Saint-Étienne
dimanche 27 novembre 2022
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Le Tournoi de tennis féminin de Saint-Etienne va reprendre son court

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A ne pas confondre avec l’Engie Open d’Andrézieux-Bouthéon, le Tournoi international de tennis féminin de Saint-Etienne aura lieu du 14 au 20 novembre à la salle Omnisports du parc François-Mitterrand. Lancé en 2019, le rendez-vous est organisé par l’agence de relations publiques et d’événementiels, La Brune qui pétille. Elle avait malheureusement vu ses éditions 2020 puis 2021 éliminées par le Covid.

Des joueuses classées entre la 90e et la 150e place mondiales sont attendues (ici en 2019). ©Leo Sorlin, photo fournie par l’agence La Brune qui pétille.

Donner des noms ? Impossible à ce stade, trop tôt. La liste des joueuses inscrites au tournoi ne sera connue qu’une dizaine de jour avant le début du tournoi, soit vers le 4 novembre. Le tableau principal, rejoint par huit joueuses issues des qualifications (dont cinq participantes en seront par invitation, « wild cards »), comptera, sur 32 joueuses – dont 4 autres wild cards et, si besoin, jusqu’à 2 « special except » – 17 à 20 tenniswomen admises sur la base de leur classement international. En 2019, la tête de série de la première édition était classée tout de même 95e mondiale. « On peut donc raisonnablement espérer la présence de joueuses classées entre les 90e et 150e places. Ce qui devrait se faire : le tournoi est placé en fin de saison, après le classement de l’année est clos. C’est le moment de prendre des points », explique Didier Picard, président du comité de tennis de la Loire, la Fédération française de tennis (FFT) et sa Ligue Aura soutenant le tournoi organisé par l’agence La Brune qui pétille.

Entre la 90e et la 150e place, c’est, en général, le calibre des meilleures joueuses s’alignant sur un « 25 000 $ ». Hors du circuit WTA principal, des pros peuvent s’affronter, en effet, au sein des épreuves du circuit secondaire, l’ITF Women’s Circuit, organisé par l’ITF (Fédération internationale de tennis), dont les épreuves sont dotées de 15 000 à 100 000 $ en passant par des « 25 000 » comme à Saint-Etienne mais aussi des « 50 000 » et des « 60 000 » $. Mais en dehors des noms les plus prestigieux – on espère voir Léolia Jeanjean et revoir Elsa Jacquemot, éliminée au 2e tour à Saint-Etienne en 2019 avant de remporter Roland Garros junior au printemps suivant – la compétition attire jeunes et moins jeunes, à la lisière du monde pro. Elles sont aux trois quarts des étrangères. « Ça peut paraître étonnant, mais souvent par rapport à ce type de tournois, les Françaises préfèrent s’aguerrir à l’étranger que chez nous. La pression du public, sans doute », s’essaie à une explication Didier Picard.

Retransmis sur Twitch TV

Un match en double lors de l’édition 2019. ©Leo Sorlin, photo fournie par l’agence La Brune qui pétille.

C’est donc bien un open international – en simples et en doubles – auquel auront droit, du lundi 14 au dimanche 20 novembre, jour de la finale, les spectateurs de la salle Omnisports du parc François-Mitterrand, mise à disposition par la Ville de Saint-Etienne. La capacité d’accueil y est de 600 places accessibles gratuitement jusqu’au vendredi après-midi puis les billets seront à 5 € (cela restera gratuit pour les moins de 12 ans). Cette année, le tournoi sera aussi retransmis sur Twitch TV. La finale du double aura lieu le vendredi à 18 h, les demi-finales des simples le samedi après-midi avant une finale le lendemain après-midi. Comme en 2019, l’épreuve est donc soutenue par municipalité, pas mécontente d’avoir son open et dont les adjoints Brigitte Masson (sports) et Lionel Boucher (événements) étaient venus à sa présentation médiatique il y a une semaine. La Ville ne lui donne pas de subventions mais « l’équivalent de 30 000 € en prestations logistiques, mise à disposition et communication », nous précise le second.

Ce n’est pas la seule collectivité locale à croire à l’attrait et au bienfait du tournoi. Sur un « budget de dépenses qui totalise 120 000 € », nous répond Estelle Verney-Carron, à la tête de La Brune qui pétille, la Région dit contribuer à hauteur de 20 000 € (+ 5 000 € par rapport à 2019) et le Département de la Loire à hauteur de 8 500 € (+ 1 500 € par rapport à 2019). Plus de 60 % des ressources (en incluant l’apport technique et humain de la Ville aux dépenses et au soutien) sont donc issus des sponsors privés de l’agence de relations publiques et d’événementiels. La Région et le Département devraient, aussi, contribuer à amener des spectateurs en semaine en invitant lycées et collèges de la Loire à y envoyer des élèves, voire des classes entières si possible sur certaines journées. De même, avec la Ville de Saint-Etienne via un pass s’adressant aux structures d’éducation populaire, aux associations sportives et aux seniors.

Une conférence sur l’après haut niveau avec Cédric Heymans

Ana Bogdan l’avait remporté en 2019, après une finale non jouée, Océane Dodin, son adversaire ayant déclaré forfait sur blessure. ©Leo Sorlin, photo fournie par l’agence La Brune qui pétille.

Une incitation presque pédagogique, expliquent les collectivités, vis-à-vis, entre autres, de la promotion du sport féminin. Parmi les joueuses du monde entier attirées par ce type de tournoi, beaucoup doivent, en effet, se montrer plus que tenaces pour arriver à vivre de leur passion. C’est le cas, aussi, de beaucoup d’hommes mais « c’est déjà difficile dès la 50e-60e places pour les femmes alors que c’est le cas, disons vers la 100e pour les hommes », compare Didier Picard. « Il est important de donner plus de visibilité au sport féminin mais ce tournoi n’est pas pour autant une œuvre féministe », avertit cependant Estelle Verney-Carron, acharnée elle aussi, à garder le sourire et ne pas lâcher pour se remettre des annulations des éditions 2020 et 2021 victimes du Covid. D’ailleurs, « le (grand) petit plus de la semaine » sera une conférence consacrée à un thème qui n’a pas de sexe : « Le sport de haut niveau et après ? » vendredi 18 novembre à 20 h. 

Il est important de donner plus de visibilité au sport féminin mais ce tournoi n’est pas pour autant une œuvre féministe.

Estelle Verney-Carron

En partenariat avec la Caisse d’épargne, le court central sera ainsi transformé en plateau interactif avec des intervenants de marque comme les ex internationaux français de rugby Cédric Heymans et Marie-Alice Yahé ou encore des « footballeurs ». Reste qu’à l’échelle de l’agglomération qu’est Saint-Etienne Métropole, collectivité qui a tendance à marquer davantage sa présence dans le sport, l’existence d’un second tournoi féminin en plus de l’Engie Open d’Andrézieux-Bouthéon peut étonner. Avec une dotation de 60 000 $, ce dernier joue cependant dans la catégorie au-dessus et ambitionne même selon Didier Picard, de passer aux 100 000 $. Interrogé, ce dernier estime que « non, deux tournois féminins internationaux ce n’est pas trop à l’échelle du sud Loire. En ajoutant Roanne, il faut au contraire se réjouir de cette densité ».  

« Il y a de la place pour un autre tournoi »

L’organisation du tournoi peut à nouveau compter sur la mobilisation de ses bénévoles. ©Leo Sorlin, photo fournie par l’agence La Brune qui pétille.

Surtout que « c’est la Fédération française de tennis, elle-même, qui a fait part du besoin et contacté mon agence pour lancer l’Open de tennis de Saint-Etienne il y a bientôt 4 ans. Et on a prouvé en 2019 qu’il y avait de la place pour un autre tournoi, d’autant qu’il ne s’adresse pas forcément aux mêmes joueuses, au sein d’une grande métropole », ajoute Estelle Verney-Carron. Jusqu’en 2018, cette dernière organisait, justement, mais alors en tant que collaboratrice au sein de l’agence régionale spécialisée Média Sport Promotion (longtemps lié au feu Case rugby de Saint-Etienne) l’Engie Open d’Andrézieux-Bouthéon. Le Tennis club de la ville avait par la suite décidé de prendre en main directement son organisation.

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