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CBD : juteux néo-business ou anti-douleur naturel ? (2/4)

• Cerise Rochet
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Pollen, huile sublinguale, fleurs... Le CBD est consommable sous différentes formes. © Cerise Rochet / IF Saint-Etienne

Devenu un produit à la mode, le CBD se retrouve aujourd’hui coincé entre l’intéressant business qu’il peut représenter, et les vertus bien-être que certains lui octroient.

Il n’aura fallu que quelques mois au CBD, pour se faire une place au soleil. Vente sur internet, boutiques à tous les coins de rue en agglomération comme dans les petites bourgades, recommandation du produit par certains ténors du bien-être, bouche à oreille vantant ses mérites… Aucun doute : le cannabis sans THC et le discours qui l’accompagne séduisent, et certains l’ont bien compris. Il y a quelques jours, Franck Barbier, président de l’interprofession du chanvre appelait ainsi les pouvoirs publics à faire évoluer la législation concernant le CBD… Qui pourrait selon lui, avec un peu plus de souplesse, représenter un marché de près d’un milliard d’euros, juste pour la France.

Un produit cher

Alors, le CBD ? Produit à la mode, eldorado des entrepreneurs, juteux business en devenir, ou substance améliorant réellement le confort de consommateurs prêts à mettre la main au porte-monnaie ? Sans doute, un peu tout ça à la fois.

Car le CBD n’est pas un produit à la portée de toutes les bourses. Pour 25 grammes de ses fleurs, il faut compter au minimum une centaine d’euros. Certaines huiles, dont on met quelques gouttes sous la langue, se vendent facilement 150 euros les 10ml. Les vapoteurs débourseront quant à eux 4 fois plus cher pour une petite fiole de e-liquide au CBD que pour une fiole classique.

« Le marché s’ouvre de plus en plus »

Julian Guillen, fondateur de la gamme YummiCbd

« On trouve un peu tous les prix, avoue Julian, ancien responsable de boutique de CBD, fondateur de la gamme Yummi CBD. Chez nous, les produits sont souvent un peu plus chers, car notre CBD est obtenu par extraction. Il s’agit d’un process plus coûteux, mais plus qualitatif. Après… Le marché s’ouvre de plus en plus. En assouplissant la législation, cela pourrait être encore plus ouvert et les prix pour le consommateur pourraient être un peu revus à la baisse. On ne comprend pas pourquoi l’Etat refuse de revoir sa position, et donc, de faire de l’argent avec. »

Saucisses au CBD

En attendant une potentielle évolution (lire les prochains volets de ce dossier pour davantage de précisions à ce sujet, NDLR), nombreux sont ceux qui surfent actuellement sur la vague CBD. Ainsi, en plus des boutiques et de leurs gammes de produits, est-il aujourd’hui possible de déguster dans certaines grandes villes de France ci, des éclairs chocolat-CBD, là, pizzas mozza-CBD, et même… Des saucisses cochonnaille-CBD. Objectif : parfumer des créations culinaires façon paprika, mais en version cannabis.

« Un produit à la mode, vendu entre deux boutiques bios, sans effet quelconque sur la santé, si ce n’est, placebo »

Bernard Basset, médecin en santé public et secrétaire général de la Fédération Française d’Addictologie

Pour Bernard Basset, médecin en santé public et secrétaire général de la Fédération Française d’Addictologie, cette ferveur gustative apporterait une preuve supplémentaire de ce que le CBD ne serait « tout au plus qu’un produit à la mode, vendu entre deux boutiques bios, sans effet quelconque sur la santé, si ce n’est, placebo. »

Des naturopathes dans la danse

Loin de ces considérations tendances pourtant, certains, semblent avant tout animés d’un réel enthousiasme pour le produit. Il y a quelques années de cela, Françoise Naas, naturopathe stéphanoise, s’est vue diagnostiquer une polyarthrite rhumatoïde, doublée d’une fibromyalgie. À 38 ans, en souffrance totale, et lassée des effets secondaires des antalgiques qu’on lui prescrit alors pour soulager ses douleurs, elle découvre le CBD… Qui parvient à les atténuer.

« Après l’avoir utilisé pour moi-même, j’ai décidé de faire de mon mieux pour que personne ne connaisse ces douleurs-là. Ces douleurs qui hantent le corps et l’âme. Je suis donc devenue conseillère bien-être dans le CBD et, il y a un an et demi, j’ai passé une certification pour devenir naturopathe et lithothérapeute. »

« Ne pas forcer un patient à choisir telle ou telle solution »

Françoise Naas, naturopathe stéphanoise, conseillère bien-être dans le CBD

Devenue « Miss Naas » dans sa vie professionnelle, Françoise travaille ainsi aujourd’hui main dans la main avec ses patients, qu’elle peut guider, ou non, vers des soins au CBD « Il ne faut pas forcer un patient à choisir telle ou telle solution. En se tournant vers moi, les patients bénéficient d’un suivi qui permet de faire des adaptations, selon leur état. »

En outre, de plus en plus de boutiques dédiées au CBD sont aujourd’hui tenues par des naturopathes, convaincus des propriétés du produit, déterminés à les faire connaitre… Et attachés à ce que son économie potentiellement lucrative ne vienne pas les freiner dans leur démarche au profit du bien-être, voire, du mieux-être.

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