergie et un jour d’avance… Dans la Loire, cela se traduit par l’arrêt à l’initiative d’employés d’EDF grévistes, dès cette fin d’après-midi et jusqu’à nouvel ordre, des productions hydroélectriques des barrages de Grangent et de Villerest.

Les grévistes – pas tous de la CGT – au barrage de Grangent. Photo transmise par la CGT.

Ils ont une journée d’avance par rapport à ce qui était prévu, du moins attendu ! « La France à l’arrêt », c’était normalement pour demain. Ce qui se passe depuis ce lundi après-midi dans la Loire n’est toutefois pas limité à une dimension locale, celle-ci est nationale, explique à If Saint-Etienne Aurélien Minot, représentant CGT Mines-Énergie :

« L’adoption de l’article 1 par le Sénat sur la suppression des régimes spéciaux ce week-end a été l’effet déclencheur pour les personnels d’EDF comme pour beaucoup d’autres. Bien d’autres piquets de grève ont commencé aujourd’hui avant même cette journée du 7 mars. Nous concernant, si le mouvement est à l’initiative de la CGT, il est largement soutenu par l’intersyndicale et suivi par l’ensemble des agents hors management, qu’ils soient de la CGT ou non. » Huit centrales nucléaires sur l’ensemble du pays ainsi qu’environ 30 sites de production d’hydroélectricité d’EDF comme ceux de la Loire seraient ainsi à l’arrêt (pour le nucléaire, il s’agit de la connexion au réseau) depuis cette fin d’après-midi selon le syndicaliste.

A l’arrêt jusqu’à nouvel ordre

Le barrage de Grangent lors d’une visite grand public estivale en 2021.

Dont les usines EDF des barrages de Grangent (à Saint-Just-Saint-Rambert) et Villerest (Roannais) où les puissance électriques installées sont à peu près équivalentes : 2 x 30 GW pour le premier, soit à peu près l’équivalent de la consommation de la vallée de l’Ondaine, un peu plus de 50 000 habitants, du moins quand les turbines sont pleinement actives. Cette production va alimenter le réseau global et a l’avantage de pouvoir être arrêtée ou redémarrée en quelques minutes. Les sites bloqués par les employés grévistes d’EDF comme celui de Grangent (deux équipes de 14 personnes) et de Villerest le sont donc jusqu’à nouvel ordre, avec des exceptions éventuelles, c’est-à-dire des reprises temporaires possibles en cas de force majeur sur une problématique de sécurité, précise la CGT.

Selon Aurélien Minot, EDF qui n’avait pas encore communiqué en fin d’après-midi à ce sujet à notre connaissance, a eu recours dès aujourd’hui à une importation massive d’électricité pour compenser. Alors, pas de coupure à attendre, pas encore. Jusqu’à quand ? Le service presse d’EDF, contacté dans la foulée de la CGT, pour confirmer les propos du syndicat était injoignable en cette fin d’après-midi malgré nos nombreuses tentatives. (Mise à jour mardi 7 mars, 10 h 15) Dans la soirée, celui-ci nous a recontactés depuis le siège national pour nous confirmer le mouvement et son ampleur nationale et l’importation d’électricité sans pour autant être en mesure de communiquer une liste localisée des structures à l’arrêt.

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