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Attirés par les prix, séduits par la ville, les Lyonnais s’installent à Saint-Etienne

• Cerise Rochet
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Ils étaient déjà là comme investisseurs. Désormais les Lyonnais posent à Saint-Etienne leurs meubles et leurs valises.

Des années, qu’on nous promettait leur arrivée. Que l’on guettait ce moment, où les prix attractifs les séduiraient. Que l’on frémissait, à chaque nouveau programme immobilier susceptible de leur taper dans l’œil. Deux confinements et un marché rhodanien qui explose plus tard, c’est chose faite : des Lyonnais passent chaque jour la frontière, à la recherche d’un bien stéphanois dans lequel poser leurs valises.

Mais, si elle a aujourd’hui pris suffisamment d’ampleur pour ne plus passer inaperçue, l’affaire n’est pourtant pas tout à fait nouvelle. En quête d’une bonne affaire, d’un joli coup, d’un placement intéressant, cela faisait en effet de très nombreux mois, que des Lyonnais investissaient dans des biens destinés ensuite à la location, notamment au public étudiant. « Ce phénomène-là date de l’installation de l’EM Lyon à Saint-Etienne. Mais aujourd’hui, il a pris de l’ampleur. Des Lyonnais sont là, et on les voit vraiment », souligne Adeline Chevrolet, agent immobilier pour 42eme Avenue.

En quête d’une résidence principale

Car, ce qui est vraiment nouveau, c’est que cette fois-ci, il ne s’agit plus seulement d’investissement… Mais bel et bien d’installation. « A Saint-Etienne, on trouve des surfaces habitables trois fois plus grandes qu’à Lyon pour le même prix, indique Yohan Peyrard, fondateur et directeur des agences 42eme Avenue. Avec le développement du télétravail, beaucoup sont séduits par la qualité de vie qu’ils peuvent avoir chez nous, par le fait de pouvoir avoir un logement avec un extérieur, hors de prix à Lyon. »

« Des surfaces trois fois plus grandes qu’à Lyon pour le même prix »

Yohan Peyrard, fondateur et directeur des agences 42ème Avenue

Eloignée de la capitale des Gaules d’une cinquantaine de kilomètres seulement, Saint-Etienne permet d’ailleurs à ces nouveaux venus de ne pas être contraints au télétravail : le temps de trajet entre les deux métropoles n’est en effet guère plus long qu’un trajet intramuros entre deux quartiers opposés de Lyon. « Nous avons des tas d’exemples de Lyonnais qui ont décidé de s’installer ici au cours de cette dernière année, affirme lui-aussi Hubert Guignand, du cabinet immobilier Humbert. Leurs motivations sont parfois différentes, mais tous, ont en commun d’avoir été séduits par la ville. On sait que ce n’a pas toujours été le cas, que Saint-Etienne a longtemps souffert d’une image peu reluisante, et aujourd’hui, on sent que cela change ».

Des Lyonnais et même… Des Parisiens

Ainsi, après des années passées à investir le Beaujolais, et sa capitale Villefranche-sur-Saône, beaucoup s’en détournent, et se dirigent à présent vers la Loire, plus animée. Outre les Lyonnais, l’agent immobilier est par ailleurs très souvent contacté par des habitants qui viennent d’un peu plus loin en région, ou même carrément… De Paris. « Ceux qui viennent de l’extérieur de la Région procèdent à peu près tous de la même manière. Ils excluent Lyon, qui est devenue trop chère. Puis, ils réservent deux ou trois nuitées à Clermont, puis à Saint-Etienne, puis à Grenoble, pour découvrir les trois agglomérations, pour expérimenter. A la fin de leur parcours, ils choisissent bien souvent Saint-Etienne, parce qu’elle coche toutes les cases. L’immobilier y est séduisant, et la ville propose des infrastructures très intéressantes, notamment du point de vue culturel ».

Et, si l’époque où Lyonnais et autres non-stéphanois débarquaient chez nous en se bouchant le nez semble bel et bien révolue, ces arrivées récentes participent à l’augmentation récente des prix du marché, après des années de stagnation. Mais alors, la tendance va-t-elle durer, et si oui… Jusqu’où, ou plutôt, jusqu’à combien ? « Hors gros problème économique, il n’y a pas de raison que la dynamique soit freinée, poursuit Hubert Guignand. Le prix moyen au mètre carré en province est de 2500 euros. Chez nous, il n’est pas fou d’envisager que l’on puisse, à termes, atteindre 1700 euros du mètre. » De quoi ravir les futurs vendeurs.

Le prix moyen au mètre carré en province est de 2500 euros. Chez nous, il n’est pas fou d’envisager que l’on puisse, à termes, atteindre 1700 euros du mètre.

Hubert Guignand du cabinet Humbert

Sainté : des prix disparates en fonction des rues

Si Yohan Peyrard et Adeline Chevrolet s’accordent sur les quartiers stéphanois qui ont la cote, tous deux insistent bien sur le fait que chez nous, les prix du mètre carré peuvent parfois varier d’une rue à une autre.

« Tous les secteurs où l’on trouve de petites maisons sont très prisés. La Vivaraize, Villeboeuf, Montaud. Toutes les collines, à l’exception de La Cotonne et de Montreynaud, en somme. Le cours Fauriel a toujours la cote, Albert Thomas est le secteur le plus demandé du centre-ville, et la Colline des Pères fonctionne bien. Mais chez nous, il arrive que les prix varient entre le début d’une rue et sa fin. Notre rôle, en tant qu’agent, est d’être le plus transparent possible. Pour pouvoir se regarder dans une glace, déjà, et puis aussi, parce que nous avons besoin de fidéliser notre clientèle. Mais d’une manière générale, on constate que les Lyonnais qui souhaitent acheter un bien à Saint-Etienne sont plutôt bien renseignés. Avant de nous rencontrer, ils ont déjà lu des articles, discuté sur des forums, fait appel à leur réseau pour savoir où ils mettent les pieds ».


Après 20 ans passées à Lyon, il déménage cet été avec femme et enfants dans le centre de Saint-Etienne

Nicolas Prost est originaire de Bourg-en-Bresse dans l’Ain mais a effectué ses études et passé plus de 20 ans à Lyon. Il y a même créé son entreprise d’audio-visuel. Après mûre réflexion, il a décidé avec son épouse de venir s’installer à Saint-Etienne tout en devenant propriétaire de sa résidence principale. Un déménagement qui engage également son entreprise, La Fabrique du Film, qu’il va « emmener » dans ses bagages.

« Venir s’installer à Saint-Etienne correspond parallèlement à un choix pragmatique et de cœur. Actuellement nous sommes locataires à Lyon et nous envisagions d’acheter. Mais l’immobilier étant extrêmement cher là-bas, avec le budget que nous avions, nous n’aurions pas pu nous installer dans le centre-ville. Avec nos enfants qui vont bientôt être ados, il était important de pouvoir acheter dans un centre urbain pour qu’ils puissent avoir une certaine autonomie. A Saint-Etienne, nous avons pu acheter un 200 m² situé place Jean-Jaurès, alors qu’à Lyon nous aurions peut-être pu acquérir un 75 ou 80 m² pour le même prix. Aussi, nous avons longuement mûri notre choix de venir à Saint-Etienne, une ville que je connais depuis longtemps. J’ai toujours conservé un œil sur le marché de l’immobilier et j’ai vu les offres diminuer ces derniers temps et des prix qui ont augmenté. Ce qui est tout à fait normal car Saint-Etienne est une ville avec une grande qualité de vie, une offre culturelle vraiment intéressante, la proximité du parc naturel du Pilat… La rivalité entre Lyon et Saint-Etienne s’essouffle selon moi. Dans notre entourage, nous avons vu une évolution et j’ai par exemple un ami qui envisage de venir s’installer en 2022 à Saint-Etienne. Il y a un vrai mouvement de Lyonnais vers Saint-Etienne et je pense être assez objectif sur ce point. Enfin, concernant mon entreprise, j’aurais davantage de place pour exercer avec un atelier au sein de notre appartement tout en ayant des perspectives d’évolution certaines dans la ville qui s’avère très dynamique et dans laquelle j’ai déjà des clients comme l’Université Jean Monnet par exemple. »

Il y a un vrai mouvement de Lyonnais vers Saint-Etienne et je pense être assez objectif sur ce point.

Nicolas Prost, installé à Lyon depuis 20 ans et qui a choisi d’acheter un appartement à Saint-Etienne

Lyonnaise, elle investit dans deux appartements stéphanois en un an et demi

Lyonnaise 100% pur jus, Marion Puget n’a pas hésité très longtemps. Lorsque son conjoint lui souffle l’idée d’investir dans l’immobilier en octobre 2019, elle pense immédiatement à Saint-Etienne.

« Un ami de mes parents avait sauté le pas quelques années plus tôt. Il avait rentabilisé deux petits T2 achetés il y a une grosse dizaine d’années en 6 ans à peine, presque sans vacance locative. Mon conjoint a été un peu difficile à convaincre, mais j’ai quand même réussi à l’amener à Saint-Etienne. Et en découvrant le centre-ville, il a immédiatement changé d’avis. Nous avons eu un coup de cœur pour un F4 de 127m2 en plein centre-ville, que nous avons acheté 140 000 euros. Le même achat à Lyon nous aurait coûté 1 million. Nous l’avons rénové, et nous avons tout de suite trouvé à le louer à trois étudiants en colocation. Nous faisons des baux à la chambre, pour un loyer total de 1220€, qui comprend toutes les charges, pour que les étudiants n’aient plus rien d’autre à débourser. Les premiers locataires sont partis en avril de cette année. 4 jours plus tard, l’appart était reloué. Entre temps, nous avons investi dans un deuxième appartement. Un studio, dans lequel une étudiante va prochainement emménager. Un an a séparé nos deux achats, et déjà, les prix avaient augmenté. Certains biens se vendent en une heure, on commence à sentir une vraie folie sur le marché stéphanois. C’est une ville qui bouge, et qui vaut le coup. On ne regrette absolument pas notre choix, on a même donné quelques idées à certains de nos amis lyonnais, qui ne croyaient pas du tout en notre projet, et qui ont été bluffés ! »

On ne regrette absolument pas notre choix, on a même donné quelques idées à certains de nos amis lyonnais, qui ne croyaient pas du tout en notre projet, et qui ont été bluffés !

Marion Puget, Lyonnaise ayant investi à Saint-Etienne
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