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samedi 24 février 2024
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« Les entreprises s’engagent » : prêts pour la vitesse supérieure

Ayant tous pour objet principal l’insertion par l’emploi, trois clubs d’entreprises portent, dans la Loire, la démarche gouvernementale « Les entreprises s’engagent » initiée en 2018. Crepi Loire Haute-Loire, Forez Entreprendre et Face Loire ont réussi, jusqu’ici, à fédérer 160 entreprises autour de cet accompagnement et sorte de « label » d’Etat quant à leurs initiatives inclusives, durables et environnementales. Elles veulent maintenant amplifier le mouvement et donnent rendez-vous le 21 décembre.

Parmi les initiatives RSE bien rodées dans la Loire, des stages collectifs en entreprises de 3e issus de quartiers de la politique de la Ville comme, ici, ceux déployés par Face Loire. ©Face Loire

Le mode d’emploi n’est pas commun, observe lui-même Hugo Le Floch. Le secrétaire général adjoint de la préfecture en charge de la politique de la ville, de la cohésion sociale et du développement économique est, dans le département, le logique référent de la démarche côté Etat. Côté entreprises, ce n’est pas à la délégation Loire de la CCI, ni à un syndicat patronal, voire une collectivité locale, comme c’est souvent le cas ailleurs, à qui a été confiée la tâche d’animer le dispositif voulu et initié en 2018 par Emmanuel Macron : « Les entreprises s’engagent ». Puisqu’ils reflètent « la singularité du tissu économique local », fait d’une foule de PME, remarque encore Hugo Le Floch, ce sont trois clubs d’entreprises ayant pour essence commune une œuvre d’insertion par l’emploi – Crepi Loire Haute-Loire, Forez Entreprendre et Face Loire – qui ont la charge de l’encadrer et d’en faire la promo. « Les entreprises s’engagent » ? Une « coalition » d’entreprises suscitée et donc parrainée par l’Etat, déclinée territorialement, visant à développer et garantir la réalité d’actions inclusives, durables, environnementales au sein d’entreprises de toutes tailles.

A elles de choisir librement, tout, ou en partie, les domaines dans lesquels elles souhaitent s’engager (et/ou faire valoir des initiatives déjà engagées), comme l’indique le site web gouvernemental dédié par lequel on peut s’inscrire et rentrer en contact avec les « animateurs »1. Les thèmes : insertion professionnelle des jeunes issus de quartiers prioritaires, des jeunes tout court, de réfugiés (avec un onglet séparé pour ce qui touche à « l’Ukraine »), sobriété énergétique, handicap, lutte contre la récidive de condamnés par la Justice, sport (avec un accent très olympique, Paris 2024 oblige), achats inclusifs et autres stages de 3e issus des quartiers prioritaires. Aux animateurs locaux que sont Face, Forez Entreprendre et le Crepi de valider, encadrer, former et aussi proposer la mise en œuvre et/ou le développement d’actions. Elles sont 160 entreprises, adhérentes ou non de ces clubs, à avoir, pour l’instant intégré la démarche dans la Loire (cela ne nécessite pas une cotisation spécifique). A leurs côtés, un « leader / porte-parole » désigné : Zouhaier Mbarek, dirigeant de BBAI, société stéphanoise de maintenance industrielle, bientôt membre des trois clubs cités.

Crédit d’Etat

Il n’est cependant pas nécessaire de faire de même pour rejoindre les « Entreprises s’engagent ». Techniquement, la démarche prend la forme d’un Groupement d’intérêt public (GIP) co-créé par le ministère du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion, Pôle emploi et des entreprises engagées rassemblées au sein de l’association2 de ses mécènes aux 24 membres fondateurs. Ce n’est pas à un financement significatif des initiatives à laquelle il faut s’attendre puisque la somme accordée à celles-ci via l’Etat s’est élevée en 2023 dans la Loire à un modeste total de 30 000 € à partager entre 150 entreprises menant une ou plusieurs actions. Mais davantage des conseils, un accompagnement, une expertise ainsi qu’une reconnaissance approchant, du coup, la notion de label d’Etat (ce qui implique cependant une vérification, un suivi de la part des animateurs). Dans la Loire, ces experts étaient donc tout trouvés via ces clubs cumulant à eux trois environ 200 adhérents (avec « la capacité d’en toucher trois fois plus ») et rodés depuis longtemps dans ce domaine, bien avant que notre époque ne la baptise du couvert « Responsabilité sociale de l’entreprise » (RSE).

Nos donneurs d’ordre nous demandent ces garanties RSE désormais et ce sera de plus en plus le cas.

Zouhaier Mbarek, dirigeant de BBAI, porte-parole Loire du dispositif

« Au niveau de mon entreprise, nous avons signé il y a plusieurs mois déjà : le dispositif colle tout à fait à nos valeurs et ce que nous entreprenons déjà, constate Zouhaier Mbarek. Je suis convaincu que comme nous, de nombreuses entreprises ont développé leurs initiatives, de manière isolée et pas forcément mises en avant. Avec « Les entreprises s’engagent », elles ont la possibilité d’aller plus loin, sinon d’en lancer, d’être aidées, d’être formées. C’est une question de conviction mais aussi un marqueur de performance de nos jours. Nos donneurs d’ordre nous demandent ces garanties-là désormais, comme des normes et ce sera de plus en plus le cas. » Un cadre étatique rassure et donne du crédit aux initiatives qu’on l’attende en tant que client, candidat au recrutement ou que l’on en soit un acteur. « Le fait que l’Etat soit derrière permet d’ouvrir des portes, de voir des entreprises qui ne souhaitaient pas s’engager sur nos dispositifs le faire avec Les entreprises s’engagent », constate Isabelle Gery, directrice de Forez Entreprendre.

Rendez-vous au Château de Bouthéon

Et soupçons immanquables de la part de certains, ou non, d’opérations de « social washing », qu’elle soient effectives ou pas de la part d’une partie « volontaires », il faudra de toute façon effectuer réellement des actions pour afficher ce label, cette garantie. Le suivi et la concrétisation étant, en effet, aussi le rôle des trois clubs d’entreprises. Relativement peu médiatisée, sans doute retardée par l’omniprésence d’une certaine pandémie mondiale et l’accumulation des crises internationales et leurs conséquences, cette volonté d’Emmanuel Macron qui ambitionne les 150 000 entreprises adhérentes à l’échelle nationale est clairement à la relance avec une moitié d’objectif atteinte à ce jour, soit 70 000 convaincues. Dans la Loire, cela va se manifester par une soirée et une signature officielle de partenariat le 21 décembre. Les trois clubs et l’Etat donnent rendez-vous à tous les intéressés à partir de 18 h.

1 Contacts : Isabelle Gery, directrice de Forez Entreprendre (isabelle.gery@forez-entreprendre.fr) ; Laurent Vinot, dirceteur de Crepi Loire / Haute-Loire  laurent.vinot@crepi.org) ; Xavier Magat directeur de Face Loire (x.magat@fondationface.org) ; Zouhaier Mbarek de BBAI (z.mbarek@bbai.fr).

2 « L’association des mécènes porte la voix des entreprises au sein de la gouvernance et contribue par son apport financier, en nature et en compétences au développement de la Communauté et de ses actions. » Co-présidée par Sylvie Jéhanno, PDG de Dalkia (filiale d’EDF) et Etienne Hurez, CEO du groupe United.b, est composée de 24 membres fondateurs où l’on retrouve des grandes enseignes comme Lidl, Optic 2000, Boulanger mais aussi des Sanofi, Microsoft, la BNP, la FDJ Vinci, et autres Transdev.

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