Saint-Étienne
lundi 15 juillet 2024
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School Yard Riders ouvre à Saint-Etienne le premier skatepark couvert de la Loire

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Stéphanois, l’un des rares clubs – ils sont apparemment deux – de skateboard du département annonce l’ouverture du « premier » skatepark d’intérieur dans la Loire. Convaincue du potentiel d’accueil d’un tel équipement, l’association School Yard Riders propose désormais une activité amplifiée et sous abri. C’est-à-dire au Soleil, dans 300 m2 loués au sein des locaux du Yellow Jump / Trampoline parc, 41 rue Dr Henri-et-Bernard-Muller à Saint-Etienne.

Un skatepark indoor sur 300 m2 loués par le club au sein du Yellow Jump / Trampoline parc. ©Bertrand Carrot

Bien plus que le froid, c’est la pluie qui l’interdit. « On ne fait pas de skate quand il pleut pour des raisons de sécurité mais avant tout parce que l’humidité endommage les planches en bois et les fixations en métal », explique pour les néophytes que nous sommes, Claire Barbier-Essertel. Le skateboard, la présidente du club School Yard Riders, 42 ans, le pratique depuis 1996, une époque clairement révolue où la discipline et ses représentants masculins à une écrasante majorité, ne faisaient que peu de place aux amatrices. Élue au conseil d’administration de la FFRS (non pas la Fédération française des retraités sportifs mais celle commune au roller et skateboard réunissant en fait 11 sports), la Stéphanoise d’origine est responsable de sa commission nationale skateboard. Il faut dire que c’est une ancienne championne de France catégorie « street ». C’était en 2003.

Mais Claire Barbier-Essertel n’affutait alors pas beaucoup son niveau à Saint-Etienne. Et pas seulement en raison d’études que la future graphiste était allée mener ailleurs. Comme le justifie l’existence d’une boutique spécialisée stéphanoise depuis plus de 10 ans (l’Appart Skateboard), « il y a depuis longtemps beaucoup de pratiquants dans la Loire et en particulier à Saint-Etienne. Mais la vague de création de skateparks extérieurs à l’initiative des collectivités, à Saint-Etienne, notamment en 2011 avec le skatepark municipal à la Plaine Achille puis, plus récemment par Roanne agglomération, ou encore à Saint-Chamond à Novaciéries, même s’il s’agit de bons équipements, n’ont fait que rattraper un retard par rapport à ce qui avait déjà été réalisé ailleurs depuis des années, relève Claire Barbier-Essertel. Pendant que dans la Loire, se créaient des structures extérieures, les grandes agglomérations, elles, s’équipaient toutes de skate parcs indoor ou au moins couverts comme à Clermont. Jusqu’ici, il n’y avait plus que Saint-Etienne et Reims, pour comparer à la même échelle, dépourvues d’un skatepark indoor. »

Un club qui recrute de plus en plus

Fondé en 2016, School Yard Riders est à notre connaissance l’un des deux seuls clubs, avec Thrash Bitume à Roanne, de skateboard dans la Loire. Davantage que les pratiquants de 15-30 ans visibles dans les rues, il recrute ses adhérents, en augmentation constante – environ 180 cette saison (155 en 2020-21 dont 40 licenciés FFRS) – d’abord chez les plus jeunes dont les parents préfèrent voir leur activité cadrée. Sinon chez… les plus vieux pas toujours enclins à leur âge à extérioriser leur passion en place publique parmi les jeunes. « Nous, les quadras, voire quinquas (parfois plus aux Etats-Unis même si la légende Tony Hawk affichera bientôt 55 ans au compteur, Ndlr), sommes la première génération de vieux skateurs ! », en rigole Claire Barbier-Essertel. Contre une adhésion annuelle obligatoire de 10 € à laquelle s’ajoute le prix de la prestation demandée (200 € par an par exemple pour des cours réguliers toute l’année), l’association proposait déjà des séances diverses encadrées par son unique salarié. Notamment, mais pas seulement, au skatepark municipal de Saint-Etienne les mercredis et samedis matin… à condition qu’il ne pleuve pas.

©Bertrand Carrot

Son offre va donc pouvoir se stabiliser et même s’étoffer dans une certaine mesure, en espérant qu’une activité densifiée puisse permettre un autre recrutement, donc de nouveaux créneaux, avec la création de son skatepark indoor. Pour Claire Barbier-Essertel, aucun doute : le potentiel est là. Chiffres à l’appui : « En 2020/21, 597 personnes (+ 33 %) avaient bénéficié d’au moins une initiation toutes activités confondues (cours, stages, sorties, créneaux périscolaires et extra-scolaires, école municipale des sports, …). Et on avait totalisé 4 364 passages toutes activités confondues ainsi que 366 séances d’encadrement (+ 27 %). On est en train de dresser le bilan 2021/22 : ce sera encore en progression. On a une forte liste d’attente pour nos cours et contrairement à il y a encore 20 ans, on peut désormais compter sur un public féminin de plus en plus présent. Il représente un tiers de nos adhérents. »

L’indoor expérimenté à la Biennale du design

Autre signe qui ne trompe pas : le succès, dit-elle, de « Play’Module » expérimenté sur 300 m2 dans un bâtiment de la Cité du design qui avait mandaté l’association à l’occasion de la dernière Biennale internationale d’avril à juillet. Ses éléments fabriqués maison – rampes, tremplin, etc. – étaient modulables et pouvaient changer de place, de configuration. A l’issue de la Biennale, ils ont été offerts à School Yard Riders qui a décidé de les réutiliser dans sa nouvelle salle indoor d’une dimension identique. Il s’agit d’une location d’un espace inutilisé de Yellow Jump / Trampoline parc, situé à Saint-Etienne, dans le quartier du Soleil, au 41 rue Dr Henri-et-Bernard-Muller. L’installation a réclamé cependant un investissement de 12 000 €. Soutenue par la Ville de Saint-Etienne via une subvention de fonctionnement de 3 400 € en 2022, l’association en a sollicité une autre, exceptionnelle, d’investissement, pour cet équipement demandé par les skaters stéphanois à la mairie depuis une bonne quinzaine d’années.

L’association avait pu tester et moduler l’idée à la Biennale du design ce printemps et cet été.

Ce n’est hélas pour le club, comme pour d’autres, pas vraiment le meilleur moment… Cependant, « rappelons que le skateboard est désormais sport olympique et que Saint-Etienne est Terre de jeux 2024, souligne Claire Barbier-Essertel dont le club a aussi lancé un appel au financement participatif (4 000 € visés). Une de nos grandes chances de médailles est Aurélien Giraud qui vient d’être titré champion du monde en street : c’est un voisin, il est de Lyon où il existe un grand skatepark indoor depuis longtemps. Mais des grands skaters peuvent aussi potentiellement émerger de Saint-Etienne et participer au rayonnement de la ville. Il y a énormément de choses qui gravitent autour de ce sport, une culture musicale et artistique, faisant tout à fait sens avec Saint-Etienne. Nous espérons passer un cap avec cet équipement. Quoi qu’il en soit, on fera tout pour tenir le plus longtemps possible. » Ça « ride » ou ça casse.

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