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Pollution atmosphérique : quel a été l’impact des confinements sur Saint-Étienne Métropole ?

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« Une expérience grandeur nature incitant à des politiques plus ambitieuses ». C’est ce que conclut de 2020, Atmo AuRa dans un bilan à l’échelle régionale paru début mars. Mais qu’en est-il précisément dans l’agglomération stéphanoise ? If Saint-Étienne est allé flairer les données.

Ce n’est évidemment pas une surprise. Selon la Cerema, rappelle Atmo AuRa, lors du premier confinement, la baisse de la circulation routière dans la région a été considérable : de l’ordre de 70 %. Issu de la fusion d’Air Rhône-Alpes et Atmo Auvergne en 2016, cet organisme, sous statut associatif, est l’observatoire agréé par le gouvernement pour la surveillance et l’information à propos de la qualité de l’air dans notre région.

Il observe ainsi, que du 17 mars au 11 mai 2020, le recul du trafic a « permis de réduire les niveaux d’oxydes d’azote – venant à 63 % par le trafic  routier – de moitié par rapport à la moyenne » 2015/2019.  Lors du deuxième confinement du 29 octobre au 15 décembre 2020, en revanche, le recul du trafic a été moins marqué (de l’ordre de 25 %). Et sur une plus courte durée. Ce qui n’a pas permis une  baisse aussi nette des émissions. « La reprise de l’activité industrielle par rapport au premier confinement, laquelle représente près de 20 % des émissions régionales d’oxydes d’azote, peut également expliquer cette plus faible diminution », précise l’organisme.

Les émissions d’oxyde de carbone issues de la circulation ont considérablement reculé dans l’agglomération lors du premier confinement. Beaucoup moins lors du second. © Xavier Alix/IF Saint-Etienne

Une baisse des oxydes de carbone supérieure à la moyenne régionale

Qu’en est-il dans l’agglomération stéphanoise ? Atmo AuRa y compte cinq stations pour ses relevés. Trois situées au bord de trafic routier intense : à Rive-de-Gier, Saint-Chamond et boulevard Jules-Janin à Saint-Étienne. Deux autres dites « de fond », dans des zones résidentielles plus à l’écart de gros flux de circulation. Au sud de Saint-Étienne et à La Talaudière. L’organisme n’a pas encore publié le bilan spécifique au département.

Mais, contacté par If Saint-Étienne, Cyril Besseyre, son correspondant pour l’Auvergne et la Loire, nous fait part d’une baisse plus marquée que la moyenne régionale des émissions d’oxydes d’azote enregistrées par les trois stations implantées à proximité des zones de trafic. « Le niveau médian y est de 50 microgrammes par m3 d’air de 2015 à 2019. Du 17 mars au 11 mai 2020, celui-ci a baissé à 20 microgrammes. » Quant aux deux stations plus éloignées des axes de circulation, « avec un niveau à 15 microgrammes contre 20, sur les cinq années précédentes, la baisse est certes moins marquée mais là aussi. »

Le second confinement n’a eu que très peu d’effets

En novembre, en revanche, le second confinement n’a quasiment eu aucun impact sur les émissions d’oxydes d’azote au bord des zones de trafic routier. Les données y sont restées à des niveaux équivalents à ce que l’on connait depuis 2015 (100 microgrammes). C’est à peine mieux pour celles plus éloignées. Dix de moins environ que les émissions habituelles de l’ordre de 60 microgrammes. Précisons qu’en plus de l’industrie citée plus haut, le chauffage intimement lié à la météo joue lui aussi sur la concentration d’oxydes de carbone.  

Reste que d’une manière globale, si on se penche sur les indices globaux de qualité de l’air dans l’agglomération stéphanoise sur une échelle allant de 1 (le mieux) à 10 (le pire) , 2020 a vu s’écouler 75 % de jours « bons  (1 à 4/10)», 24 % de « moyen » (5 à 7/10), 1 % de « mauvais » (8 à 10/10). Contre respectivement 70, 29 et 1 % en 2019. Et avant cela, 66, 34 et 0 % en 2018. En revanche, 2017 s’avère très proche de 2020 sur ces pourcentages : 75 % de de jours « bons », 23 % de « moyen », 1 % de « mauvais ». Sans avoir eu à bénéficier de confinements…

La pollution atmosphérique en recul continu depuis 14 ans

Pourquoi ? Parce que les indices globaux mesurant la qualité de l’air, d’ailleurs mis à jour en 2021, après 30 ans d’utilisation, synthétisent ceux spécifiques au dioxyde de carbone (NO2 d’abord issu de la circulation), aux particules fines (PM10, à plus de 70 % issus de chauffages obsolètes dans l’agglomération) et de l’ozone, polluant secondaire dépendant d’autres, de composés volatils notamment et d’une météo chaude.

Mais si on s’intéresse qu’aux seuls premiers, liés donc d’abord au trafic routier, jamais le bilan n’a été aussi bon qu’en 2020. Avec même 131 jours d’indice positif maximum (1/10) contre 100 en 2019, 81 en 2018, 70 en 2017, dernier année où a été enregistrée un jour – et d’ailleurs un seul – jugé comme non bon sur ce polluant. Ne boudons d’ailleurs pas cette vague de fond positive : depuis 2007, les efforts technologiques entrepris dans le transport routier (renouvellement du parc, généralisation des filtres à particules en 2011), l’industrie et le secteur résidentiel (renouvellement des appareils de chauffage au bois) ont fait reculer de 43 % des oxydes de carbone. Et de 65 % des particules très fines.

Il y a 10 ans, les particules fines et très fines tuaient au moins 213 personnes par an dans le Sud Loire

Alors pourquoi les alertes à la pollution semblent et sont plus fréquentes sur les routes ? Parce que les seuils d’exigences se sont considérablement accrus en 2011. Avant de se renforcer à nouveau en 2017 et surtout en 2020. Il faut dire que les enjeux sanitaires et économiques de la pollution atmosphérique ne sont souvent pas mesurés à leur juste valeur. À elles seules, chaque année, les particules fines (PM10) et très fines (PM2,5) tuent au moins 213 personnes dans le Sud Loire. Et coûtent 331 M€ aux pouvoirs publics. Ces données, certes, datent. Ce sont les conclusions d’un étude de l’Institut de veille sanitaire (INVS, devenue Santé publique France) régionale menée en 2014 à partir de données compilées de 2009 à 2011.

33 communes de « l’agglomération stéphanoise » avaient été prises en compte. Soit sur 450 km2 habités par 400 000 Ligériens et ne correspondant alors pas aux limites administratives de Saint-Étienne Métropole : on y trouvait par exemple Veauche et Saint-Just-Saint-Rambert. L’étude faisait la corrélation entre exposition aux polluants dans l’air à partir des mesures d’Air Rhône-Alpes (et les données sanitaires relevées au seins de 9 établissements hospitaliers publics et privés). La parution d’une actualisation pourrait intervenir cette année.

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